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COMPTES RENDUS

HEBDOMADAIRES

DES SÉANCES DE L'ACADÉMIE DES SCIENCES.

IMPHIMKllIE GAIirHIEB-VILI.AllS, QUAI DES <:IIANUS-AUG1IST1N.S, i5.

COMPTES RENDUS

HEBDOMADAIRES

DES SÉANCES

DE L'ACADÉMIE DES SCIENCES,

PUBLIÉS,

CONFORMÉMENT A UNE DÉCISION DE L'ACADÉMIE

EN DATE DU 13 JUILLET 1835,

PAR MM. LES SECRÉTAIRES PERPÉTUELS.

TOME CENT- QUARANTE IVKIJVIEME.

JUILLET - DÉCEMBUE 1909.

PARIS,

GAUTHIER-VILLAKS, IMPKhVlKUR-LIBRAlRH

DES COMPTES KENDUS DES SÉANCES DE L'ACADÉMIE DES SCIENGIÎS,

(,)uai des Grands-Auguslins, 55.

I î)09

ACADÉMIE DES SCIENCES

SÉANCE DU LUNDI S JUILLET 1909.

PRÉSIDENCE DE M. Émfle PICARD.

Lu LIERAI

MEMOIRES ET C03IMUIVICATIOIVS

DES MEMBRES ET DES CORRESPONDANTS DE L'ACADÉMIE.

CHIMIE ORGANIQUE. Sur de nouvelles trialcoylacétophènones et sur les acides Irialcoylacétiques qui en dérivent. Note de MM. A. Hallek et Edouard Bauer.

Dans nos Communications précédentes (') nous avons montré que les quelques trialcoylacétophènones, préparées par notre procédé, se scindent nettement en benzine et amides des acides trialcoylacétiques suivant l'équation

(I) C'IPCOC— R2 -^ C/Ii«-t-IIMM— CD C— H,

\

R,

^R.

11 était intéressant de s'assurer si, la cétoues'alourdissant suffisanuuentdu côté aliphatique, la scissiou se produir.'vit encore dans le même sons ou dans

le sens suivant : ,

/R, /R.

(11) C'IPCOC— Ro -^ C«H°^GONH-+CH— R2

'^Ra ^Ra

Le fait d'avoir pu isoler, dans certaines des réactions précédemment étudiées, des traces d'acide benzoïque, laissait le clianqi lilue à l'iiypothèse.

Nous montrerons dans le présent travail que, quel que soit le poids molé- culaire des radicaux R, la scission se fait toujours suivant l'équation (I) et que, par suite, le mode de dédoublement de ces cétones est indépendant du

(') A. Hali.er el Edocari) Baueh, Comptes rendus, t. CXLVll, p. 70 et 127.

0 ACADEMIE DES SCIENCI-S.

poids iiioléculairo des groupes voisins du radical CO cl tient exchisiveuiciiL à la nature de ces groupes.

Il a d'ailleurs été montré déjà que, si certaines xylylphénylcétones se scindent en majeure partie en acide benzoïque et xylène, la j3-naphtylplié- nylcétone se dédouble presque exclusivement en benzène et amide naphtoïque.

hopropyldimélhylacétophènonc . Celte cétone a été préparée suivant la méthode décrite ('), en faisant bouillir, au sein du benzène et du toluène, de Tisopropylphénylcétonc, sodée avec de l'amidure en présence de l'iodure d'isopropyle :

/CH3 /CH'

C^H'COCNa +CH'-CHI-CH^:=NaI + CMl= CO - G— CH ^'

\CH' \CH'^^"

L'opération dure environ 8 heures et donne un rendement de 'îo pour loo en la cétone cherchée quand on opère dans un milieu benzénique, tandis que ce rendement s'élève à 80 pour 100 au sein du toluène.

L'isopropyldiniélhylacétophénone constitue un liquide mobile à odeur assez agréable et distillant à 12 )''-i2G° sous 1 1"'".

Son oxime, obtenue en chaufTant sa solution alcoolique, pendant quelques heures, avec du chlorozincatc d'hydroxylamine, cristallise au sein de l'alcool en aiguilles blanches fondant à t52"-i.53°.

CH'\ ^ /

U'amide isopropyldiméthylacètique -,^3 ^CH C CONH- prend nais-

\CH»

sance en faisant bouillir, pendant 6 à 8 heures, la cétone avec la quantité théorique d'amidure de sodium et de la benzine. On traite ensuite par de l'eau, on distille le carbure, et l'on fait cristalliser le résidu.

Paillettes nacrées, peu solubles dans Téther de pétrole et fondant à i33°- \'M\'. Saponifiée en solution sulfurique par le nitrite de soude, ou les cristaux des chambres de plomb, cette amide fournit, avec des rendements presque quantitatifs :

\j acide trimélhylbutyrique 2.2.3 ou isopropyldimélhylacèlùpie

' , )CHC-C00ll.

(') I'aiijnk LroAS, Ann. de Cltim. cl de Phys., 8" série, t. XVII, f()09, p. 127.

SÉANCE DU 5 JUILLET 1909. 7

Huile distillant à ioV'-io5° sous i3""" el se prenant par refroidissement en une masse crislalline fondant à to". Dissoute dans l'étlier de pétrole, elle y cristallise, (juaud on refroidit la solulion à o", en cristaux rajjpelant ceux du camphre.

Dans le hut de préparer une molécule dans iaijuellc le i;roupenient ali- pha tique fùtencore plus lourd que celui de l'isopropyldiméthylacétopliénone, nous nous sommes adressés au laurylbenzène et aux benzylacétophénones substitués.

Laurvlbenzêne ou undécylphénylcétone CH'^ CO(CH-)'*' CH'. Obtenue par Faction du chlorure de lauryle sur le benzène, en présence du chlorure d'aluminium, cette cétone se présente sous la forme d'une niasse cristalline à odeur rappelant un peu celle de l'orange, fondant à 45" et distillant à 20i°-202" sous 9""™.

Avec cette undécylphénylcétone nous avons préparé, toujours en suivant le même processus, d'abord une monometlivlundécylphènylcélone

liquide passant de 199" à 200° sous g""" à 10""", puis une dimèlhylundècyl-

phènylcélone Ç} )A.^ GOC (CH-)9CH-'. La dernière méthylation a été

effectuée au sein du toluène, tandis que la première a été faite en milieu benzénique.

Cette diméthylundécylphénylcélone ou diméthyldécylacétophënone constitue une huile presque inodore et ne cristallisant pas, même à 10°. Elle bout à 198"- 199° sous 9°"".

Chauffée pendant 6 à 8 heures, en solution benzénique avec de l'amidure de sodium finement pulvérisé, cette cétone fournit Vamide de l'acide

/CH^ dimélhyUaurique 2.2C"'H-' C CONH^ qui, cristallisée au sein de la

\CH» benzine, constitue des écailles nacrées, onctueuses au toucher et très légères qui fondent à gS^-gB".

Uacide dimélhyUaurique 2.2 prend naissance quand on traite une solution de l'amide dans l'acide sulfurique à o" par des cristaux des chambres de plomb ou par du nitrite de soude. L'emploi de ce dernier réactif donne les meilleurs résultats.

s ACADEMIE nES SCIENCES.

Cet acide dislillo à iS^" sous 12""" en fournissant une ninsse crislallino Tondant à + 27". Il est isoinèro avec l'acide niyiis(i(}ue qui fond à 1 1".

lienzylncétophcnones . M. Claisen ( ' ).t déjàohlcnu la monol)enzylacéto- phénone en faisant réagir du chlorure de bcnzyle sur- racélopliénf)ne, sodée au moyen de l'aniidurc. I^a dibenzylacétopliénono a été d'autre part préparée par M. Nef (^) dans l'action du même chlorure sur l'acétophéuone eti pré- sence de l'alcoolate de sodium.

Quand on fait agir, au sein de l'éther, du chlorure de benzyle sur l'acéto- phénone préalablement chauffée avec de l'amidure, on remarque une réac- tion immédiate avec dépôt de chlorure de sodium. En décomposant le pro- duit de réaction par de l'eau, chassant l'éther et distillant le résidu, on obtient : i°une fraction passant vers 100" sous 12"*'" et renfermant l'acéto- phénone qui n'est pas entrée en réaction; une portion distillant de i^S® à 190" sous II'"™, et enfin un produit distillant de 2'i5" à iCh'P sous la même pression.

Il ne reste pour ainsi dire aucun résidu.

Les deux dernières fractions ne tardent pas à se prendre en masse, la pre- mière en fournissant la monobenzylacétophénone C'H'CO.CH^.CH-CH' fondant à ']i"-'j'i'', et la dernière en donnant de la dibenzylacétophénone

C«H^GO.CHQJJ, J^„ JJ, qui fond k 7»^

Ces deux cétones nous ont servi à préparer des produits de substitu- tion plus avancés. En niéthylant la monobenzylacétophénone, toujours dans les conditions précitées, on obtient d'abord un liquide bouillant à 1 84"- 186° sous II"™ constitué par de la monométhylbenzylacélophénone

/CH' C'H^.CO.CHs puipsiis "ï^i retraitée, au sein du toluène, d'abord perde

l'amidure de sodium, puis par de l'iodure de méthyle, a finalement fourni la diméthylbenzylacétophénone CIP.CO.C CH-C"H% huile distillant

de 180° à 185" sous 1 1""" et ne cristallisant pas.

Son o.xime, purifiée au sein de la benzine, constitue de petites aiguilles fondant à 191°.

Chaufîée en milieu benzénique avec de l'amidure de sodium, la cétone

(') Claisen, Ber. dcut. cliem. Gea., t. XXXVIII, p. 698. ("^) IVef,--4/!«. der Cheniie, l. CCCX, p. 322.

SÉANCE DU 5 JUILLET 1909. q

prend une coloration d'un rouge foncé, surtoul quand l'ébullition dure trop longtemps. On arrête donc la réaction au bout de 3 heures et l'on ajoute quelques gouttes d'eau. Il se produit un dégagement d'ammoniaque, puis, brusquement, le contenu du ballon se jirend en masse pour se liqué- fier par une nouvelle addilion d'eau. Après décantation et distillation de la benzine, on obtient un résidu qui cristallise. On purifie le produit en le redissolvant dans le benzène et ajoutant à la solution de l'éther de pétrole.

Uamide de l'acide benzyldunéthykicétique C°H''.("H- C CONH* se

présente sous la forme de petites aiguilles fondant à ()2"-()3".

CIP Acide ditnéthylbenzylacélique C"ll'.CIl-.C COOII au a-diméthylhy-

drocinnamicjue. Quand on soumet l'amidc à l'action de l'acide sulfuricjue et du nitrite de sodium, même à une température de o", il se produit tou- jours une coloration rouge sang, qui disparait vers la fin de la réaction, et l'on obtient, après un traitement approprié, au lieu d'un acide unique, deux acides constitués, l'un par le produit cherché : l'acide benzyldimé- thylacétique, et l'autre par un dérivé mononitré de cet acide.

Les résultats ont été beaucoup plus satisfaisants en opérant avec de l'acide chlorliydrique concentré, dans lequel famide se dissout facilement, et ajoutant à la liqueur la quantité théorique d'azotite de soude tout en maintenant la température vers o". Il se dégage de l'azote, et, quand l'opé- ration est terminée, on traite par de l'éther qui dissout l'acide produit, ainsi qu'une certaine quantité d'amide non transformée. Il ne se forme pas d'acide nitré. , :

Isolé à l'état de pureté, Vacide oL-dimélhydrocinnatniqiie (') constitue une masse cristalline fondant à S'y" et distillant à 172"- 174" sous 19'""'.

Son dérivé nitré C'H'^NO', dont nous n'avons pas encore, élucidé la

(') Sous le nom iVétlier benzylicjue de l'acide diniéllivUienzvlacélirjiie, M. Hodg- Ivinson (Ann. Cheiii.. L VÂA, 1880, p. 171) a décrit un produit obtenu en faisant agir du sodium sur l'isobul} rate de benzyle. C'est un liquide distillant à 28o"'-285° et que l'auteur n'a pas réussi à saponifier sans décomposition de la molécule en acide ben- zoïque, acide isobutvriqiie et toluène. Un fait frappant, c'est le point (rébullilion rela- tivement bas de cet éther : 280° à la pression ordinaire, alors que l'acide distille à 172°- 174° sous 19™'".

C. R., 1909, >■ Semestre. (T. CXLIX, N- 1.) 2

lo ACADEMIE DES SCIENCES,

oonslitulion, se présente sous la forme de cristaux JHunes fondant à i ^4") distillant entre a-^o^-aSo" sous 20'°'" et peu solubles dans l'élher de pé- trole.

La diméll)yli)enzylacétophénone a encore été préparée en faisant agir sur risopropvl[)liénylcétone sodée du chlorure de benzyle. Le produit obtenu présentait tous les caractères de la cétone obtenue par le procédé décrit plus haut. Chauffé avec l'amidure de sodium, il fournit l'amide de Tacide benzyldiméthylacétique avec toutes ses propriétés.

Métlivldibenzy lacet ophénone C* H' . CO . C— CH- C H' . L'amidure de

sodium, en réagissant sur la dibenzylacétophénone au sein du benzène, semble s'y dissoudre, sans toutefois donner lieu à un dégagement d'ammo- niac. Si l'on substitue au benzène comme dissolvant le xylène, on observe nettement un départ d'ammoniac, (^uand les | de la base se sont dégagés, on ajoute l'iodure de méthyle et l'on chauffe pendant 6 à 7 heures.

Après refroidissement et traitement habituel, on obtient finalement un produit qui distille à 25.5''--i57" et qui est constitué par la cétone cherchée.

La méthyldibenzylacétophénone cristallise au sein de l'alcool en cristaux prismatiques fondant à 61°.

Chauflée au sein du toluène avec de l'amidure de sodiuni, elle fournit

M- .... /CH''

Vamide de l'acide dibenzylrnélhylacétique (CH'^CH^^-Cx p,^^,T,j com-

posé cristallisant en milieu alcoolique en gros prismes fondant à i^\(f.

Nous n'avons, jusqu'à présent, pas réussi à transformer cet amide en acide. Son insolubilité dans l'acide chlorhydrique s'oppose à l'emploi de la réaction qui nous a servi pour la Iransforniation de la diméth^'lbenzylacé- tamide en acide correspondant.

En résumé, ces recherches montrent : i" que, grâce à l'amidure du sodium, on peut substituer à l'hydrogène de Tacélophénone les radicaux alcooliques les plus lourds; 2" (jue, quels que soient ces radicaux, la rupture des cétones trialcoylées au moyen de l'amidure de sodium se fait toujours dans le sens de la formation des amides des acides trialcoylacé- liqiics,

Nous continuons, dan^ notre laboratoire, l'étude de cette réaction, ainsi que celle des amides trialcoylacétiques.

SÉANCE DU 3 JUILLET 1909. I I

GÉOLOGIE. Sur les relalioiis tectoniques de l'île d' Klbe avec la Corse et sur la situation de celle-ci dans la chaîne alpine. Note de M. Pierre Termieu.

J'ai établi dans une Communication récente ( ' ) que l'île d'Elbe est unpays de nappes, et que l'on y compte trois nappes superposées. La nappe pro- fonde est faite de granité, de gneiss, de micaschistes et d'une série sédimen- taire très incomplète, il y a du Trias, et de l'Eocène mélangé d'intrusions microsjranitiques et dépourvu de roclies vertes (sauf à l'extrémité occiden- tale de l'île ). La nappe intermédiaire est faite de Schistes lustrés ( avec roches vertes) identiques à ceux de la Corse. La happe supérieure est formée d'une série sédimentaire qui commence au Silurien, comprend du Carboni- fère, du Perniien, du Trias, de ITnfralias et du Lias, et se termine par un l'vOcènc différent de celui de la nappe profonde, un Eocène totalement dé- pourvu d'intrusions micrograniliques et très riche, par contre, en roches vertes.

D'autre part, nous avons, M. Eugène Maury et moi (-)^ démontré l'an- née dernière que la (jorse orientale est également un pays de ndppes. Là, ce sont les Schistes lustrés et leurs roches vertfs qui forment la nappe profonde. Sur cette nappe profonde vient une autre nappe dont la base est une lame de granité écrasé, et qui, pour le surplus^ est faite de lambeaux de Houiiler, de Permien et de Trias, d'Infralias et de Lias, et enfin d'un Eocènd les roches vertes abondent. M. Maury a montré, il y a quelques semaines (')j que cette nappe supérieure est double et qu'elle renfermcj près de Corte, deux lames de granité écrasé, séparées par de l'Eocène.

Le moment est venu de discuter la question des rapports tectonicjues de l'île d'Elbe et de la Corse. Sont-ce les nappes de Corse qui, prolongées vers l'orient, forment l'île d'Elbe? ()u bien y a-t-il, entre la Corse et l'île d'Elbe, caché [lar les eaux, un pays de racines dont les plis se sont déversés dans deux directions différentes : les plis occidentaux vers la Corse, les plis orien- taux vers Tile d'Elbe et l'Apennin? En d'autres termes, la Corse appartient- elle aux vraies Alpes, c'est-à-dire à cette partie de la grande chaîne tertiaire les plis se sOnt couchés et ont cheminé du sud vers le nord et de Test

(') P. Tekmier, Comptes rendus, l. GXLVIII, p. i648-i652.

(^) P. TermiRk et E. MAiiRï, Comptes rendus, t. CXLVl, p. 1426.

(') E. Mairy, Comptes rendus, t. CXLVIII, p. 1481.

uj L I e R A R Y:"^|

12 ACADEMIE DES SCIENCES.

vers l'oucsl? ou bien apparlieiU-clIc à rApennin, le sens de la Irans- lalion siiperlicielle parait avoir été coniraire"? La question est importante, comme on le voit, et intéresse toute la géologie alpine et toute l'histoire récente de la Méditerranée occidentale.

J'ai dit ailleurs que cette question ne pouvait pas être résolue par la seule étude des nappes corses. L'étude des nappes corses apportait une présomp- tion très forte en faveur de la solution apennine, en faveur du rattachement de la Corse à TApennin; mais il n'y avait pas de certitude. C'est pour cela que j'ai entrepris la revision de la tectonique elbaine.

La nappe prf)fonde de l'Ile d'Elbe n'a pas son équivalent en (^orse. Ce qui apparaît en Corse sous les Schistes lustrés, c'est un granité laminé ( proto- gine des auteui's) (pii ne dilTère point, lithologiquement parlant, du gra- nité écrasé de la nappe supérieure ('). Mais, dans les deux îles, l'Eocène superposé à la nappe de Schistes lustrés présente les mêmes faciès et la même abondance de roches vertes, et les mêmes types de roches vertes; et cette identité est telle qu'elle apporte le supplément de démonstration qui manquait.

La nappe supérieure de l'île d'Elbe n'est autre chose cjue le prolongement oriental de la nappe supérieure de Corse. Cette nappe, formée, en Corse, de granité écrasé, de débris de terrains primaires, de Trias et de Lias à faciès quasi bi'iançonnais , perd peu à peu, en avaiv:ant vers l'est, sa lame grani- tique de base, et modifie graduellement sa composition. Le Silurien y appa- raît. Le caractère brianço/inais du Secondaire s'eil'ace à peu près complète- ment. Mais l'iuicène y demeure invariable, avec les mêmes schistes, les mêmes grès, les mêmes jaspes, les mêmes calcaires blancs, les mêmes serpentines, les mêmes eupliotides et les mêmes diabases.

La (]orse appartient donc à l'Apennin, et l'île d'Elbe n'est plus, entre les nappes corses et les nappes apennines, qu'un trait d'union. C'est, très exac- tement, la solution que M. Steinmann avait indiquée comme la plus probable quand il a proposé de regarder tout l'Apennin septentrional comme un pays de nappes (^ ). Du môme coup, la théorie de M. Steinmann se trouve singu- lièrement confirmée. Ce sont, semble-t-il, les deux nappes les plus basses de l'île d'Elbe qui, se prolongeant à l'est, forment tout l'Apennin septentrional ; et la nappe supérieure, la nappe de l'Eocène corse, paraît ne plus exister

(') P. 'Fermier et J. IJeprat, Comptes rendus, t. CXLVII, p. 206. (^) G. Steinmann, Alpcn und Apennin (Monaisbcriclilc der dculschen i,'cul. Gesellsch., 1907, p. 177).

SÉANCE DU 5 JUILLET 1909. l3

sur le continent. A travers \c.& fenêtres de la nappe de Schistes lustrés, c'est la nappe profonde de File d'Elbe, avec son granité et son microgranite, et avec son Eocène très particulier, que Ton aper(.-oil dans l'Apennin : mais, en arrivant au continent, cette nappe profonde s'esL enricliie en terrains secon- daires, et c'est surtout par le Secondaire (ju'elle est désormais caractérisée (Alpes apuennes ).

On comprend dès lors que rÉocène de la nappe profonde elbaine (e^ et c" de M. Lotti), totalement dépourvu de roches vertes dans la région centrale et dans la région orientale de l'île, contienne des roches vertes dans la région occidentale, sur le pourtour du Monte (^apanne. Si l'on replaçait par la pensée dans leur situation originelle les terrains des trois nappes elbaines, on verrait l'Éocène, de l'est à l'ouest : d'abord non métamor- phique, et très mêlé d'intrusions microgranitiques; puis contenant à la fois des microgranites et des roches vertes; puis riche en roches vertes el pro- fondément métamorphique (faciès Schistes lustrés); enfin, de nouveau non métamorphique, et toujours très chargé de roches vertes (faciès corse).

Revenons à la Corse et, nous appuyant sur les dernières observations de M. Maury (' ), précisons la structure de cette île. Sur le bord oriental de la région cristalline, on voit, entre Caslirla et Castiglione, les Schistes lustrés s'enfoncer sous le granité, et le granité écrasé de la nappe supérieure se relier au granité normal de la haute chaîne corse. Les Schistes lustrés se prolongent donc à l'ouest, en profondeur, sous cette haute chaîne; mais il est certain qu'ils ne vont pas bien loin vers l'ouest, puisque le granité ([ui apparaît sous ces Schistes dans la l'égion du l'enda ne dilî'ère pas, lilho- logiquement, du granité qui est dessus.

Le bord occidental de la zone des Schistes lustrés, de la zone que j'ai appelée zone axiale des Alpes, de la zone lépontinc de M. Stcinniann, est ainsi caché sous la (^orse granitique, et probablement sous la ligne des plus hauts sommets de lilc. La (Jorse granitique, origine de la nappe supérieure, correspond, stratigraphiquement, à la zone située immédiatement à l'ouest de la zone des Schistes lustrés, c'est-à-dire à la zone du Briançonnais : et l'on s'explique dès lors le faciès quasi briançonnais du Secondaire corse. La Corse granitique, qui, dans sa partie occidentale, a tous les caraclères à'un pays autochtone, d'un pays de racines, confine certainement à l'ouest à la bande autochtone, malheureusement effondrée et désormais invisible, qui sépare le régime alpin du régime apennin.

(') E. Maury, loc. cit.. p. 1481.

i4 ACADÉMIE DES SCIENCES.

Cette bande autoclitone, que l'on peut assimiler à un axe d'évenlail, et qui est l'axe tectonique de la grande cliaine tertiairCj l'axe des Alpes en prenant le fnol Alpes dans son sens général, cette bande, dis-je, est oblique sur la direction des zones stratigrapbiqucs. En Piémont, elle parait être en pleine zone des Scliistes lustrés; el c'est pourquoi j'ai longtemps cru qu'elle se prolongeait à l'est de la Corse et à l'est de la Sardaigne (' ). Mais elle s'iniléchit vers l'ouest à partir de la Ligurie et pénètre dans la zone strali- grapliique dite brianronnaise. C'est sous la mer, et un peu à l'ouest des côtes de Corse, qu'elle continue sa marche vers le sud-ouest. Le problème tectonique alpin se trouve maintenant déplacé; et la question des lialéares, de la Sierra-Nevada et du Rif marocain est dorénavant à l'ordre du jour.

MÉMOIRES LUS.

GÉOGRAPHIE PHYSIQUE. Le nouveau liecuell des nivellements des chemins de fer de Russie comme hase d tiypsomélne du pays. Par

M. J. DE ScHOKALSKY.

L'hypsomélrie actuelle de la Russie d'Europe s'appuie sur les travaux de mort prédécesseur, maître et ami, le g'énéfal A. de Tillo. Sa Carte fiit basée sur 5x385 points dont les hauteurs furent Corlilue^ à et temps. Une dés bases principales son travail fut le recueil de nivellements des cheltllrts de fer, fait par lui, qui englobait 28742 verstes de lignes ferrées. Actuelle- ment ils ont atteint /[Sooo VerstéS de dévelùppemenl et le réseati s'est surtout augmenté dans la Russie d'Europe de grands espjtces presque sails données précises sur des hauteurs du pays furent derUièl-ement Coupés par de nouvelles lignes. Le rtouveail rec'ucil de nivelleméhts s'imposJiit donc comme travail préparatoire à la construction d'une nouvelle Carte hypsométrique.

Nous Tavons Commencé par des nivellerttéills de raccordement etitre les lignes elles-mêmes et les repères de hauteur connue, moyen Unique pour débrouiller l'cnchevêtrelTient des nivellements des lignes indépendantes qui portent des zéros diiîérents. Plus de &0O uivellcments de raccordements furent faits par nous et, grâce à ce travail, nous publions k Cfe moment un nouveau recueil de nivellements chaque ligne de chcmiil de fer a sa cote la ramenant au zéro unique.

(') 1'. TiiUMlKii, liitllctiii dr la Soc. géol. r/c Fiancé. 4" série, t. Vil, p. !\ii.

SÉANCE DU ;■) JUILLET 1909. l5

Dans le travail préct'dent de M. le général de Tillo, l'erreur proliable des résultats pour la partie ouest du réseau allait jusqu'à ± i sagène. Grâce aux travaux sur le terrain mentionnés plus haut, nous sommes arrivés à un résultat plus précis çt, pour cette partie du réseau, l'erreur probable chez nous ne dépasse pas ± o,3 sagène ( rt o'",6).

GÉOGRAPHIE PHYSIQUE. -^ Li' Asie centrale russe el le niveau de ses bassins lacustres. Par M. J. de Schokalskv.

La question du dessèchement de l'Asie centrale est depuis peu reprise dans te monde scientifique grâce aux observations et aux études des géo- graphes russes (MM, h, I3erg, I. IgnatolT, I. Tanlilief, etc.), Ce sont eux qui ont porté l'attention des savants sur un fait cpti paraissait au premier moment très inattendu : le niveau de plusieurs bassins lacustres, et des plus grands, de l'Asie centrale russe avait monté et de beaucoup. Les données que nous avons pu recueillir sur cette question nous permettent de donner les limites approximatives du territoire chose pareille fut observée. Au Nord, c'est la ligne du chemin de fer sibérien; au Sud, c'est le parallèle de 41°; à l'Ouest, c'est le Caucase et, à l'Est, probablement le Turkestan chinois. Un des plus grands lacs du monde, l'Aral, a haussé son niveau depuis iSS/) de 2"'; tous les autres lacs de la région indiquée sont aussi en crue plus ou moins marquée. Cette marche ascendante a continué jusqu'à l'été de 1908 et s'est traduite par une augmentation de la végétation dans les parties cultivées ainsi que dans les contrées sauvages du pays, surtout dans les montagnes. En étudiant la quantité de pluie tombée durant la dernière trentaine d'années, nous avons pu démontrer que pour toute cette région il y a une augmentation notable, et si l'on prend les observations de Barnoul, en Sibérie, qui possède une très longue série, on voit que la quan- tité d'eau tombée continue à augmenter depuis une vingtaine d'années. Malheureusement nous ne possédons que peu de données sur les glaciers de la contrée et encore ces derniers, enregistrant les faits de longue durée, ne pourraient nous donner une réponse bien claire; mais les observations sur l'enneigement des glaciers que nous possédons confirment l'augmentation de l'eau tombée dans toute cette contrée. La crue des lacs et des rivières répond plus vite à la question étudiée par nous, et les données sur les débits de deux grandes rivières du pays, l'Amou et la Syr-Dana,nous le prouvent. En 1887, la première à Tchardjul a charrié 45oq648ooo sag% tandis

l6 ACADÉMIE DES SCIENCES.

<|u'(^n 1901, To()'|()G'|ooo sag% presque le doul)le. Syr-Daria à P.arman- Kotir^an avait un débit, en 1899, de 1)02935000 saj;-' et, en 190.'), tiiS'f 927000 sa^;'.

■'Evidemment celle crue (jue nons observons ne peut pas durer bien Ioniil('m|is el, en éUidiaiit les données liisloriques et aulres, quoi([ue peu précises, cpi'on possède pour cette région, on doit conclure qu'il existe alternativement des périodes sèches et humides. On ne peut pas encore les bien désigner, mais on constate qu'elles ne coïncident pas bien avec celles de M. Briiclvuer, à qui tout de même revient l'honneur d'avoir porté l'attention sur un tel ordre d'idées.

Enfin, toutes les données recueillies par nous ne permettent pas de pré- dire si nous approchons de la (in de la [)ériode humide ou non; nous pou- vons seulement dire que nous avons dépassé le maximum.

ELECTIONS.

L'Académie procède, par la voie du scrutin, à l'élection d'un Correspon- dant pour la Section d'Astronomie.

Au premier tour de scrutin, le nondire des votants étant Vh

M. J.-C. Ivapteyn obtient 29 sufl'rages

M. Ricco obtient i.'j »

M. J.-C Kai'ïky.v, ayant obtenu la majorité absolue des suffrages, est élu (Jorrespondaiit de l'Académie.

COURESPOIVDArVCE .

M. le Seckétaire PERPÉTUE!, sigualc, parmi les pièces imprimées de la

Correspondance, les Ouvrages suivants :

1" Quatre fascicules de la Flore générale de i Indo-Chine, publiée sous la direction de M. H. Lecomte. (Présentés |)ar M. Vlangin.)

2" liiologie florale, par F. Péchoutre. (Présentée par M. Mangin.)

SÉANCE DU ) JUILLET 1909. IT

ASTROiNOMIE. Occultations cl' étoiles observées à i' étjiiatorial Brtinncr (o"' ,16) (le l'Observatoire de Lyon, pendant i éclipse de Lune du '3 juin. Note (') de M. J. Guillaume.

D'après l'état de l'atmosphère dans la journée et la soirée du 3 juin, toute observation semMait fort compromise. Mais la pluie ayant cessé, moins de 10 minutes avant l'entrée dans l'ombre, une courte éclaircie, à i2''5'" t. m. Paris, permit de voir l'ombre qui, depuis 12 minutes d'après la Connaissance des Temps, envahissait le disque lunaire. De gros nuages noirs recouvrirent encore tout le ciel; néanmoins, après quelques trouées passagères, j'ai pu commencer les observations que je m'étais proposé de faire.

A cause de la forte déclinaison australe de la Lune, et de l'état atmosphé- rique, la délinilion des images était très mauvaise : le limbe lunaire, qui ondulait rapidement, présentait des dénivellations atteignant, et dépassant parfois, lo secondes d'arc.

Voici le Tableau des occultations observées :

Kcniarqucs.

Etoile en coiitiict avec le limbe r secondes

avant. Perdue li-op tôt : en contact avec le limbe. Etoile en contact 8 secondes avant. » 10 »

» 20 »

Perdue trop tôt : en contact avec le limbe. Réapparition dans le bord luniiire; elle s'en

détache 20 secondes après. Réapparition r/c/ns le bord lunaire; elle s'en

détaclie 10 secondes après. En retard. Quand je parviens à saisir l'étoile.

f|iii est pâle et dill'use, elle est loin du

lidid luiKiiie.

Ensuite, l'augmentation de réclairement du disque de la Lune a inis^in aux observations.

Vers le milieu de la totalité, la plus grande partie du disque montrait, à l'œil nu, la teinte habituelle rouge ciiivrc des éclipses; la partie inférieure du

.oik'S.

Pliénomènes.

T. ni. Paris.

h m 3

a.

Im.

1 3. 0. 9,0

b.

Im.

i3.i5. 6,6

c.

Im.

I 3. 20. 52, 4

d.

Im.

i3.23.53,8

e.

Im.

i3.3o. 6,7

/•

Ira.

i3. 32. -10,7

e.

Em.

14. 3. 9,2

a.

Em.

.4.12.54,.

d.

Em.

.4. 23.. 3

(') Reçue dans la séance du 28 juin .909. C. R., 1909, 2' Semestre. (T. CALIX, 1.)

l8 ACADÉMIE DES SCIENCES.

dis(jue était très sombre, presque noire, tandis que la partie supérieure pré- sentait un croissant jaune laiton.

Vers iS'Vja'", des éclairs diffus dessinaient les contours des niasses nua- geuses à l'horizon sud.

Voici, d'autre part, les mesures de po.sitions des étoiles occultées, que l'état du ciel n'a pas permis d'effectuer avant le iqC ). Ces observations ont été faites également dans des conditions de définition qui laissaient fort à désirer : images instables et affaiblies par de la brume. Elles sont corrigées de la réfraction.

Etoiles. Aa. A6. Nombre de poirilés.

/-A

I . i4 ,65

3. i3,2

6:8

<^-f

o.23,i3

5 . L\o , 3

8:8

b-c

—0. 17,43

-3. 7,8

8:8

a c

—0.43,39

-5.23,7

8:8

e a

+0.22,91

—8.22,6

6:8

d~e

-+-0. 14,76

-t-2.48,5

8:8

J'en ai conclu les positions moyennes suivantes par rapport à l'étoile A = BD - 22,423-2 (8,0) = Paris, 21 237 :

Etoiles.

a 1909,0.

s 1909,0.

0

A = BD 22,4232

(8,0)

h . m s 16.46.33,67

<"• r II

—33.45.17, 1

rt ^ BD 22,4223

(9,8)

16. 44- 12,50

23.59.42, 1

b = Anonyme

(10-^)

16.44.38,46

23 .57. 26,3

c— BD 22,4237

(9,3)

16.44.55,89

23.54. '8,5

0?= BD ^ 22 ,4225

(9,8)

i6.44-5o, 16

23. 5. iG,3

e = BD 22,4224

(9,2)

16.44.35,40

—23. 8. 4,8

f zrz BD 22,4229

(9,'^)

16.45. 19,02

22 .48. 3o, 3

ANALYSE MATllKMAïlQUE. Sur la sommation des séries de Dirichlet. Note de M. 3Iarcei> Riesz, présentée par M. Emile Picard.

Soit donnée la série

2-

les À désignant une suite de constantes positives croissant vers l'infini. Nous

(' ) Je remercie ici mon collègue, AI. Flajolet. qui a bien voulu m'assisler pour une partie de ces mesures.

posons

«„ e-'"' c,

<■' S

(1 )

cc-h c.;, -I- . . . ^- f„

SÉANCE DU 5 JUILLET 1909. If)

n

Vf,— i„ et o-(>.)=: S, pour. )v„_| < )v ^ >.„ ;

1

}v,e, + . . . + /.„c„

X„

et, dans un ordre d'idées général,

^.\'' , / ^A" . . f. '^"Y

Nous appellerons la sommation par ces moyennes la sommation typique d'ordre k des séries aux exposants A, , 7.^, . . . , X„, ....

Dans cette Note nous devons nous contenter de signaler quelques pro- priétés remarquables de ces moyennes.

Dans le cas >,„-=/(, c'esl-ii-rliie dans le cas qui provieiil d'une simple Iransforma- lioii de la série en/ièrr, nolie méthode nous conduit à des moyennes entièrement équivalentes au\ iiioyennes aiit/iDH'U/jiics. (La forme est ditTérenle, excepté X := o et I.)

Au cas 7„:=^log/(, qui est des plus intéressants, nous appellerons la sommation typique sontinatinti lof^^arilh inique. Un calcul élémentaire montre que la limite qu'on obtient de (i ) eu y posant „:z= log« et la limite

(3) lim

•^1 ^2 ^n

- -t- - + . . . + I 2 II

log/i

existent en même temps et sont égales. De plus, on a les lliéorèmes :

I. Une série quelconque étant sommahle par les moyennes arithmétiques d'ordre li est sommahle par les moyennes logaritl uniques du même ordre.

II. Supposons que la fonction J\s) représentée dans une partie du plan par

la série convergente 7 a^e"^"' est régulière dans le domaine \{{s)^ c et n'ad- met sur la droite R(^) = c d'(Uttres points singuliers que des pôles ri des points critiques algébriques {en nondire fini) d'un ordre d' in/iniltule '^ m ( ' J. Supposons, de plus, qu'il existe un nombre m' tel que la /onction f{s) satis-

(') Dans nn travail delnilN', nou^ détnontrerons ce lliéoréme dans une forme beau- coup pins générale. VA', la remarque faite au sujet du théorème III de notre Noie inti- tulée : Sur les séries de Dirichlet (-.îS juin 1909).

20 ACADEMIE DES SCIENCES.

fait, dans le dc/ni-plaii \y^s)-^c, à la coitdilioji

\f{s)\ <C\s\"''

i^f)()iir des 1 5 ] assez grandes ). Mors la série est sonvnable en loul point régulier de la droite \\.(s') = c par les moyennes typiques d'ordre k, ktlésigtianl un nombre positif tel que

k > m' el k^ m i.

La sommation est uniforme sur toute portion finie de la droite qui ne contient que des points réguliers.

Par exemple, la fonction '((5) rentre bien dans cette classe. Sa série est sommable par les moyennes logarithmiques d'ordre i sur toute la droite

sauf le point j? = i. Ce fait résulte aussi immédiatement de la formule de M. Kinkelin, en tenant compte de la forme (3) de nos moyennes.

Le résultat le plus remanjuable que nous avons obtenu par les moyennes considérées se rapporte à la multiplication des séries de Dirichlet. Soient Va„e"'"'" et 'Sb„e~''''"' deux séries de cette espèce. Leur produit foruiel

donne de nouveau une série de Dirichlet qu'on obtient en ordonnant les quantités A„+ a,„ d'après leur grandeur. Nous écrivons l'égalité formelle

1

Le théorème que j'ai en vue (généralisation du théoième de Ccsàro sur la multiplication de Cauchy) est le suivant :

IIL Les séries ^a,, et "V/>„ étant convergentes la série V»",, est sommable I I I

par les moyennes typiques d'ordre i (formées avec les exposants v)et la somme

ainsi définie est égale au produit V a„ V b„ .

1 I

M. Landau avait démontré le théorème d'Abel pour le produit des séries de Dirichlet dont au moins l'une possède un domaine de convergence absolue ('). Pour le cas général il regarde la question comme ouverte. Par notre résultat cette question est résolue par l'affirmative.

('} E. l^ANDAT, Uflier die Mulliplikalioit Diriclilet'sclicr liiclien (HcndiLunli (tel Circnlo mat. l'aleniiu, l. WIV. p. t33).

SÉANCE DU ) JUILLET 1909. 21

A celle occasion nous ne nous airèlons pas à la question de la mniliplicalion des séries plusieurs fois indélernainées, l'indéterminalion étant définie par nos moyennes Ivpiiines. Nous préférons envisager un peu |iins allenlivement le cas particulier

/.„ =r log«. Nos séries de la forme > rt„ 'i^' el 7 /',, " 'étanl convergentes, nous avons

vu que leur produit est somniable par les nivyetuies logarithmiques d'ordir 1 ( ').

Par contre on peut donner des séries de Diricldet convergentes dont le produit n'est sommable par aucune moyenne aritlimélique (^). Telles sonl par exemple aux points I _l_it(<j2£o) les séries qui représentent les fondions [Ç(i)]'' et [Ç(.ç)]l^, et p. désignant deux nombres positifs <Ci et tels que 7. +p.2i. Ce fait gagnera en intérêt, si nous ajoutons que la sommation par des moyennes logarithmiques d'ordre i n'est aucune- ment plus générale que l'ensemble des méthodes des moyennes arithmétiques, l'ar

conséquent les séries ^ /(log/icos/io el ^ « log/t sin /; o[o ^ o ( mod2 7T)] sont som-

mables par toute movenne arithmétique dont l'ordre (entier on non) est > i. On voit immédiatement qu'elles ne le sont pas par les moyennes logarithmiques d'ordre i.

ANALYSE .MATHÉMATIQUE. Sur les intégrales singulières de certaines étjun- lions différentielles algébriques. iVote de M. lî. Gambier, pivsenléc paf M. Painlevé.

D&nsXii^ Comptes rendus ày\ i S janvier icjtx), M. Cliazy éludie des équa- tions différentielles du deuxième ordre el du deuxième degré dont l'intégrale générale est uniforme, tandis que Fintégrale singulière possède des points criti(jues mobiles.

Je voudrais, dans le même ordre d'idées, citer une équation du troisième ordre et du deuxième degré dont l'intégrale générale et l'intégrale singu- lièt^e sont respectivement les racines P"'"*"' et Q"^"'^*de fonctions à points cri- tiques lixes, P et <) étant des entiers aussi grands qu'on veut.

Dans ce qui suit, p cl q on bien // et q' sont un couple d'entiers premiers entre eux; a(a.-), 0(x), A(j;) sont des fonctions analylicpies de j.\

(') On obtient un résultat intéressant en joignant ce lait au théorème suivant : La sciie ' /.„ rlanl soniinahle par les moyennes logaril/iniiques d'ordre i,_la

série ' ■; est sommable par les moyennes arillimi-ti(/iies du même ordre. Il en .i-d iog/i ' -^ '

résulte (jue la série » c„/(^*' et ses dérivées sonl sum/nables par les /tiémes moyennes

pour toute râleur de s telle rjue l\(s) > o. ('-') Voir le théorème 1\ de notre Note cilée.

22

ACADEMIE

DES

SCIENCES.

l'iiiLcgre

l'équation

(')

l\^

11+ Il

y 7

y"' y'

+ «(

'■)y + /'(-^') =

= 0

en

écrivant

»" + «(

r)u'+P

+ 7

b(,r)

Il o, y =

7 Je forme une équation analogue, contenant une constante arbitraire

d'où, en éliminant la constante arbitraire,

(3) R'=,VK[£.;(z!__z:;)+A(,r) .

L'équation (3) possède les propriétés annoncées : elle est du troisième ordre et du deuxième degré, l'intégrale générale est donnée par (2) l'on

A(x)da\ c'est la puissance , '-^, ^de

l'intégrale d'une équation linéaire et du second ordre. L'intégrale singulière

est donnée par (i), c'est la puissance - de l'intégrale d'une équation

linéaire et du deuxième ordre. Les entiers (p -+- q)(/'^ />(/'- et p + q peuvent être pris l'un arbitraire, l'autre aussi grand qu'on veut. Si je pose maintenant

D désigne un diviseur quelconque de qq'', l'équation (3) donne une équation en v du troisième ordre et de degré élevé dont l'intégrale générale est à points critiques fixes (puissance entière de l'intégrale d'une équation linéaire du deuxième <u-dre) et dont l'intégrale singulière est la puissance

V{p-^'i)'i"—'i""'-Vi d'une telle fonction . Il suffit mainteiinnt de poser

dx'

pour avoir une équaliou en V d'ordre /•+ 3 de degré égal à celui de l'écjua- tion en v, dont l'intégrale générale est à points critiques fixes, pendant que l'intégrale singulière, qui contient r -\~ -j. constantes arbitraires, a des points critiques mobiles.

SÉANCE DU ■) JUILLET 1909. 2.3

ANALYSE MATHÉMATIQUE. Sur les éqiuilions (liffèrenlicUes linéaires et les Iranscendantes uniformes du second ordre. Note de M. Keni<: (iahmer, présentée par M. Painlevé.

i. Considérons une éqnation linéaire du second ordre qui ne possède comme sin;^niarités à distance finie c[ue deux [loints, apparemment singu- liers, X et [j.. Cette équation est de la forme

0.'--

p et n satisfont à des conditions connues. Le problème que je traiterai ici est le suivant :

Choisir pour a,„, . . ., a„, A, a, p, t des fonctions de deux paramètres t el u, et déterminer quatre fonctions A, B, (", D, rationnelles en a.- (^dépendant de et u) de telle sorte (pie le système 'S for/tu' par les équations (i) et (2)

dt ^ dx Ou - dx

soit complètement intégrable. Je me limiterai d'ailleurs au cas rentier//? ne dépasse pas /( ( ' ).

Je montre d'abord que, par une transformation simple, on peut prendre

X /. X [J. X A X [x

On doit avoir

' ()t ' Ou

"2. Supposons d'abord

(--P)^-(-/-â)-9^o.

On peut prendre alors,pour nouveaux paramètres

<, = cp( /. Il)

( ' ) Ce problème renferme comme cas parliculifi- le problème Unité (lan< les Comptes rendus. 17 mai 1909.

•2/| ACADIÎMIE UES SCIIÎNCES.

Cl

en (losij,niiuil pat- -un raclciir irilri;i-iinl do (a (3) r// + (y ù)</n. Cela c'iaiil, los cocfficienls rt,, a^, a.,, a^ oui pour valeurs

0 o

<■/, A, r, (/ n'pi'i'-sciilaul ijualre conslanles aihilr'aircs; r/„ cl p t sonl des l'ourlions raliouucllcs de A [i. = ç, X + [j. == y], p -t- t = C cl /, ; :, ■/], C,* satisl'oiil au syslcnic suixanl. (1) :

(^e syslcnic adnicl (pialrc formes canonicpics de l'cducllon, doiil chacune csl une dcRcnci'escence de la suivanle :

.îÇ.

du,

P

= ■'7'

■s

o:

OP

diit

-'o-n

r'

( i I ) a =: o =z h = c. d r=z\; ( 2s ) a = o = 6 ^ f/, c ^ i ;

( ij ) a =2 o=i c ^:zd, b =zi; {1,^) 6 = o ^ c, « = i .

INiui- inlégrer (S), il t'aul (Tahord iulégrer (3), système dUTcrentiel ordi- naiic en /,. el prendre pour les conslanles d'inlcgralion dos fonctions de u, de façon à vorilier les doux équations résultant do (4) par réliininalion do,*; et .V sera donné cniin par l'une des relations (/|).

L'étude de ( 2,) et ( -o) esl facile; ^-, ï], '( sonl dos fondions rationnelles de /, |ionr (^i!,), de (''• pour (^j), dépendant de deux constantes arbitraires cl d'une fonction arliiliaiii^ de ii, ; loi'S(juc /, et ii, varient, le jioinl |, y], Z décrit une surface ralionneUe.

Pour (-.,) et ('^\) ('), ^", ■/], s sont des fonctions rationnelles, à coeffi-

(') (2;) désigue le système «hleiui en faisant c/z=o dan5(ii). I^inlégralion du sys- lîènie général (ij) parait ilifliciie; je me réserve d'éliidier les propriétés des intégrales de (il) par une voie indirecte.

SÉANCE DU ■) JUILLET 1909. û5

>h'

on (luci

ciotils nuinrriques do l^, v, -j- et tr, v, ic di-sigiiciil uiio soluti conque du système (()) pour (S3) et (7) pour (H', ) :

d- r <)i\' n- 3 1'

Z>rt/Kv Ions les ras E-, Y), son/ ries fondions uniformes de /,, qui pour (S:,) ct(Z'/) sont transcendantes de second ordre. Dans ces deux derniers cas rinlégrale de (3) est une fonction cssenliellcnienl transcendante de deux des constantes d'intégration et algél)rique de la troisième; pour satisfaire à (4) il faut prendre pour les deux premières des constantes absolues; la troisième reste une fonction arbitraire de ih . Le point \'- = X. •/), "( décrit, lorsque /, et //, A'arient, une surface transcendante possédant un faisceau de courbes l'atinnncUes ; celle surface appartient à un réseau transcendant dont les élé- ments se correspondent par des Iransformalions biuniformes. (Jn peut faire dégénérer la surface (Ç, ïj, X,) en surface elliptique possédant deux faisceaux de courbes de genre 1 : les courbesdu faisceau rationnel sont équianliarmo- ni(pies pour (1^) et liannoni({ues pour (-, ), et la surface (X, ■/], X,) devient alors une transformée (biralionnellc ) de la surface réglée elliptique.

11 est bien remarquable qu'on puisse retromer deux des transcendantes nou- velles introduites par M. Painleve en parlant directement du système (3), (4) (où l' désigiK^ une fonction cpielconque de ^, •/], f,) : on trouve, en efTet, que ce système n'est complètement intégrable que si l'(H, •^,/,)cst de la forme (5).

3. Si l'on suppose maintenant

on en conclut

dr(o) ._ '>'•(?)

P - —AT-' y

)t. ' ûii

Les coefficients de ( i ) se réduisent à des fonctions de oi^t^ u) ^=^ t^, et les

d'j,

I ,/i o p

fonctions ^, Y], ^, 5 = -r- satisfont au système

(8)

dt. 2 P

]dn ^ sV

1 rfç _ dr ^ ov

dT, ~ à- '^ ^ àri

C. li..

I||l->1|, !

Srmes/rc. 1

[T. r,\i,i\. N' 1.)

26 ACADÉMIE DES SCIENCES.

P conserve l'expression (5). L'inlégralion de ce syslènie est donnée par celle du système 1 (où P a la même valeur) : il suffit de remplacer la fonc- tion arbitraire de m, par une fonction arbitraire de /, ; les équations (8) se réduisent alors à une seule qui fait connaître s.

PHYSIQUE MATHÉMATIQUE. Sur quelques inégalilès jouant un rôle dans la ihéorie des tibratiom élastiques et des vibrations électriques. Note de M. A. KoRN, présentée par M. l>inilc Picard.

On connaît des théorèmes importants sur l'expression

o'- dT

f-

s représente une fonction continue avec ses premières dérivées dans un domaine - dont la surface fermée possède en chacun de ses points un plan tangent unique et deux rayons de courbure principaux bien déterminés. Je donnerai ici deux théorèmes analogues sur l'expression

/'"■

u, t', «' représentent trois fonctions continues avec leurs premières déri- vées dans -, k est un nombre positif satisfaisant à l'inégalité

l<''<--^'

en nous servant des abréviations

\cU-J

âiiy /diiy /àiiy /à^y /ài-y fdv

dx ây Oz

dfv (Je

~ ày dz'

/().r\2 fdu'y fà^ry

SÉANCE UU T JUILLET 1909. 27

I. Si les fonctions w, c, n' satisfont aux conditions

.(i«)

I I II dz ^= I {■ dz =z j II' dz = o, \^j\dz=j'.dz^^l.dz^o.

on aura toujours

c est une constante ^m'e ne dépendant que de la surface 1 du domaine t et de k. II. Soient

«y> 'V> "V (y = 0' '1 2. ...,/))

p + I triplets linéairement indépendants de fonctions continues avec leurs premières dérivées dans t ; posons

f ir = «„ir„ 4- J!,ir, -f- 3:.,(r., -t- . . .+ a;,,iv,, ;

alors on pourra toujours choisir les ^ -+- 1 constantes a„, a,, a^, . . ., a^, de manière qu'on ait

Cp est une constante (dépendant imiquement de la surface t du domaine i, de A" et de p) qu'on peut faire aussi petite qu'on veut en agrandissant^.

La vraie difficulté pour arriver à ces deux résultats consiste à démontrer le théorème fondamental suivant :

Soient u, V, «• trois fonctions queAconques continues avec leurs premières dérivées dans t et salis faisant aux six conditions

!l u dz ^= I S' dz r= j (!■ dz = o, j u Jr = / V dz r:^ l w dz ^^ o\ alors on aura toujours

(3") ^(„î+ „»_,_„,>) f/-= ,2 - £) jTs (^ Vf/-

28 ACADÉMIE DES SCIENCES.

et

dz,

t et E représentent deux nombres positifs, différents do zéro, ne dépendant que de la surface a du domaine i et de li.

J'iii réussi à démontrer ces inégalités toutefois en supposant la continuité des premières dérivées des fonctions m, v, w telle qu'on ait pour deux points x^y^î■^ et x.:,y.,z., quelconques de i dont nous désignons la distance par /•, ,

I Di « (.(-.jj;,) D, //( .r, n-i) I =;const. fin. z'^,, ... (a>o),

et je donnerai ces démonstrations dans un Mémoire plus étendu.

ÉLECTRICITÉ. Conductibilité d'un gaz à la pression atm'jspliéricjue sous V influence d'une haute tension alternative. Note de M. A. Ch.vssy, pré- sentée par M. Lippmann.

, La conductibilité d'un gaz est attribuée à la présence d'ions provenant de diverses causes. En soumettant à un champ électriqtie un gaz préalable- mont ionisé, il se produit un courant qui s'arrête bientôt par suite du traiis- port des ions aux extrémités du champ. Un gaz n'est donc pas par lui-même un conducteur.

Si l'on soumet un gaz à un champ très intense il devient alors de lui- même conducteur, comme l'a montré M. Bouty dans l'étude des limites l'état diélectrique; c'est-à-dire que les ions, dans ce cas, sont produits par l'influence directe du champ. Je me suis proposé, on opérant à la pression ordinaire, d'étudier l'allure de la conductibilité acquise sous l'intluence d'un champ alternatif intense. J'ai étudié l'air et l'hydrogène. Avec ce dernier gaz les résultats sont réguliers. Dans le cas de l'air je n'ai pu débrouiller nettement certaines irrégularités que j'attribue aux réactions chimiques produites par l'effluve.

J'emploie un appareil, que j'appellerai condensateur à gaz, formé de deux cylindres de verre concentriques dont l'intervalle est rempli du gaz à étudier. Les armatures sont collées à l'extérieur du gros cylindre et à l'intérieur du petit. I^ar ce dispositif On évite la com[)lication provenant des électrodes. <^)uand celles-ci ne sont pas séparées par un diélectrique solide, on n'oblient ([ue des étincelles étroites au lieu d'eflluves sillonnant tout le gaz.

SÉANCE DU ■) JUILLET I909. 29

Soient E la valeur efficace de ta liante tension qui existe entre les armatures, ',, la pulsation du courant et i l'inlensilé efficace du couiant qui alimente le condensaleui-. Pour mesurer (', qui est relativement faible, je mets en série avec le condensateur à yaz un condensateur dont la capacité C, soil bien plus grande et soit connue. Avec un éloctrornètre de capacité négligeable je mesure la différence de potentiel R, aux bornés de C,. Je tire alors / de la formule J := toC,E|. En variant Ci on a une graiulc étendue dans l'échelle des mesures. Je prends les plus grandes précautions possibles au point de vue de risolement et je réunis au sol la borne du condensateur reliée au condensateur C,.

Pour les tenaions inférii'uics à une ceilaine valeur ([iie j'appi'llc tension critique, et qui dépend des dimensions de l'appai'eil, le gaz n'est pas con~ ducteur; il se conduit comme un diélectrique parfait.

Soit G la capacité, dans ces conditions, du condensateur à gaz. Elle est donnée par la formule i = coCE. Cette valeur de C est indépendante de la tension tant que celle-ci est inférieure à la tension critique. C'est mi premier régime de fonctionnement du condensateur à gaz. Si Ton dépasse la lension critique, le gaz cesse d'être un diélectrique parfait et devient conducteur; il en résulte un second régime de fonctionnement du condensateur qui se manifeste par la production d'effluves. J'appelle capacité apparente, dans le second régime, celle ([u'on déduit alors de la formule précédente. Elle n'est pas égale à la capacité proprement dite et mesure seulement à un coeflicient près le rapport du déhit à la tension.

Pour comprendre les variations de cette capacité appaiente considérons la capa- cité C obtenue en remplaçant le gaz par du mercure ou un électrolyte. Celle capacité est évidemment bien |)lus grande (|ue la capacité C du condensateur à gaz dans le premier régime de fonctionnement. Pour mesurer C j'emploie toujours la for- mule «=;a)C'E. On peut en effet négliger la résistance du liquide par suite de la grande section. Je trouve bien pour C une valeur indépendante de la nature du liquide ainsi que de la tension.

Dans ce cas du second régime je trouve que la capacité apparente est comprise entre C et C Faisons croître le voltage à partir de la lension critique. La capacité apparente croit alors d'une façon continue à partir de C; de sorte que le gaz devient de plus en plus conducteur à mesure que la tension croit. Pour les fortes tensions la capacité apparente tend vers la limite C et, en pratique, n'en diffère pas sensiblement. A ce moment l'intensité du courant'qui alimente le condensateur est la même qun dans le cas du liquide et la résistance du gaz est également négligeable. Si le gaz prenait une conductibilité fixe dès que la tension critique est dépassée, la capacité apparente passerait brusquement de C à C ; mais ce n'est pas le cas, comme je viens de le dire.

Comme exemple je résumerai les résultats d'une expérience relative à l'hydrogène.

3o ACADÉMIE DES SCIENCES.

La tension critique était 3ooo volts efficaces. Depuis cette tension jusqu'à 5ooo volts la capacité apparente croissait dans le rapport de i à 8 environ. De 5ooo à 18000 volts elle ne variait plus que de 8 à 10. L'accioissement de la capacité apparente est donc d'aboi'd rapide, puis devient de plus en plus lent à mesure qu'elle s'approche de C D'une manière générale, portons en abscisses la tension et en ordonnées la capacité apparente. On obtient une courbe d'allure hyperbolique dont l'asymptote est la droite représentant C. Le débit / tend donc, pour les foites tensions, à être proportionnel à la tension.

On obtient une figure plus simple en représentant, en fonction de la. tension, l'inten- sité J du courant qui alimente le condensateur à gaz. C'est sensiblement, dans le second régime, une portion de droite dont le prolongement ne passe pas par l'origine. Dans le premier régime, au contraire, on a une droite passant par l'origine, puisque C est constant, et faisant avec l"a\e des tensions un plus petit angle.

En résumé, la concluclibilité du gaz croit iFune façon continue avec la tension, et ce n'est que pour les fortes tensions bien sujiérieures à la tension critique que la capacité du condensateur à gaz est la même que celle que l'on obtient en remplaçant le gaz par un liquide conducteur. On peut émettre l'hypothèse qu'à ce moment le gaz est analogue à un conducteur proprement dit. Je me propose justement de voir si, dans ces conditions, le gaz suit la loi d'Ohm.

RADIOACI'IYITÉ. Sur 1(1 radioactivité des sels de potassium. Note de MM. Éiiii.k Henkiot et G. Vavoiv, présentée par M. J. Violle.

Les auteurs qui se sont occupés de la radioactivité des sels de potassium, N. Campbell et Mac Lellan, ont cherché à concentrer cette propriété par des fractionnements. I^e résultat a toujours été négatif. A la suite des recherches de l'un de nous précisant la nature du rayonnement du potassium, la question nous a paru devoir être reprise. Nous avons, dans ce but, mis en œuvre les procédés de fractionnement suivants :

Cristallisation fractionnée du chlorure;

a" l'récipitatioii répétée du chlorure en solution concentrée par l'acide chlorhy- drique gazeux ;

Précipitations répétées iIc sulfate de baryum dans une solution de sulfate de potassium.

Les produits de tète et de queue du fractionnement étaient comparés entie eu\ par la méthode électrique indiquée dans les Comptes rendus du 5 avril 1909. Une série de mesures efTecluées avec l'un des deux produits donne des nombres bien constants, dilTéraiit entre eux de moins de f^. La moyenne de six mesures, elïectuées sur les

SÉANCE DU .1 JUILLET 1909. 3l

produits de têle du fractionnement, dillère de moins de ,-5,,- de la moyenne obtenue dans ces conditions avec les produits de queue.

Ce résultai négatif confii'me donc les résultats de nos devanciers et rend de plus en plus probable l'iiypothèse que la radioactivité du potassium est bien due à cet élémenl et non à une impureté inconnue.

Dans un autre ordre d'idées, des expériences ont été effectuées pour voir si les rayons du potassium, possédant la pénétration des rayons p, sont déviables dans les mêmes conditions. N. Campbell a signalé qu'ils sont déviés dans un champ électrique. L'expérience suivante montre que dans un champ magnétique ce rayonnement se comporte comme un/ittr d'électricité négative et achève de les identifier à des rayons ^.

fS

sel de potassium

Une chambre d'ionisation lî, de jurandes dimensions, est fermée sur une de ses faces par une feuille d'étain F, et accouplée à un électroscope VVilson. La chambre d'iorii^ sation étant portée ii un potentiel de (juelques centaines de volts, ou observe un certain courant à l'ionisation spontanée de l'air de la chambre. Si l'on place en S une couche d'un sel de potassium quelconque, le courant est très peu augmenté par les rayons obliques, la direction moyenne du faisceau étant verticale et de bas en haut. En disposant la surface rayonnante entre les deux pôles d'un électro-aimant qui donne un champ normal au plan de la figure, on constate que, pour un certain sens du champ, le courant est très notablement augmenté.

32 ACADÉMIE DES SCIENCES.

On s'assure facilement que le sens du champ correspondanl à celle augineiilalinn de coiiranl esl tel i|u'il entre dans le plan de la figure. Ce sens est donc tel qu'il tend à rabattre vers la droite un llux d'élcclroiis négatifs primitivement vertical et iseu de S.

L'augmentation de courant obtenue ne dépasse pas i5 pour loo.

La surface disponible pour le sel entre les pièces polaires de rélectro-aimant est assez restreinte (i5'"'xi6'™) el les rayons accomplissent un long trajet dans l'air : ceci explique le peu d'intensité des eiïets observés. L'eflet, quoi(iue faible, est parfai- tement nel et ne s'est jamais produit pour le sens opposé du champ. On peut d'ail- leurs s'assurer que la dissjmétrie obtenue par lenverseinenl du champ n'existe plus en l'absence du sel de potassium.

Celte e.vpénence identifie donc d'une manière complèle les rayons du po- tassium à des rayons ^.

CHIMIE PHYSIQUE. Changements taulomériqites décelés à l'aide du poiwoir rolatoire magnétique. Noie de MM. P. -Tu. Mui.leii el M. Thouvexot, présentée par M. A. Haller.

Depuis quelques années on a recours, de plus en plus, ;\\\\ méthodes plivsico-cliimiques pour déceler les changements de conslilulion qui se pro- duisent sous des actions diverses, à l'intérieur des molécules. La réfraction, très sensible aux variations de struclure, nous a rendu de grands services à ce point de vue ("), surtout dans les cas oi'i nulle modilicalion de la couleur ne laisse soupçonner ce qui se passe dans la substance.

On sait que H. Beccpierel ( -) a trouvé une relation approchée entre la réfraction des divers corps liquides et leur pouvoir rolatoire magnétique; ces deux propriétés varient dans le même sens. D'autre part nous devons à Perkin de longues séries d'études, d'où il résulte cpie le pouvoir rolatoire magnétique est une fonction addilive, sans doute, mais sensible cependant aux divers changements de constitution.

Il était donc intéressant d'appliquer les mesures de pouvoir iv)laloire magnétique à certaines substances susceptibles d'exister sous deux formes taulomériques, de façon à nous rendre compte jnscpi'à quel point le procédé esl capable de déceler les transpositions moléculaires. Comme l'un de nous l'a fait observer ailleurs, la méthode doit être ii\.v'\c\.(i.men\. différentielle^ c'est-

(') Voir la bibliographie dans le Mémoire de MM. Haller et P. -Th. MuLt.ER, Ann. de Chi/n. et de l'Iiys., l. X\ , 1908, p. 289 et 295.

(-) Aitn. de C/iim. et de Pliys., t. XII, 1877, p. 35.

SÉANCIi: UU "i JIH.LET KjOf). 33

à-dirc qu'on ne doit coin]);iriM' (jiil- dos moh-cules seinhLdilcs, riiiic dt'iiviinl do l'aiilre par une niodilic;ilion (jui n'en allére qu'une faible parlii.'.

Nous nous sommes adressés d'une pari au cyanacélate de mélhyl el à son sel sodique, dissous dans l'alcool mélliylique; daulre pail à l'étlier acctylacélique et à son sel sodiqu"', au sein de l'alcool élliyliipie.

Les mesures ont loules été faites à la leiiipéraliire de 25".

Elles comportent :

Les dissolvants purs CM' OH : K i , Go.") cl C.^ll '< »ll : I! 2,766; Rdésigiiele pouvoir lolaloire moléculaire, rapporté à l'eau, tel qu'il est défini par l'erMii.

■î° Les alcoolales de sodium à diverses concentralions. Pour (lll'OiVa, /; étaut compris entre 16 et 20, H =;: 2,686 (moyenne de trois e\|)érieni'es). Pour C-H''ONa, p étant com|)ris entre 10 et 16, K=:z4i42i (niovenne de quatre expériences); /jdésigne le |)oids de substance dissoute dans iooi< de solution.

3" Lecvanacétate de méilivie pur, K = 4i339,etsa solution iTiéllivIiiiue : /> = 00 et ly ; R=4''^7' (moyenne).

L'éthcr acétylacétifjue jnir, \\ -(),.joi (d'accord avec Perkin), et sa solution dans l'alcool ; /) = 19 et ;'i9 ; K =^ 6,.')So ( moveiinc).

.1° Le sel de sodium de cyanacélate de métln le, en solution niétliylique ; p étant compris entre 14 et 29, H m r, 812 (moyenne de quatre e\|iériences ).

6" Le sel de sodium de l'étlier acétviacétique au sein de l'alcool; p étant compris entre i5 et 19, ^ ii,»..") (moyenne de trois expériences).

Les mesures 3" et nous montrent d'abord que la présence de l'al- cool niétliylique ou étiiylique n'altère pas pratiquement la rotation magné- ti<pie des deux substances (pTou y a dissoutes, pas plus qu'elle n'a (riiilluencc sur la réfraction mob'culaire (^ ' ). Les étliers cyanacétiquc el acétylacétique conservent donc la même constitution, qu'ils soient à l'clat di- licpiides purs ou fju'ils soient dilués en liqueur aIcooli(|ue.

Les alcoolales de sodium a\anl évidemment la même shiKiure cpie les alcools dont ils dérivent, il en résulte que la différence A, entre la rotation des alcoolales el celle des alcools représente sensiblement la ditl'érence rot. JNa rot. H ; les radicaux Odll^ ou OC- H' s'éliminent.

Pour le premier (dans l'alcool métliyliipie'), on a

A, -- 2,68() i,(3o5 := i,o3.

Pour le second A, = 'h '121 2,7(j() = i,G5 (dans l'alcool éliiyli({ue ).

Telles sont les valeurs normales de la différence rot. \a rot. H.

l'Hles sont comprises entre i et 2. Pour plus de siireté, nous avons aussi

(') A. Uam.kii et P. -Tu. Mui.i.eh, \iiii. dt- Cit. elilc l'Iivs., t. MIL 190S, p. 109. C. H., 1909, y Semeslie. (T. (At.lX, 1.) 5

3/( ACADÉMIE DES SCIENCES.

éludié l'acide cacodylique et son sel de sodium (corps normaux) (') dans l'eau cl dans l'alcool. Ici encore la différence A, est comprise entre i ("L 2.

Comparons maintenant à Taide des expériences et .j°, /(" et (>" les sels de sodium des substances tautomérisables avec leurs générateurs. Nous trouvons pour la différence \.^ (rjui devrait représenter rot. Na rot. II, s'il n'y avait pas transposition) :

Cyanacétate de méthyle : A., = 7,3i2 '1,37 1 = 2,(j'i (dans l'alcool mé- thylique);

Ktlier acélylacétique : A2= 1 1,25 G,58 = 4,07 (dans l'alcool étliy- lique).

Ces différences A.^, quidépassent de beaucoup les valeurs normales A,, iie pouvant provenir des atomes Na et H, indiquent un cliani^cinent de shuc- ture du radical organique quand la molécule passe à l'état de sel (- ).

(^omme nous l'avions prévu, la uu''tliode de la rolalion magnélique diffé- rentielle nous révèle licitement les variations conslilulives ; elle conq)lèle la méthode réfractomélrique différentielle, mais il faut ajouter (|ue, dans l'étude des solutions, elle exige des conceutralioiis plus considérables.

CHIMIE MINÉKALE. Sur les chk)rures de xiliciuiii. ^olQ àc ^{M. \. Hksson et L. FouKSiiiiit, présentée par M. Troost.

Dans une précédente Communication (■'), nous avons décrit un procédé de préparai ion des clilorures de Si de la série saturée par la décomposition par reflluvç <''li'clrii]ur île vapeurs de silicicbloroforme entraînées par un courant de II ; au pi'cmier abord, ce résultat paraît surprenant, car on serait plutôt conduit à peiisci' (|ue la déeonqjositiun ilcNrail se faire avec départ de H Cl d'après le mode

/(SillCI'nr «IICI + H(Si(.:i-),

de sorte qu'on devrait olilenirles chlorures de la série silico-éthyléniqne; l'expérience montre (piil n'en est rien et la l'orniation des chlorures salines

(') l'.-Tii. Mti.i.iiii cl \i\). iJAiiiit, Coniplcs ri-ndiis. i. GXXXVllI, igo'i, p. 1099. (^) La discussion cliimiqiie lelalive à i<i iialuni de ce changeinenl se liuuve dans le Mémoire déjà cité de Ilallcr ol Millier ( imi. de Cliirn. et de l'Iiys.. t. XV, njoS, p. 29Ô). ( ') Comptes reinUis. ■>.<) mars 1909.

SÉAiN'CE DU .") JUILI.E'I' 1909. '^D

ne pont, rlrs lars s'o\|)li(|ii(M' qu'avec un déiia^^MiienL do II :

2.SIIICI'=SIH_;i«H-2ll, 3SiIlCP=Si'CI»+2ll-t- MCI

Tanl pour vériluT (]u"il y avait dégagement d'hydrogène que pour éli- miner l'inlluencc |)ossil)le d'une atmosphère de ce gaz dans la décomposition, nous avons renouvelé l'expérience, mais en opérant dans une atmosphère dilTérente de H; nous avons pensé que le mieux serait d'o|iérer dans nn lent cdiiiant de gaz II Cl sec entraînant les vapeurs de SiHCl^

l/opi'i alimi iini'ia siii' emiron 2' de silicirlilordloriiie; nous consUilànies qu'il y avait eflectiveiui'iil un dégagement d'Iiydronène el que les produits ijl)teiuis étaient les mêmes ([ue dans une alnuisplière de M, c'est-à-dire (|ue les produits isolahles font pnilic de la série des chlorures saltu-és; peul-èlie se forme-t-il de petites quantités de |ii()duils volatils non siilurés, car le dosage du chlore dans les pi-oduils de fractionne- itK'iil iiileimédiaires entre Si-CI° el Si^CI* moiitienl nn délicit sensible (|ui peut être attribué à la présence de petites quantités de chlorures non salures.

Ce mode fondamental de décomposition de SiHCl' avec départ de H per- mi'llait d'espérer (in'on pourrait obtenir les chlorures de Si non saturés des siM'ies silico-élhyléniques et silico-acétyléniques par la décomposition par l'ernu-ve des composés Si H- Cl- et Si M'' Cl récemment découverts par nous el d'aiirès les modes

«siiPCi-=/((Sicr-) + «H% Si iim;i + «Si IPC|2= (Sici + nSiC\'-) + :n\ + nW.

l'Àanl dounées les dit'licultés de condensation et de séparation de ces pro- duits, nous avons pensé pouvoir soumettre simplement à l'action de l'efHuve les parties les plus volatiles de l'action de HCl sec sur Si amorphe.

Par nue réfrigéralion convpnal)le on ne laissait accéder à l'appareil à effluves ( l tubes réservoirs spéciaux en batterie) autant (pie possii)le que les produits plus volatils que SiliCP. Une certaine quantité de liquide se condensait dans l'appareil à effluves, une antre partie dans nn réfrigérant subséquent; le fractionnement des difl'érents liquides n'a pas permis d'isoli'i' de chlorures non saturés; nous n'avons pu en isoler que les chlorures salures SiHil'', Si'Gl", etc., avec la même restriction (jne celle faite précé- demment, à savoir (pie les produits intermédiaires présentent nn déficit notable er" clilore, ce V|ui cunduil à |ieiiser (pi'ils renferment de petites (piantités de chlorures non saturés.

La formation, au iiiniiis en quantité |)r('qi(indi'M'anle, des chlorures saturés dans cette opération peut s'interpréter en admetlaiiL que IICI qui se trouve en grand excès dans les produits gazeux atteignant l'appareil à effluves peut jouer nn certain rôle et subir en présence des chlorures de Si hypothétiques cherchés une décomposition en H el Cl

'M'y ACADÉMllî DES SCILCNClîS.

qui viriil satiiiL'i- ceii\-('i; il serait aussi |)ossil)le (|iie les coiii|)osés SiH-(.>l- el SilKlP lie sul)isseiU pas la (lécniupûsilloii île la pail de Teflluve, car il faut reiiiar(jiier (pie, sur les quatre tubes à eilluvesde noire appareil, seuls les tleu\ premieis fonctioniienl d'une façon active, et cependant on constate qu'une quantité iiiiporlante de composés siliciés s'écliappeiit de l'apiiareil au sortir du réfrigér.int de ([ueue.

(^uoi qu'il en soit, nous nous jji'oposons de i^eprendre cet essai, mais en condensant au préalable les composés hydiocliloi'és avant de les dii-iger dans l'appareil à eftluves; ce qui rend vraisemblable la formation de chlo- rures non saturés aussi bien dans l'effluvation de Si H Cl' (jtte des autres composés hydrochlorés, c'est que les résidus jaunes ou bruns de la sépara- lion des éléments volatils du pioibiil jinil présentent une composition voi- sine de Si" Cl' et Si'C^l', ce (pii [)oi'te à croire (pi'il s'y trouve des cliloitires non saturés.

Nous avons pti obtenir la série des chlorures saturés par un autre pro- cédé, à vrai dire moins onéreux, mais moins rapide que celui au silicochlo- roforme; il consiste à soumettre à l'effluve un mélange de H sec clde vapeurs de Si Cl'.

La réaction semble limitée; car, malgré l'emploi d'un excès d'H, une assez forte proportion de Si Cl'' y échappe; néanmoins, par une opération prolongée continûment pendant un mois environ, nous avons pu obtenir en partant de 2' de Si Cl' une assez grande cjuantité de produit; de plus, cer- tains termes de la s(''rie des chlorures saturés s'y trouvaient en proportions diiférenles de ce qu'ils étaient dans la décomposition de SillCl^; c'est ainsi que le chlorure solide correspondant à la composition Si'MJI' ' faisait presque coiTiplèlement di'Taut, tandis que les deux termes précédents y étaient assez abondants; cette circonstance nous permet de recliner et de jH-éciserquehpies points de leur histoire.

Le corps liquide oléagineux (pie tious avons signalé comme distillant vers iJo"sous pression de i.V'"" et auquel nous axions attribué la composition Si'Cl'- est, en réalité, le terme précédent Si'CI'" que nous croyions man- quer à la série, et son point d'éhullition est de r49°-i5i" sotis i 5""" de pres- sion; quant au chlorure Si^CI'-, c'est un liquide très visqueux tpii distille vers i<)o'' sous la même pression de i5"""; nous avons pu l'isoler en assez grande quantité.

(^)tiant au résidu (jui reste a})rès distillation au bain de valvoline vers 200", c'est un corps solide, jaune vitreux, ne présentant pas de compo- sition délinie; il semble être un mélange de chlorures qtic nous n'avons pas pu séparer.

SÉANCIL DU J JUILLET 1909. 87

CHIMIE MINÉRALE. Sur une nomelle méthode (l'isolrnieut de la terhine. Note de M. (i. Ukbaix, présentée par M. A. Haller.

La terbine, qui m'a permis de donner la définition complète et rigoureuse du terbium de Mosander, avait été obtenue en fractionnant au moyen de l'ammoniaque diluée un mélange de gadolinium et de terbium ('). Dans ces conditions, la terbine, base plus faible que la gadoline, précipite en premier.

Celle mélliode esl 1res péiiihlt' à cause des filtralions, des lavages el des concenUa- lions imillipliés qu'elle com|)oile. Je suis paiveiui au même lésullal avec beaucoup moins de peine, bien qu'au bout d'un temps plus long, par une mélliode de criblaliisa- lion qui rappelle par son principe le procédé qui nous a permis, à M. Lacombe el moi {-), de séparer rigoureusemenl l'europium du samarium.

J'ai montré antérieurement (') que, par la solubililé de ses sels isomoi|ilie5 avec les sels correspondants des terres rares, le bismuth se place constamment entre le sama- rium el l'europium. D'autre part, l'ordre dans lequel les terres rares se séparent les unes des autres par dill'érence de solubilité est indépendant de la nature des sels. Gel ordre de sérialion esl le suivant :

Lanthane. Europium. ^Itrium.

Cérium. Gadolinium. Erbium.

Praséodyme. Terbium. Thulium.

Néodvuie. Dysprosiuin. Néoytlerbiiim.

Samaiiuin. llolniiuiu. Luléciurn.

Mais, dans certains cas, la série se replie sur elle-même. C'est le cas des nitrates simples à V""' d'eau, par exemple, parmi lesquels le sel de gadoli- nium est le moins soluble de tous. Ces nitrates se classent de telle sorte que le néodyme se retrouve avec l'erbium (' ), et le cérium et le lanthane avec le néoN tlerbium et le lutécium dans les fractions les plus solubles.

Ce reploiement de la série rappelle le phénomène de la dispersion ano- male. J'ai pensé qu'on pourrait en tirer profit pour la séparation de (juehjues terres rares les unes des autres, en faisant intervenir le bismuth comme élémeni séparateur .

( ' ) G. Urbain, Complus rendus, t. C-\L1, p. Sar.

(-) G. I^Irbaix el II. Lacombk, Comptes rendus, t. C\\\\ 11, p. 792.

(^) G. l KBAIN, Journal de C/iinu'e p/iysi'/ue, 1906, p. 3 1-66.

(') E. Dkjiarçaï, Comptes rendus, t. C\XX, p. 1021.

38 ACADÉMll- DES SCIENCES.

(__)iielques essais préllinliiaires ( ' ). efTectiiés sur des mélanges iloiU Ions les termes (|iii précèdenl le gadoliiiinm avaient été éliminés an préalable, m'ont inonlré (|iie le nitrate de bismuth Bi ( NO^)'.5 H-0 est pins solubiedans l'acide nitrique que le nitrate de gadolinium Gd(NO^)^ 5 H- O et moins soluble que le nitrate de dysplo^innl I)y(NO')'. 5 H-0. Le nili-ate de terbium paraissait, en piemiére analyse, avoii- la même solubilité que le nitrate de bismuth. Des expériences prolongées riront montré récemment que le iiiliuli- de liisniulh est un peu moins soluble que le nitrate de terbium, de sorte qu'en ajoutant de grandes quantités de nitrate de bismuth au\ mélanges et en soumettant le tout à la cristallisation méthodique, pendant un temps suffisant, on parviendrait à séparer rigoureusement le gadolinium du terbium.

En fait,, je n'ai pas oblenu tout à f'ail un i-ésultat aussi l'cinanjiiable. Lorsque j'ai cru l'avoir atteint, la fraction la plus pure de hisinulli renfer- mait encore 4 millièmes de terbiuin environ. Dans les fractions siii-vanlos, la proportion de terbium augmentait lentement.

L'examen des spectres d'arc m'a montré que cette nouvelle méthode, très différente de celle que j'avais d'abord employée pour l'isolement du ter- bium, donnait rigoureusement la même terre, et qu'en conséquence il nv a pas lieu de suspecter l'homogénéité de cet élément. Ces observations con- firment ce que nous avions déduit, M. Jantsch et moi (-), du dosage de l'oxygène disponible dans le peroxyde de terbium Tb'O'.

Avec les trois fractions oii la proportion de terljine était suffisante pour permettre de faire des mesures magnétiques, j'ai effectué de nouvelles déterminations du coefficient d'aimantation du sesquioxydede terbium dont les valeurs concordent pratiquement avec celles que nous avions déjà obtenues M. Jantsch et moi (^). Ces nouvelles mesures sont particulièrement concordantes :

Fractions. a:.io".

11 342,7

12 9.42,5

13 243,9

J'ajouterai que la méthode qui vient d être décrite assure une bonne séparation du terbium et du dysprosium, parce qu'elle permet de réduire à un minimum les mélanges intermédiaires : l'excès de bismuth repoussant le dysprosium vers les queues du fractionnement et retenant les petites quantités de terbium qu'il est si difficile d'éliminer parles autri's méthodes.

(') G. Urbain, Journal de. ChiDiie physiriiii'. i()o6, p. io5-i22.

('-) G. Urbain et G. Janstiiii, Compte!; rc/u/tis. t. CXI^VI, p. 127.

(') G. Urbain et G. Jx.NsrcH, Comples rendus, t. C\L\ II, 38 décembre 1908.

SÉANCE DU ") JUILLET 1909. 3g

Vil sujet (le certains résullals conleims dans celle Nnle, je dois signaler ijiie M. Sle- pliaii Weyei- [Sitz. lier. Il ien. A/.ai/., ao janvier igoa), a}aiil reçu de Deiiiarray du saiiiariuni et de reiii(]|iiuiii, aviiil reclifié de lui-même ses |)iemiéres conclusions et avait constaté que le [jaraniagnélisme des terres rares admet deu\ nia\inia. ruii dans la série cérique, l'autre dans la série vlLrif(ue. Je recaimais Ijien volontiers ranlériorité de M. Sleplian Meyer dont la deuxième Note m'avait échappé.

CHIMIE ORGAiMQUE. Sur l' oxydation des aldéhydes pur l'oxyde d'argent. Note de MM. Marcel Deléi>ixe et Pieuke Iîonmît,

présenlée par M. Ilallcf.

Depuis le jour Liebi;^- (') découvrit la IransCorinatiou de i"aldchyde acétique en acide sous l'iniluence de l'oxyde d'argent en présence de Teau, cette importante réaction a été utilisée dans des circonstances extraordinai- rement variées quant aux proportions, à la température, au milieu, aux conditions du mélange, etc.; cependant la pliq)art des auteurs recom- mandent l'emploi d'un oxyde récemment précipité et bien lavé. Nous ne pouvons ici rapporter tous ces détails qu'on tiouveia ailleuis.

Nous nous sommes proj)Osé de simplifier et d'uiiii"oruiiscr ce procédé d'oxydation. Tout d'abord, il nous a [laiu que la recommaiidalioii de prendre un oxyde d'argent t'raicluMuent préparé deviendrait superllue si l'on produisait cet oxyde, au moment même de la réaction, dans le milieu réagissant.

C'est ce qu"on réalise eu ajimlanl directement du nitrate d'argent dans une soluliuu aqueuse d'aldéhyde, suflisamment alcoolisée, s'il est nécessaire, pour ([u'il n'y ail point séparation d'aldéhyde, puis mêlant peu à peu par fractions égales toutes les 5 ou 10 iiiinutes, en l'espace de 2 heures, à Iroid et en agitant -ans cesse, une base

dissoute (soude, potasse et mieux baryte à J en dose capable non seulement de

libérer l'oxyde d'argent, mais encore de neutraliser l'acide organique formé.

On laisse ensuite en contact pendant 1 -^ heures ou plus; on filtre en lavant le mêlai réduit; on fait passer dans le filtrat un courantde gaz caibouiipie pour salifier l'excès d'alcali (qu'on met ordinairement); on distille l'alcool, si l'on en a mis; un conceB4r4=«- ou non suivant qu'il s'agit d'acides organiques plus ou moins faciles à extraire; en tout cas, on a une solution qui est prête [lour l'extraction de l'acide cherche. Avant de l'acicluler ou de la concentrer, il y a souvent a\aiilage ;i ré|)uiser a l'êtlier qui enlève des pr(.)duits neutres.

(') J. I.iEisni. iiin. (ItT l'Iiann... l. \IN . iS:!5, p. i^o.

4o ACADÉMIE DES SCIENCES.

IjU rwictioii llié()ri(jii(' scrail l;i siiivaiUc (avec la soude) :

l'v.ClK > -I- aNO'Aj; 4- 31\a(_)ll - H.CO-Na + 2Ag +- -.ND'Ma + oAVO,

mais il est souvent prétérable rrcniployer un excès de nilrale (rari^M-nt avec la dose correspoudaule de base

R.GIIO-H(2 4-/0NO^Ag + (3H-«)NaOJI

= RCO^Na + 2Ag + (■>.-{- «)NO'Na + alI'O + « AgOII.

Eu jualique, nous avons ajoulé quelques cenliuièlres cul)(;s de solution alcaline en excès et nous avons fail n = o,i à i ; ce qui revionl à employer un excès d'oxyde d'ari;enl (pii assure la terminaison de l'oxydalion. Voici ce (jui est censé se passer dans la l'èaclion théorique :

Au déijiil, jusqu'à ce qu'on ail ajouté a'""' d'alcali, la réaclion se fail entre Ag'O précipité et l'aldélivde, ce qui oxyde les ^ de ce dernier selon l'équation :

3R.CH0 + 3Ag-0 = 2RC0'=Ag -+- R.CHO ( inaltéré) + 4 \g + IIH).

Si Ion ajoute alors le troisième équivalent d'alcali, il précipite celle fois l'oxyde d'argent du sel organique d'argent, en dose capable d'oxyder le J- d'aldéhyde restant, pendant qu'il salure lui-même l'acide organique déjà existant et à venir :

i(2R.C0 = Ag-(- R.CUO) + NaOH = RCO"-Na -1- 5 Ag + :; 11=0.

S'il y a un excès de nitrate d'argent jiar rapport aux doses lliéoriquc;, le moment le métal alcalin se substitue à l'argent du sel organique d'argent est tout simplement retardé, mais en aucun i:is on n'a d'iilrali lllue en grande quantité, caj)alile de nuire à l'aldéhyde.

En fait, l'expérience a confirmé ces inductions et nous avons ainsi pu oxyder à froid, avec d'excellents résultats, sans précipiter d'avance l'oxyde d'argent :

L'aldéhyde crotonique (acide l)lanc du premier jet; rendement, [)o-cp pour loodela théorie); l'aldéhyde pyromucique (acide blanc du premier jet ; rendement, 90-9^ pour loode la théorie) ; l'aldéhyde (?H'-()-, dimère de l'aldéhyde crotonique (ac. tantôt blanc, tantôt jaune; rendement brut, 80 pour 100 de la théorie); l'aldéhyde méthylène-'), i-dioxyhydralropique (ac. en cristaux jaunâtres; rendement brut, 90 pour 100); l'aldéhyde dimé- thoxy-2.'^-méthylènedioxy-4.5-hydratropique(ac. à peine jaunâtre, en dose presque théori(|ue) ; le citral (rendement de 70 pour 100 de la théorie en acide distillé pur).

Nous nous sommes assurés, en outre, qualitalivement et sans nous préoc-

SÉANCE DU 1 JUILLET 1909. ^I

cuper du rendement, que les aldéhydes acéti(]ue monocliloré, honzoïciue et salicvlique se laissaient aussi oxyder très facilement.

La iiiélliode nous paraît donc devoir s'ap|)li(pi(M' avanlaL;i'iiseincnt dans un noad)rc considéral)le de cas ; en se repurlant aux Vl/'uioires relatifs à ceux des composés précédents qui ont été déjà préparés, on verra même que nos rendements sont meilleurs ou nos produits plus lilancs. Pour l'aldéhyde C^H'-Q-, la méthode à Tazotate d'argent et baryte donne seule de bons résultats.

Une précaution à prendre est de faire toujours un petit essai prélimi- naire. Il y a, en effet, des aldéhydes comme l'aldéhyde C^H'^O- ou l'aldé- hyde benzoïque, qui paraissent rester prcscpie inattaqués tant (ju'on n'arrive pas à avoir de la base soluble en présence de l'aldéhyde. Dans ce cas, que l'on reconnaît ii ce (pie l'oxyde reste longtenqis brun sans noircir, il est possible de hâter un peu l'addition des ('2 -l- /^) premiers é(piivalents d'alcali pour ajouter beaucoup plus lentement le dernier.

Ce que nous avons surtout voulu faire res.sortir, c'est (pi'à froid l'oxyde d'argent transforme facilement les aldéhydes en acides, que la présence d'un nitrate ne nuit pas aux opérations et qu'il est inutile de préparer l'oxyde à l'avance en le lavant soigneusement, comme on le recommande si souvent.

CHLMlE BIOLOGIQUE. L' hydrolyse lliioritydrique des matières protéiques : noiweaux résullats. Note de MM. L. IIu«ol'.\e.\q et A. Mokei,, présentée par M. Armand Gautier.

Pour préciser les résultats publiés par nous sur l'hydrolyse des matières protéiques par l'acide fluorhydrique, nous avons répété des expériences qui nous ont permis de compléter sur [)lusieurs points les conclusions aux- quelles nous étions arrivés dans l'étude des nucléoprotéides stomacales.

C'est ainsi que l'acide fluorhydrique se comporte diversement vis-à-vis des protéides d'origine et de résistance dilférentes.

Avec des matières déjà modifiées par la cuisson, telles que la gélatine, l'acide fluorhydrique à i5 pour 100 réalise une décomposition complète avec mise en liberté d'acides amidés. A des concentrations supérieures à 20 pour 100, l'acide fluorhydrique donne avec la gélatine des polypep- lides de plus en plus compliquées à mesure que la concentration augmente.

Dans une série d'expériences, nous avons, en effet, attaqué au bain-marie,

C. R., 1909, >• Semestre. (T. CXLIX, 1.) t)

42 ACADÉMIE DES SCIENCES.

jus(ju"<'i dispai'iLiou de lu léaclion du lùuret, de la i^clatine coinineixiale hlaiiclie par six fois son pt)ids de H Fi à i5, à 20, à3o, à_ 35 et à 45 pour loo, et nous avons eonslaté (jue :

I" L';i<-ide à pour 100 hydrolyse complètement la gélatiae, comme l'indiquenl le liliai;e au formol, par la méthode de Sôrensen. de l'azote libéré el surtout l'absence coiislatée de peplides accompagiianl les acides amidés.

2" L'acide à 20 ou 3o pour 100 donne encore beaucoup d'acides amidés libres, mais ceux-ci sont accompagnés de dipeptides et de tripeplides.

L'acide à 35 pour 100 et au delà donne peu d'acides amidés, car il respecte des polypeplides plus compliquées, que nous avons réussi à extraire el à étudier par la mise en évidence de leurs constituants libérés par une hydrolyse plus profonde. Une de ces peptides nous a fourni cinq acides amidés : arginine, lysine, phénylalanine, alanine el glycocolle.

A la concenlralioii de '\b pour 100, l'acide fluorhydrique ne donne plus de dia- mines libres, même après une chauffe prolongée.

Ces nouvelles recherches confirment Texislence des peplides dont nous avons signalé et identifié les dérivés cristallins. Mais la question se pose toujours de leur origine analytique ou synthétique, naturelle ou artifi- cielle.

Pour résoudre celte question, nous avons chauffé divers acides amidés avec HFl à 20, à 3o, à 45, el même à 60 pour 100. En aucun cas, ces com- posés n'ont subi d'anhydrisation ou de condensation.

Le glycocolle, chauffé 12 heures avec HFl à 3o pour 100 ou même à 45 pour 100, ne donne ni givcylgiycine, ni diacipipérazine.

Chauffée pendant 6 heures avec HFl à 60 pour 100, l'arginiue ne fournit pas d'argi- nyl-arginine; de même la lysine n'est pas modifiée par une chauffe de 12 heures au bain-maiie avec HFl à 00 poui- joô.

Ces expériences démontrent que HFl, aux coucenlralions qui permettent de libérer ces peptides, ne condense pas les acides amidés isolés.

Il ressort de cette étude que :

I" En choisissant convenablement le degré de concentration, on peut obtenir avec l'acide lluorhydri(|ue, graduellement, à la température du bain-uiarie, une s(''rie d'échelons dans l'hydrolyse des matières [MOtéiques. I^es acides c<^ucentrés hydrolyscnt beaucoup moins profondément que racid(.' à i) (Ml iiS pour 100 et donnent suitotil, ou même exclusivement, clés [leptiiles.

2" Les peplides libi.'i'i'es [)ar 11 FI coucentié ou par une chanllé insulli- saniiiKMit prolongée avec des acides convenabli'ineiil dilués re[)réscntent bien des complexes naturels préexistants dans les molécules protéiques.

SÉANCIi: DU ") JLII^LET I909. 4^

3" Il nous a été possible d'engager cerlaines de ces peptidcs simples dans des combinaisons cristallisées (nitrates, picrates, picrolonates).

4" Enfin, l'acide lluorhydri(|ue se comporte comme un réactif suscep- tible de mettre en évidence non seulement des acides amidés libres ou com- binés entre eux, mais d'autres constituants appartenant à la série des dérivés aminés, les uns réducteurs, les autres non réducteurs, du groupe des sucres. Nous décrirons dans une prochaine Note ces corps, que l'acide fluorhydrique nous permet d'extraire parce qu'il les respecte mieux que les autres agents d'hydrolyse.

MINKRAI^OGlE. Elude des principaux gisements de roc/irs alcalines du Soudan français. Note de M. (i. riAROK, présentée par \I. A. Lacroix.

Des roches de la famille granitique, d(!s granités, des micrograniteset des rhyolites, ont été signalées dans un cerlain nond)re de points du Soudan français elles apparaissent au milieu des sables. Toutes sont alcalines et leur ensemble constitue une province [létrographiipie très nette.

■l'ai explor('' tous les gisem(mts déjà connus et j'en ai découvert de nou- veaux, .l'en ai rapporté un grand nombre d'échantillons de roches que j'étudie au lalioratoire de Minéralogie du Muséum. Dans la présente Note, je me propose de coorfionner les observations antérieures (' ) et de les com- pléter par celles que j'ai faites moi-même.

Mounio. J'insisterai d'abord et surtout sur le Mounio (pii possède à la fois, et c(')te à ci'ile, les (rois tvj)es sti-uchirels désignés plus haut.

Le Mounio est une petite région, de nature granitique, f|ui est située à une centaine de kilomètres à l'est de Zinder et à joo'"" environ en deçà du Tchad. 11 mesure 70''"' à 7.)''" de long du Nord au Sud, sur 30"*"' à 35'"" de large, et ses points culminants dominent de loo"" à tSo"" la plaine sablon- neuse environnante. L'érosion, autrefois très active dans le Soudan, et aujourd'hui nulle, a découpé, a isolé dans le massif du Mounio un grand nombre de buttes et de di'mies.

1. J'ai trouvé le granité à œgyrine et à rieheckite sur d'assez vastes espaces, en deux points du Mounio, dans les environs de Tchilchiga à l'Ouest, et à côté de Diri-

(') Les rhjolites d'itadjer el llamis (L. Gentil); les micrograniles de Gouré (A. Lacroix) ; les granités de Zinder (Foureaii et L. Gentil); les rliyoiites de (iabana ( L. Gentil et l'reydenberg).

4/| ACADÉMIE DES SCIENCES.

koa au Sud-Esl. Ce gianlle. qui esl tantôt à graiuls cléments, laiitùt à grain moyen, se présente d'ordinaire dans les parties basses, les plus érodées; cependant, il foime par- fois quelques buttes pouvant atteindre .)o"' de hauteur. C'est un granité semblable, d'après réclianlillon que m'a remis le lieutenant de vaisseau Audoin, qui forme le petit massif de Macliéna, à une Ircnlaine de kilomètres au sud du Mounlo, dans la Nigeria anglaise.

2. Le microgranile ù (t\:;yrinc, dont le type est à Gouré, à lui seul constitue le massif du Mounio presque en entier, l^arfois il forme des buttes, aux arêtes vives, au pied desquelles sont accumulés de nombreux blocs éboulés. Le plus souvent, il consti- tue des dômes surbaissés, ordinairement coiffés par des blocs ronds qui donnent à la région l'aspect des paysages granitiques.

Dans une préparation de microgranite pris au sud de Gouré, j'ai observé une enclave de lamprophyre très riclie en mica.

Le massif isolé de Mia, au sud-est du Mounio, est également constitué par du micro- granite. On peut le considérer comme une apophyse de ce dernier, dont il est séparé par la zone déprimée de granité à aîgvrine et à riebeckite des environs de Dirikoa.

3. En outre de Gabana, où, le premier, M. Freydenberg les a signalées, j'ai encore observé les rhyoUtes en plusieurs points du Mounio, à Guédio dans le Nord-Ouest, tout près de Gouré dans le Noi-d-Esl. à Dirikoa dans le Sud-Est, etc. K Gabana, la rhyolite se présente sous la forme de pointements, de dykes. Elle sest fait jour à tra- vers les niicrograniles qui existent tout autour et qu'elle domine.

Les sables empècheiU de voir si le fort poinlement rhyolitiqiie de Dirikoa traverse, comme il est permis de le supposer, les granités à aîgyrine et à riebeckite qui affleurent tout près.

Près de Gouré, à /,''m-5''"> au nord-ouest de ce village, la rhyolite, qui forme un massif assez important, se monlre très nettement incluse au milieu des microgfanites. Sur son rebord septentrional, qui esl recouvert par en- droits, comme d'une carapace, par une brèche de friction, elle surmonte une plate-forme microgranilique. Vers le Sud, au contraire, elle s'enfonce sous le microgranite qui la domine de plus d'une trentaine de mètres.

l'infin, à (juédio, tout à fait à rextrémité nord-ouest du Mounio, la ihyo- lile se montre à la base d'un gros massif de microgranite et forme un éperon qui s'avance dans la plaine, au milieu des sables. Là, elle s'est fait jour à travers les microgranilcs dont elle renferme un grand nom))re de petites enclaves.

Toutes les roches alcalines du Mounio possèdent la parlicularili; de nOllVir aucune trace d'action mécanique.

Par contre, j'ai trouvé à une (piinzaine di; kilomètres au nord de cette région, sur le chemin de (îouré à Dellacori, dans le Koulous, des roches à faciès gneissique présentant des piiénomènes d'écrasement remanpiables. Ces dernières pourraient bien être des orthogneiss résultant du laminage de

SÉANCE DU ■) JUILLET I()Of). ^5

roches oruptives qui, dans ce cas, apparlicndraient à une série dinéreiitc de celle étudiée plus haut. Ce sont, en eflet, des roches à deux micas, grenati- fères, ou des roches quartzeuses, riches en hypersthène.

Gamedou. A une centaine de kilomètres à Test du Mounio, en plein Manga, à côté du village de (iamedou, j'ai étudié deux petits poinlements très intéressants, qui émergent à peine des sables et que le capitaine Tilho m'avait signalés. L'un est formé par de la rhyolite et se termine par une aiguille de près de lo'" de haut. L'autre est constitué par un microgranite à a'gvrine, dans lequel il existe de la fayalite malgré rextrème acidité de la roche.

Région de Zinder. Le massif granitique de Zinder est le premier Ilot de roches cristallines qu'on rencontre en allant du Niger au Tchad. Il est formé par des granités, principalement par des granités à a^gyrine et à riebeckite, ces granités étant à grands éléments comme à Zinder même, ou à grain moyen. M. Foureau a signalé, à la sortie de Zinder, dans une carrière, un petit aflleurenienl de rociie trachytique que je n'ai pas pu retrouver.

Au Sud et à l'Ouest, ces granités émergent au milieu de sables ou d'argiles sableuses cjui leur sont postérieurs, tandis que, vers le Nord et vers l'Est, ils apparaissent entre les buttes de quartzites qui se dressent dans toute cette région.

Iladjer el Hamis. Les pointenients rliyolitiques d'Hadjer el Ilamis au sud (lu Tchad, paraissent constituer des dykes. Il est vraisemblai)lc (pie, en profondeur, la rhyolite est associ(!'e, comme celle du Mounio, à des niicro- granites, car j'ai rencontré dans sa masse de petites enclaves de ces der- nières roches très riches en ;cgyrine.

J'étudierai ultérieurement les particularités mlnéralogifjues et ciiimiques de ces diverses modalités d'un même magma éru}>tif.

CHIMIE VÉGÉTALE. Sur l élahoradon des matières phosp/iorces el des subslances salines dans les feuilles des plantes vivaces. Note de M. il. A\diu':, présentée par M. Armand Gautier.

J'ai récemment étudié (^Comptes rendus, t. CXLVUI, p. i685) les varia- tions de l'azote dans les feuilles du châtaignier à diverses périodes de leur développement. Je donne, dans la présente Note, l'étude parallèle des variations de l'acide phosphori(jue et des matières salines.

46 ACAUKMIIÎ DKS SCIENCES.

I. I^e phosphore lolal, cak-iilé m acide pli()sphôrii|iio l'O'lI'', (pie con- tiennent les feuilles du châtaignier à diverses périodes de leur dcveioppc- nieut, est représeiilé par les chi lires suivants :

PO' U'. l.i IHili l(|^^^. Tijuill. ijjllillcl. l^ilulU. U Sf|jl. -.i") tPlI.

l'oiir ii)a de imuiùi e si'clie . . 1,22 o,()3 0,61 0,81 0,76 0,74

On (il)serve donc, ;i la dale du 1 5 juillet, iimc diinliiiilion luilahle do l'acidu plios- ])iiorifiiie, correspondant précisénient à l'époiiiio de la niiijiatloii de l'azote vers les organes llorauv.

Les phosphates soluhlcs, qu'on pourrait appeler //»V?era</.r (phosphates alcalins), qui préexistent tels quels dans la feuille ou ([ui sont engagées dans des combinaisons peu stables, sont d'atitanl |)lus abondants dans cet organe que celni-ci est plus jeune.

On \érifie le fait en épuisant d'alxiid pai' l'élliei' ci Talcool chauds, puis par l'eau Ijduillaiile, les feuilles sécliées dans le vide et pul\ érisées. Les pi-oporlious d'acide iiliospliiiiique qui passeni dans l'eau bouillante sont les sui\anles (pour 100 parties de P()''IP lolal, aux périodes ci-dessus Indiquées) :

19,67 aS.So 19,34 4.44 0-7' 2,56

Entre le i5 juillet et le 17 août, on observe donc une brusque diminulion de l'acide phosphoriquc soluble dans l'eau : au delà de cette époque, les phospliales solubles n'existent plus qu'en faible quantité. C'est aux dépens de ces phosphates solubles dti début ([ue se fornienl les léeithines et les nu- cléiues. Le maximum de production des lécilhines semble coïncider avec le milieu de la période de végétation ( i '> juillet ). Voici, à cet égard, ia teneur en phosphore (calculé en l'O'll^) de l'extrait obtenu en épuisant les feuilles séchées dans le vide par Téther et l'alcool bouillants (phosphore des léeithines) :

l'O'H^ i:i iiiiii. ij jiiilli'l. 1; ;ioùt. l'i oclolirc.

Dans 100 parties de matière sèclie 0,16 o,i3. 0,10 0,06

» 100 parties de PO'iF total i.'i.rr 3r,47 12, 34 8,10

Les parties solubles dans l'éther et l'alcool bouillants ne renferment pas seulement les léeithines proprement dites, mais aussi des phosphnlides : c'est par ce terme cpi'on peut désigner, comme Winterstein et lliestand, les complexes phosphores qui paraissent résulter de Tunion des lécilhines avec certains hydrates de carbone (pentoses et hexoses) qu'on rencontre

SÉANCE DU .') JUILLET I909. 4?

dans beaucoup d'organes végétaux. La len'Hu- des feuilles en plios[)lialides est toujours plus élevée à Tépoque de la lloraison; elle diminue en lin de végétation.

Si, comme le veulent (piehjues auteurs, les lécithines jouent un rôle dans la combustion respiratoire des graisses, il n'est pas étonnant d'observer leur diminution avec les progrès de l'âge alors que les phénomènes de res- piration se ralentissent peu à pmi. I)"autro pari, d'après nue opinion assez commune, les lécithines produiraient une accélération des phénomènes osmotiques, principalement en ce qui concerne les albuminoïdes. (Jont'or- mément à cette manière de voir, on observe une propoition élevée de lécithines à l'époque les albuminoïdes que la feuille a élabon's leudenl à quitter cet organe, après soluhilisation préalable, pour se diriger soit vers les organes floraux, soit vers les bourgeons terminaux destinés à fournir le rameau de l'année suivante.

II. Les feuilles du châtaignier se conduisent, partiellement au moins, au point de vue de la migration d<'s matières salines, coninn' des feuilles de plante annuelle à végétation rapide. (_)n trouve, en elTet, dans 100 paitiesde cendres, les proportions suivantes d'éléments fixes :

i3 iii;ii. c > juin. 1 '1 juillet. 17 aoi'it. >i scpl. rj octoljro.

PO '11' ;îi,9-^ 16, ")3 i'i'9 '4>'9 ii>7"> i3,.")3

CaO 11,32 '(,93 '9'^9 2.5, 8-2 26, i4 '6,07

MjiO 1.5, SS! 19,53 ■2'î,J'j 26,68 26,54 25,18

K'0 26,72 26,12 26,33 24,55 21,87 90,24

Ainsi, la chaux et la magnésie, comme on l'observe le plus souvent, s'ac- cumulent dans les cendres en cpiantités d'autant plus grandes que la feuille est plus âgée. La potasse diminue de fa(;on régulière au furet à nuîsure des progrès de la végétation. Cependant cette base figure encore pour un cbiflre élevé à la date du 25 octobre. (,)uant à la silice, elle éprouve des variations peu sensibles et parait, au moins dans l'exemple actuel, n'entrer dans la composition des cendres que pour une faible proportion (^ Si (_)- dans 100 par- ties de cendres au i3 mai : 4,7-^; -ti ^ J octobre : '],GS).

Il faut également noter la faible teneur en matières minérales lolales àQs' feuilles du châtaignier à tous les moments de leur évolution et les variations peu accusées que présentent ces matières minérales en comparaison de la teneur toujours assez élevée en cendres des feuilles de plantes annuelles :

Gendres lolales dans 100 pallies de uialiére

sèche (mêmes époques que plus liaiiL). .. . 4>92 5,63 3,26 5,12 6,47 5,i)i

/|8 ACAUÉMIlî DES SCIENCES.

En résumé, on voit que la leneiir des i'euilles en acide phosplioriquc subit une diminution marquée correspondant à l'époque de la migration de l'azote vers les organes lloraux. Les phos[)liates solubies dans l'eau (phosphates minéraux) sont d'autant plus abondants que la feuille est plus jeune; la proportion des lécithines est d'autant plus élevée qu'on se rapproche davan- tage de la période de floraison : les lécithines semblent jouer un rôle dans les phénomènes osmotiques qui, à cette époque, favorisent le passage de l'azote des feuilles vers les organes de reproduction. On remarquera égale- ment (pie la pro])ortion centésimale des matières salines est assez faible et assez unil'oi'me pendant toute la durée de l'existence des feuilles du châtai- gnier. Ces matières sont particulièrement pauvres en silice, contrairement à ce qu'on observe chez beaucoup de feuilles, tant de plantes vivaces que de plantes annuelles, dans lesquelles la silice s'accumule en quantités souvent considérables au voisinage de la période qui précède leur chute.

CHIMIE VÉGÉTALE. .S"(//- deux noin'eaux hydrates de carbone retirés de V asperge. Note de M. (iEoisiiES Taxrkt, présentée par M. Armand Gautier.

LJn plant d'asperge, sous le climat de Paris, commence à émettre fin avril ses bourgeons, ou turions, (jui, comme on le sait, constituent la partie comestible. Comme on les coupe pendant près de deux mois consécutifs à mesure qu'elles sortent de terre et que par conséquent l'assimilation chloro- phyllienne n'intervient pas pour subvenir aux frais de cette poussée con- tinue, il faut admettre que la partie souterraine contient d'abondantes substances de réserve. En cherchant à déterminer leur nature, j'ai trouvé, à côté de saccharose et de sucre interverti, deux hydrates de carbone nou- veaux que j'appellerai asparagose e\. pseudo-asparagose.

AsPARAGOSK. Préparation. Les racines d'asperge, recueillies de février à avril avant la poussée des turions, sont lavées, pilées rapidement et bouillies avec 2 à 3 fois leur poids d'eau. Le liquide evprimé est déféqué d'abord à la baryte qui précipite la pectine, puis au sous-acétate de plomb. On élimine l'excès de plomb par SO'*H'^, on neu- tralise à la baryte et l'on concentre à douce température jusqu'à ce que le liquide con- tienne environ ,1^ de son poids de matière sèclie. De la liqueur ainsi préparée on extrait les sucies par une série de précipitations fractionnées au moyen de la baryte et de l'alcool. Les premiers précipités, décomposés par GO^, donnent des liqueurs lévo- gyres et faiblement réductrices; les derniers ainsi que les eaux mères sont dexlrogyres

SÉANCE DU ') JUirj,ET 1909. /)()

et contiennent jla pins grande partie des sucres rédacteurs et du saccharose ('). On répète les fractionnements jusqu'à ce qu'on ait des produits de tète arrivant à Xi, 3o". On les concentre jusqu'à l'état de sirop clair : celui-ci mis en llacon feimé ne larde pas à laisser déposer l'asparagose. Le sucre obtenu est jeté sur un filtre et lavé succes- sivement avec de l'alcool à 60", 80° et go° centés.. puis a\ec de l'alcool absolu; on le dessèche enlin sur SO'H-,

Propriétés physiques. L'asparagose se présente sous forme de sphéro-cristaux microscopiques, laissant passer la lumière polarisée entre deux niçois croisés et don- nant à l'extinction la croix de polarisation. En le reprenant par l'alcool à !\o",](i l'ai obtenu cristallisé en très fines aiguilles micioscopiques. Comme l'inuline, l'asparagose prend une consistance cornée quand on ne l'a pas complèlement désindraté par l'alcool absolu avant de le porter sur SO'll-.

L'asparagose est dépourvu de saveur. Il est soluble dans environ deux fois son poids d'eau froide et d'autant plus soluble dans l'alcool étiiylique que celui-ci est plus faible, soit dans 34o parties d'alcool à 90°, io3 à 90", 69 à 80", 87 à 70" el 16 d'alcool à 60°. 11 est à peu près insoluble dans l'alcool méthvlique absolu.

L'asparagose chaude au bloc Maquenne se ramollit \ers iSÔ" et fond à i9S''-2oo". Le pouvoir rotatoire du corps anhydre est Zd Sj", i.

Cornposilion. Propriétés chunùjues. L'asparagose possède la composi- tion des hydrates de carbone de formide générale (CH'^O'/'H-O, se rapprociiant de la limite CH'^O'. La cryoscopic indiquerait que cette formule devrait être multipliée par i j ou iG.

Il donne par hydrolyse un mélange de lévulose et de glucose. Chauffé pendant une heure avec de l'acide acétique à 5 pour 100, il a donné un mé- lange sucré dont a,, brut était de S2", i; un tel mélange correspondrait à 93 pour 100 de lévulose et 7 pour 100 de glucose (soit 7^3 de glucose). Par passage à la chaux, selon la méthode classique, on en a retiré le lévulose qu'on a fait cristalliser dans l'alcool absolu, (^uant au glucose, en quantité trop faible pour pouvoir être isolé en nature, on Fa caractérisé dans les eaux mères du iévulosate de chaux en le transformant en saccharate acide de potassium.

L'asparagose dissous dans l'eau ne précipite pas par l'eau de baryte froide. Il précipite au contraire par une solution de baryte concentrée et tiède, s'il est lui-même dissous dans quelques parties d'eau seulement : mois le précipité se redissout dans un excès de la solution barytique. On ne pourrait donc pratiquement le préparer par la l)aryte seule, comme pour

(') Le saccharose a été isolé en nature en le faisant passer à l'état de saccharate de baryte, décomposant celui-ci par CO-, el faisant cristalliser le sucre dans l'alcool méthylique.

C. R., 1909, i' Semestre. (T. CXLIX, 1.) 7

So ACADÉMIE DES SCIENCES.

l'iniiline, la pseudo-imiline, l'inulénine, etc. ('). C'est pourquoi l'alcool est nécessaire pour précipiter la combinaison harytirpie. Celle-ci répond à la formule (iC" Il '"0% liaO)".

L'asparagose est sans action sur la liqueur de Fehling. Il ne donne pas de coloration par l'iode.

L'invertine de la levure le dédouble, mais avec une grande lenteur : rhydrolyse n'est à peu près complète qu'au bout d'un mois et demi. En présence d'un sucre fermentescible, il est lentement consommé par la levure.

Le suc des racines d'asperges en contient environ 67*-' pour 1000.

I^SEiiDu-ASPARAcosii. Les eaux mères d'où s'est déposé l'asparagose sont évaporées à siccité et le résidu est repris par l'alcool inélliyliqiie absolu bouillant. L'alcool est ensuite distillé; puis par la baryte et l'alcool ordinaire on fractionne le résidu, redis- sous dans l'eau, jusqu'à ce qu'on arrive à des produits ayant ^n = 3o",3. La solution é\aporée donne le pseiido-asparagose.

C'est une masse blanche, légèrement liygroniétrique, (|ue je n'ai pas réussi à faire crislalliser. Le produit est soluble dans l'eau froide en toutes proportions, beaucoup plus soluble dans l'alcool étb)lique aux dill'érents titres ([ue ras|)aragose. Il se dis- sout à froid dans 4o fois son poids il'alcool inéthylique absolu, alors que l'asparagose y est insoluble.

Quand on l'hydrolyse, son pouvoir rotatoire s'élève à «o 7'°, 7, ce qui correspond à 86 pour 100 de lévulose et i4 pour 100 de glucose. Il se dédouble lentement par l'invertine.

Le pseudo-asparagose ne précipite par la baryte qu'en présence d'alcool.

L'asparagose et le pseudo-asparai;ose se trouvent dans l'asperge en proportions sen- siblement égales.

L'asparagose et le pseudo-asparagose ont presque totalement disparu dans l'asperge comestible l'on ne trouve plus guère que des sucres réduc- teurs (les f"). Par contre, je les ai retrouvés dans les baies vertes : ils en disparaissent au cours de la maturation, de sorte que les baies rouges ne contiennent plus que des corps réducteurs.

PATHOLOGIE VÉGÉTALE. Sur le rôle des bacillett Jluorescenls de Fliigge en Pathologie végétale. Note de M. Ed. Griffon, présentée par M. Prillieux.

Très répandus dans l'air, l'eau et les couches supérieures du sol, les deux bacilles fluorescents de Fliigge {Bacilliis Jluorescens Uquefaciens et [nilridiis )

(') CiiAnLES Tanret, Comptes rendus, 1898.

SÉANCE DU ■) JUILLET I909. iT

se rencouU'onl dans les pulréfaclions et sont bien, comme je vais le muulrei dans celte Noie, la cause de diverses gangrènes humides qui se produisent chez nos végétaux cultivés.

Les caraclùres morphologiques et les propriélés biologiques de ces rieuv espèces sont très connus, .le rappellerai seulement que ces microbes ne forment pas de spores, qu'ils ne prennent pas le Gram, (|ue les cultures dégagent une odeur (écaloïde et pré- sentent une réaction alcaline, qu'enfin ils donnent dans beaucoup de milieux une belle lluorescence verte. L'un d'eux liquéfie la gélatine, l'autre non.

Celte dernière propriété, les différences plus ou moins grandes conslalées dans la coloration verte du milieu, dans l'odeur dégagée, dans la rapidité de formation, l'im- portance du voile sur bouillon et l'abondance du dépôt formé, dans le pouvoir patho- gène pour les animaux, le lapin notamment, ont conduit quelques bactériologistes à distinguer plusieurs variétés de ces deux bacilles et même à créer, au sujet de pour- ritures des plantes, un certain nombre d'espèces nouvelles {hncillus caiilii'onts, brassico'voriis, (rrus:inosits. etc.).

Or, avant de conclure à des différences spécifiques de formes affines, il faut être bien siir que ses milieux de culture sont toujours les mêmes ; il faut aussi tenir compte du degré de variabilité des espèces étudiées. Ainsi le pouvoir liquéfiant esl inlluencé par la réaction du milieu gélatine, le pou- voir fluorescent est lié, d'après (iessard ('), à la présence des phos- phates, etc.

Partant d'un Jhiorcsce/is lir/iie/acie/is duniiaiit une belle coloration vert urane, j'ai eu souvent des cultures d'un vert plus Jaune, des cultures à Voile plus ou moins appa- rent, à odeur fécaloïde plus ou moins prononcée. i\L Pinoy (" | rapporte que le liacillus lliioresci-ns luiuefaciens cultivé en association avec le Diclyosleliuin mucoroides depuis plus de 5 ans ne donne plus de fluorescence ni dans le bouillon, ni sur la gélose, que son pouvoir liquéfiant a diminué, qu'un exemplaire de cette espèce, recueilli par M. le D' Binol au mont Blanc et conservé dans les collections de l'Institut Pasteur, ne liquéfie plus la gélatine aujourd'hui.

Le même auteur ajoute que très probablement toutes les espèces fluorescentes créées dans ces dernières années ne sont que des variétés d'une seule et même espèce. le Bacilltis JJuorescvns.

En i8go, peu après l'apparition de l'important Ouvrage de Fliigge sur les Microorganismes, Prillieiix et Delacroix (') décrivaient un Bacilliis eau-

(') Gessaiu), Sur la fonction Jluorescigène des microbes {Annales de l'/nstilut Pasteur, t. VI, 1892, p. 801 ).

(■-) PiMjv, flôle des haclcries dans le développement de certains My^iomycùtes Thèse de Doctoral. Paris, 1907, p. 20). (^) PiULLiEux et DiiLACKOix, Comptes rendus, t. C\l, juillet i8yo, p. 208).

02 ACADEMIE DES SCIENCES.

là'orus qui produit la i^an^iTiic de la liji,e chez la Pomme de terre, les Pelargonium, ISegonia, (i/uxinia, Vlematis, etc. Or ce haciile a tous les ca- raclères àwjluorescens liquefaciens, ainsi (jue Fa fait remarquer T^aurent ( ' ), que Delacroix (-) a paru Tadmettre depuis et «[ue je l'ai moi-même vérifié maintes fois. Delacroix (') attribue à la forme non iicpiénante la pourriture de la moelle du Tabac et à la forme liquéfiante la pourriture des semis.

J'ai eu l'occasion d'observer des cas assez graves de gang-rêne humide des Carottes ot des Rutabagas à l'Ecole de Grignon, qui s'étaient manifestés dans des terres trop longtemps recouvertes par les eaux impures d'un ruis- seau traversant le domaine. Or l'agent de celte gangrène était le liacillus fluorescens lùjm'faciens. Il en était de même pour la pourriture de la moelle du Sainfoin en Champagne; dans ce cas, comme dans celui du Tabac cité plus haut, le bacille venait après une attaque d'insectes.

En igo5 el 1906, j'ai eu à m'occuper de la pourriture des Clioux-lleurs dans In région du nord de la France. encore j'ai pu nie convaincre que les jeunes feuilles du cœur élaienl allaquées par la forme non liqucfiante du fluorescens. Le Bacilliis hrassicarorus Ci. iJel. n'est donc que le liacillus fluorescens pulridus ('). Ce bacille, apporté par les limaces el les clieniiles, se développait grâce à l'humidité evlrème du marais les Choux-fleurs étaient cultivés. Je l'ai retrouvé à la Station de Pathologie végétale sur l'inllorcscence développée de ces plantes présentant çà et des lâches de pourriture.

L'an dernier, j'ai pu observer que des Tomates élevées en serres, des Melons élevés sous châssis el dont les tiges se couvraient de moisissures blanclies paraissant plutôt saprophytes que parasites, étaient, en réalité, atteints au pied de gangrène humide due AU Jluorescens; une fois le pied malade, des Mucédinées banales se développaient sur la partie aérienne.

iMihii, au cours d'un voyage dans le Sud-Ouest, j'ai prélevé de nombreux échan- tillons de chancre du Tabac ou anlhracnose, qui est très commun dans les années humides, et si préjudiciable aux planteurs. L'élude bactériologique ([iie j'en ai faite m'a amené à conclure que le Bacillus œruffinosus G. Del. n'est atilic que le fluores- cens pulridus.

(') LAtiiiiiiST, Recherches e.rpérimenlalcs sur les maladies des plantes {Annales de l'Jnslilut Pasteur, t. XIII, 1899, p. i ).

C) G. Delackoix, Sur une altération des tubercules de la Pomme de terre {Annales de l'Institut agronomiijue, 1" séiie, t. 111, fasc. 1, 190^).

(■') G. DKi.ACitoix, Itccherches sur quelijues maladies du Tabac en France {Annales de l'Institut agronomique, 2" série, t. V, fasc. 1, 1906).

('•) Ed. Gkifko.n {Bull, de l'Office des Renseignements agricoles, 7, 1906, et Annales de Urignon, 1908).

SÉANCE DU 5 JUILLET J gog. .53

En somme on pcnl considérer comme établi qn'nn certain nombre de formes bactériennes Ihiorescentes, pathogènes pour les plantes, ne sont que des variétés des Bacillus Jlnoresccns liqiiefaciens et putriclus, si tant est que ces deux microbes constituent bien deux espèces distinctes.

Il n'y a plus lieu de conserver les dénominations spécifiques de caiilivorus, brassicœvorits et œruginosus, et il est vraisendalable que cette conclusion se rapporte à d'autres espèces voisines sur lesquelles je compte pouvoir appeler prochainement l'attention.

].e fluorescens, répandu partout, se développe bien j^ràce à l'humidité et engendre de nombreux cas de pourriture chez les plantes. 11 est bien, selon les idées de Laurent, un saprophyte qui s'adapte facilement au parasitisme. il exerce ses ravages, il faut non seulement brûler les parties atteintes pour détruire les germes dangereux, mais encore lutter contre l'humidité, faire choix de variétés peu sensibles et observer la rotation des cultures.

Une autre précaution, dont on parle beaucoup depuis les recherches de Laurent, consiste dans l'emploi d'une fumure appropriée qui procurerait à la plante une certaine immunité : peu d'engrais organiques azotés, beaucoup de phosphates et de sels potassicjues. Les résultats des essais que j'ai entre- pris sous ce rapport et de ceux cjue j'ai suivis çà et ne me paraissent pas très encourageants. Sans les considérer comme négligeables, je crois pouvoir dire qu'une atmosphère humide, un sol mouilleux, une variété peu résistante restent encore, d'une manière générale, les facteurs essentiels qui pro- voquent la pourriture due au Jlnoresccns. Ce sont donc ceux-là ({u'on doit surtout viser dans le traitement. Il n'est pas sans intérêt d'ajouter que ces facteurs ont bien toujours été considérés comme tels par les praticiens.

Il y aurait bien encore à signaler les tentatives d'immunisation des plantes par inoculation de cultures atténuées ou par arrosage avec des produits de cultures virulentes; mais elles sont restées jusqu'ici et pour cause probablement dans le domaine du laboratoire; il n'y a donc pas lieu, pour le moment du moins, d'en tenir compte dans la pratique.

BOTANIQUE. Etnde biomélriqne des pépins d'un \'itis vinifera franc de pied et greffé. Note de M. l*. Seyot, présentée par M. G. Bonnier.

L'on sait ([u'à la suite de la crise phylloxérique, presque tous les viticul- teurs ont reconstitué leurs vignobles par le greffage du Vilis vinifera sur Vignes américaines.

54 ACADÉMIE DES SCIENCES.

Bien que la reconsliuilioii dale depuis plus de 4^ ans en cerlaines régions, la question des effets du greffage de la Vigne donne lieu, aujourd'hui encore, à de vives controverses. Les uns admettent que la Vigne française et la Vigne américaine sont sans action l'une surl'aulre el vivent chacune comme si elle était seule; les autres, au contraire, admettent que le sujet et le grelTon s'intluencent muluellement à des degrés divers.

Jusqu'ici l'on a bien apporté, à l'appui de chacune de ces opinions, des faits parfois contradictoires, étudiés d'après les méthodes habituelles- d'observation usitées dans les sciences expérimentales. Personne ne s'est jusqu'ici servi à cet effet des procédés de la biométrie, bien que celte science ait pris depuis quelque temps une importance toute particulière en sciences naturelles. Je me suis proposé de combler cette lacune. Comme premier sujet d'études dans cette voie, j'ai choisi les pépins, organes considérés par certains ampélographes comme présentant des caractères remarquables de fixité.

Les maléiiaiix de mes reclierclies m'ont été fournis par M. Haco, insliluleur à Béliis (Landes), qui a dirigé la reconstitution de sa région et possède plusieurs champs d'expériences sont cultivés comparativement des ceps francs de pied cote à côte avec des ceps de même nature greflfés sur sujets variés. Ceux-ci ayant la même origine (|ue le franc de pied, el se trouvant dans des conditions semblal)les, en dehors de la grelle, les différences, lorscju'il )■ en a, ne peuvent pro\enir que du mode de vie symbiotique.

Dans un assez grand nombre de grappes aussi comparables que possible el provciiant de ceps d'un même cépage, le Tannât franc de pied et greffé sur lo sujets différents, j'ai choisi dans chaque série, en igo8, un nombre suffisant de grains de raisins mûrs pour faire le poids de i'''^. Après avoir extrait le moùl et enlevé la |)ulpe. jai recueilli tous les pépins, puis je les ai décortii(ués en les traitant quelques minutes par 1 eau de Javel et en les bjassant ensuite avec du sable fin. J'ai constaté que le nombre des pépins ainsi obtenus, d'un même poids de raisins mûrs, variait de 900 à i^oo environ dans les Tannats greffés; il a été de 1287 dans le franc de pied. En outre, leur colora- lion était variable non seulement d'un lot à un autre, mais encore dans un même lot. La couleur pouvant, jusqu'à un certain point, être considérée comme un critérium de la malurilé, j'ai choisi dans chaque lot 8ào pépins de même teinte, et ce sont ces organes bien mûrs, issus de grains de raisin bien conformés, que j'ai soumis à une mensuration méthodique. Comme on le voit, je me suis volontairement placé dans des conditions telles que les pépins devaient présenter le minimum de variation à la suite de la greffe.

Pour obtenir des mesures bien exactes, j'ai dessiné les contours de ciiaque pépin à la chambre claire, au grossissement de 2.0 diamètres, et, sur ces des- sins, j'ai établi 17 mensurations qui m'ont fourni, pour cluujue série.

SÉANCE DU î JUILLET 1909. tt

i~j colonnes de chiffres à l'aide desquelles j'ai établi les courbes de variation de chaque dimension choisie. L'unité de longueur employée a été le dixième de millimètre. ^ oici les résultats obtenus : i" pour le Tannât franc de pied; 2" pour le Tannât greffé sur Riparia Gloire et pour le Tannât greffé sur 4 1 B Millardet.

Dans le Tannai franc de pied, les 17 courbes ont toutes une régularité assez pro- noncée et ne présentent qu'un seul sommet. On peut donc dire que cette vigne est pure de race et qu'elle se trouve dans des condilions de vie telles que ses graines se développent d'une façon normale. Chez le Tannât grelTé, dans les deux cas, on trouve, pour certaines dimensions, des courbes à plusieurs sommets; l'amplitude de la varia- tion difl'ère de celle du franc de pied; les points critiques des courbes sont pres(|ue toujours déplacés; enfin certaines courlies sont plus régulières que les courbes corres- pondantes du franc de pied.

Deux séries de ces courbes sont particulièrement intéressantes; ce sont celtes qui se rapportent à la longueur du bec et à la largeur de l'extrémité de celui-ci. Ces deux dimensions sont souvent indiquées comme ayant la valeur de caractères spécifiques. Or, dans le franc de pied comme dans les greffes sur Iliparia Gloire et sur /|i D, les courbes relatives à la longueur du bec sont bien à un seul sommet, mais les points critiques diffèrent nota- blement. Ils se trouvent aux chiffres 9, 18 et 3o pour le franc de pied; aux chiffres 8, i ") et 2.3 pour le Tannât greffe sur Riparia Gloire, et aux chiffres 7, 12 et 20 pour le Tannât greffe sur 4i 1j- La courlje la plus régulière, la plus voisine d'une courbe théorique, est celle du Tannât greffé sur Riparia Gloire. Ces résultats montrent nettement que le caractère de la longueur du bec est influencé par la greffe; que, suivant le sujet, cette influence est plus ou moins prononcée et peut s'orienter dans un sens donné.

La courbe relative à la largeur de i'evtréniité du bec piésente, dans le franc de pied, les points critiques 4, 7 et 12; dans le Tannât grelVé sur Riparia Gloire, 6, 8, 12, i3 et 19; dans le Tannât greffe sur 4i B, 6, 8 et i5. Les courbes du franc de pied et du 4 < B sont très comparables; il y a seulement déplacement des points critiques et l'on peut dire que le sujet /| 1 B a simplement une tendance à augmenter lu largeur du bec des pépins du gi't'iïbii. f^a courbe du Taunat grelfé sur lîiparia Gloire est des plus remarquables, car elle est à deux sommets correspondant l'un au chillVe S, l'autre au chiflVe i3. Ce deuxième sommet est en dehors de la limite de variation du franc de pied et possède une grande valeur. En eli'et, 221 graines sur 85o ont une largeur du bec supérieure à la dixièmes de millimètre, cliiflfre qui n'est atteint que par 7 pépins du franc lie pied. Dans le l'annal greffé sur Kiparia Gloire, 56 ont cette dimension, 87 ont i3 dixièmes, 62 en ont 14, 52 en ont lô, i3 en ont 16, etc. A ne considérer que cette courbe, on se croirait en présence d'un caractère fourni par une plante ayant dans son hérédité un mélang-e de deujc races bien distinctes. Tel n'est pas le cas cependant; il

56 ACADÉMIE DES SCIENCES.

n'y a pas possibilité qu'il en soit ainsi grâce à l'origine des gieirous et au contrôle qui nous est fourni par l'ensemble si homogène des caractères du Tannât franc de pied obtenu et cultivé dans les mêmes conditions que les ceps greffés.

En résumé, ces recherches permettent de formuler les conclusions sui- vantes :

i" La greffe a eu une influence marquée sur les caraclèrcs des pépins du Tannât greffé dans la région landaise;

Un caractère du pépin de ce cépage peut être accentué ou diminué suivant le sujet employé.

3" Dans certains cas, la variation, au point de vue du polygone de varia- lion d'un caractère déterminé du pépin de cette vigne, s'est comportée d'une façon comparable à celle (pie fournit Ihyliridalion sexuelle.

BOTANIQUE. Sur la prétendue uliliscilion de l'azote de l'air par certains poils spéciaux des pluuies. Note de M. Fisancois Kovkssi, présentée par M. G. Bonni(M'.

Dans une Communication précédente, M. Jamieson a publié une étude Sur ruiilisation de l'azote de V air par les plantes ('). Cet auteur déclare que, dans toutes les plantes étudiées, il a constaté qu'il existe des poils qui absorbent l'azote libre de l'air et le transforiuent en albumine. Selon M. Jamieson, « l'albumine n'existe pas dans le poil à sa formation, elle n'apparaît que quand ce poil a subi le contact de l'air ». Pour démontrer, avant et après l'assimilation, le manque ou Texistence des substances albu- minoïdes, l'auteur a employé les trois réactifs bien connus : l'iode, le réactif de Millon el le biurel. Dans le résumé de ses conclusions, il s'exprime ainsi : « Ces organes, que j'appelle producteurs d'albumine, ne se rencontrent, en règle générale, que sur les parties tendres des limbes ou des pétioles des feuilles toutes jeunes; au début de leur formation, ils ne contiennent pas d' albumine ; lorsque ces organes sont complètement développés, la produc- tion d'albumine commence, le poil se remplit d'une cjuantité parfois consi- dérable d'albumine; celle condition dure un certain temps; l'albumine est ensuite absorbée. »

Après M. Jamieson, MM. G. Zetnplén et (i. Kolli se sont occupés de la

(') AniKiles de la Science cii^ronoiiii<itie française el élraiigère. t. 1, 1908, p. 6i-i3'2.

SÉANCE DU 5 JlJlLI.lîT I9G9. .>7

nièiue qucslioii ('). Ils soiiL arrives à un résultat analogue; Tazolc de l'albu- mine produit dans les poils viendrait, par la voie de l'assimilation, de l'air atmosphérique.

Comme on ne peut supposer de cellules sans protoplasma, qui est une sorte de substance albuminoide, celte doctrine me parut douteuse. Pour le vérifier, j'ai fait deux, séries d'expériences : l'une dans une atmosphère gazeuse privée d'azote, l'autre dans l'air ordinaire comme témoin. J'ai traité comparativement les poils développés sur les feuilles par les réactifs cités plus haut.

I^'a]iros M. Jamiesoii, les j)oil-i ne contiendraient de l'albumine ([ue dans le cas ils ont su])i le contact de l'air dont ils absorbent l'azote libre; si cela était exact, pour des plantes cultivées dans des gaz privés d'azote, les poils ne se développeront pas, ou, s'ils se développent, ils ne donneront point les réactions de l'albumine.

Les plantes étudiées sont : Spnrgiila aneiisis. Vicia Faha. \ icia salira, lirassica Naptts, Hordeuin salivum, licna salivn, Tri/iciim saliium. Robinia Pseudacacia, Robinia hispida, Carpinus Bcltilus, Acer p/ata/toides, Jugions regia, Caria alba. yEscdliis Hippocastanuni, Caslaiiea vesca, Cor y lus aicllana, Ribes Grossularia, Vibui /ii///> Opiilus. Sorbus aociiparia, etc.

.l'ai cullivé ces plantes dans des vases en verre hermétiquement fermés, .l'ai employé comme sol du sable lavé avec des acides, des alcalis et de l'eau distillée. .J'ai ajouté à ce saljlo du liquide bien connu de M. Crone. De ce sol nutritif il se ne dégage dans l'atmosphère du vase ni ammoniaque, ni azote, ni composé azoté. Dans ce milieu, j'ai placé les boutures des arbres ou les graines des plantes. Après avoir hermétiquement fermé ces vases cl chassé Fair, je les ai remplis d'oxygène pur, lequel a été préparé par voie éleclroly- lique. \Ln répétant trois fois l'évacuation et le remplissage, j'ai de ce fait purifié le milieu, à ce point qu'il n'y est resté aucune trace d'azote. Durant l'expérience, j'ai établi un courant d'oxygène développé par -i ou i ampères, dans le but d'emporter le gaz accidentellement développé, et de remplacer l'oxygène utilisé par la respiration. Lorsque les plantes ont commencé à pousser et à verdir, je leur ai donné du gaz carbonique pour que l'assimila- tion se produise.

Afin de contrôler constamment l'expérience, j'ai fait passer les gaz 71 leur sortie des vases dans de l'eau distillée et daus une solution de potasse; puis, j'ai recherché daus ces liquides l'ammoniaque par la réaction de

(') FrdészcLi hiséi IcU-L . I9i>8, I--2 el 'à-\ . \ nir ciicoie Ann. Sci. agr. fraiir. ctr., I. I, lasc. 2, 190g.

C. li., i(,oi|, .' Semestre. (T. C\L1\. ^•• 1. 1 ^

58 ACAUIÎMIE DlîS SCIENCES.

M. Ncsslcr. Pour consLalcr l'absence ou la présence d'azole, j'ai employé la mélliododedavoiulish; c'est-à-dire j'ai essayé de jjrùler Fazole par l'élin- celle électrique de i 5'"' de loiij;ueur. .l'ai conduit ensuite les gaz à travers une solution de potasse, puis une solution d'acide sulfurique. J'ai reclierclié dans ces licjuides la présence de l'azote par les niélliodes les plus sensibles conruies aujourd'hui. J'ai prouvé, par ces contrôles, la pureté complète de l'atmosphère de mes vases. "" •"= ' -""'^ -.ilu.. ! .

Pour les témoins, j'ai cultivé les plantes dans des vases, avec un sol et la liqueur nulritive de M. (^rone, de façon semblable, avec celte seule dilVé- rencc (|ue j'y ai laissé pénétrer l'air libre.

A la lin de l'expérience, ayant ouvert les vases, j'ai coupé imniédiatonieilt les plantes à étudier, je les ai immergées tout de suite dans les réactifs cités plus haut, et je les ai examinées ensuite au micioscope. Je puis énoncer les résultais suivants :

Les poils des plantes cultivées, soit à l'air lihre, soit dans des milieux privés d'azote, se développent exactement de la même manière; il en est de mnne des n poils spécialisés » étudiés par MM . Jamieso/t, 'Lemplén et Hoth.

Les poils pris sur des organes de même âge et également développés produi se/il dans les deux cas, avec les réactif s cités plus haut, des résultats semblables. , i

L'expérience démontre donc d'une manière évidente que l'azote des substances albununoides décelées par ces réactions ne rient pus de l'azote de l air.

BOTANIQUE. Les graines tuées par anest/iésie conservent leurs propriétés diastasifjues. Note de MM. .Ikax Apsit et Ei)>io\n <iAiv, présentée par M. (.i. Bonnier.

Il a été démontré qu'une graine peut ne plus posséder la faculté germina- tive et conserver encore pendant longtemps des diastases actives. Il en est ainsi de certaines graines qui sont restées plus de loo ans à l'état de l'cpos (').

Si l'on soumet une graine à l'anesthésie, pendant un temps suffisant, cette graine ne peut plus germer. On peut se demander si les facultés dias- tasiques survivent ici à la perte du pouvoir germinatif.

( ' ) BROCQ-RorssEf el Iîdmonu Gain, Sur la durée de la peroxydiastasc des graines {Comptes rendus, déc. 1907, el (Comptes rendus, 9 mars 1900).

SÉANCE DU ■) JUILLEl' 1909. .79

Dans riiicerlitudc l'on se trouve d'interpréter en ([uoi consiste le système chimique qui est donc de la propriété diastasique, celte question présente un certain intérêt.

Pour la. résoudre, nous avons appliqué la méthode décrite dans une Note antérieure ( ' ).

a. On prépare de l'empois d'amidon stérile; 6, on fait une solution stérile de l'amy- lase supposée pouvant exister dans des graines tuées par un anestliésique; c, on ense- mence l'empois a\cc la solution h o^X. l'on place le flacon stérile à i'étuve à 35°.

On dose le sucre qui peut exister au début et à la fin de l'expérience.

Dans nos expériences, des grains de blé de Noë gonflés ont été anestliésiés par immersion dans l'éther sulfuiique liquide pendant 90 minutes.

Les grains ainsi traités ne donnaient plus ensuite aucune germination lorsqu'on les plaçait dans des circonstances favorables au réveil germinalif.

Ces grains, lues par l'anestliésie, sont lavés par l'eau distillée stérile; broyés dans de l'eau stérile, ils donnent un liquide qui est filtré sur bougie et ajouté ii de l'empois stérile.

Avec des graines du même lot, non anestliésiées et choisies comme témoins, on a opéré rigoureusement de la même manière, toutes les conditions de poids étant sem- blables. J-' ')•'!

\ nici le lésultat du dosage du sucre par la liqueur de b^eliling :

QiKiiililiM de sucre pour ino (rainidcm.

^™^*^^iw^»^_- --"^^ 11^

AmiUrm Amidon

et et

aniylase des crains tué» amjlase des grains sains Durée des expériences. par l'éther. non ancsthésiés.

Première c.vpérience : 3 jours. ... '!0,29 1 '= _ ? 18, cp 1 s.. |

JJcu.rteme e.cperience : li ]ouvs.. . . 21,00 ^jt 10,01 '■-

1 « s

Troisième e.r/iérience : i?. jours. . 21 ,^4 ' = -

« - •-

« ..

On voit que la mort de la graine par anesthésie laisse subsister la faculté cVii\slAsiqne, avec son aclmlé normale.

D'autre part, l'expérience classique décrite antérieurement (-) permet d'affirmer aussi que les graines tuées par l'anestliésie sont encore pourvues de la faculté peroxydiastasique.

Conclusions. Les grains de blé tués par l'éther sulfurique sont encore

: ~ »-T '

(') BitocQ-RoussEU et Ed.mo.m) Gain, Sur la présence de l'amylase dans les vieilles graines {Comptes rendus, février 190g).

(') HKOcy-MoussEï; et Edmoni» Gain, Ovydases el pero:ryiliasl(isrs des graines {/in ne générale île llotaniqite . février 1909).

6o ACADÉMIE DES SCIENCES.

pourvus des propriétés amylasique et peroxydiastasicpie. A cet égard, ils conservent leurs propriétés industrielles.

C'est un exemple de plus, Ton voit se conserver les propriétés diasla- siques de la graine, après la disparition de la faculté germinative.

PHYSIOLOGIE. iJe la sensation du relief. Note (' ) de M. A. Quidok, transmise par M. \ves Delage.

Les instruments destinés à ToLservation binoculaire et directe des objets ou de l'espace rendent généralement plus grand l'angle de convergence ou parallaxe angulaire de chacun des points observés. Ce résultat s'obtient soit en rendant plus grand le diamètre apparent des objets soit en rendant la base visuelle de l'instrument plus grande que celle de l'observateur. On emploie la jumelle dans le premier cas et le téléstéréoscope dans le second. Les jumelles télésléréoscopiques augmentent à la fois le diamètre apparent des objets et la base visuelle de l'instrument.

On admet qu'en rendant // fois plus grand le diamètre apparent d'un olijet une jumelle de grossissement n rend /; fois plus grand le relief de cet objet. De même le léléstéréoscope dont la base visuelle serait /j fois plus grande que celle de l'observa- teur rendrait le relief des objets observés/; fois plus grand. Enfin le relief d'un objet regardé avec une jumelle lélésléréoscopique, synthèse des deux instruments précé- dents, serait rendu np fois plus grand.

Si, dil-iiii, les angles de convergence de deux points A et B dont les valeurs respec- tives sont a et p dans l'observation directe deviennent na. et «(3 par l'emploi d'un instrument d'opti(|ue, l'observateur, pour passer du point H au point A, est obligé de faire un ellort identique à celui que nécessiterait l'observation de deux points dont la dislance serait n fois plus grande que celle (jui sépare les points A et B.

Or la parallaxe seule ne peut caractériser le relief d'un corps. Ce serait admettre en effet que deux reproductions d'un même objet faites à des échelles différentes auraient un relief différent.

La différence d'efforts de convergence nécessaire pour passer du point le plus rapproché d'un objet au point visible le plus éloigné sera, par défini- tion, le relief absolu de cet objet.

Le relief absolu sera exprimé par le nombre qui mesure la différence des parallaxes des jjoints cxtix'mes de cet objet si l'on prend pour unité d'efforts

(') Transmise dans la séance du 21 juin 190g.

SÉANCE UU ■) JUILLET I909. 61

de convergence celui fjue nécessite l'observation successive de deux points dn plan médian dont la dillërence des parallaxes est égale à l'unité d'angle.

A

Par définition, le relief relatif d'un objet sera le rapport ^ de son relief

absolu A à son diamètre apparent p. Ce rapport caractérise le relief du corps. Deux reproductions d'un même objet, placé à la même dislance de l'observateur, ont en effet même relief relatif.

Le relief relatif d'un objet dépend de la distance qui le sépare de l'ojjser- vateur. Les variations qu'il subit sont soumises aux lois suivantes établies au moyen du microscope stéréoscopique Quidor-Nachet.

/'/ificipc I. Pour une inclinaison donnée, le relief relatif ne dépend pas du grossissement.

Principe IL L'inclinaison devenant i, ,'|, 9, iG fois plus grande, le relief relatif devient i, 'i, 3, 4 fois plus grand.

l'rinripe III. La distance de l'observateur de\enant 1 , i, 9, i,"i fois plus grande ou plus petite, le relief relatif devient i, 2, '5, /j fois plus petit ou plus grand.

(Je principe est une coiisé(pience des deux précédents.

Du relief relatif (les objets vus au moyen d'une jumelle, fl'un télés féréoscope ou d'une jumelle téléstéréoscopique. Considérons un objet dont le relief absolu soit A et le diamètre apparent p.

Vu avec une jumelle de grossissement /j, le relief relatif de cet objet

devient —r-y soit ^•

Or, le diamètre apparent de cet objet devenant n fois plus grand, sa distance paraît n fois plus petite. Dans l'observation directe, son relief

relatif serait à cette distance -—■

r

Le relief relatif des objets vus avec une jumelle est donc divisé par la racine carrée du grossissement de cette jumelle.

Ce même objet, regardé avec un téléstéréoscope dont la base visuelle .

serait p fois celle de l'observateur, aura pour relief relatif -~

Mais, l'eflort de convergence que nécessite la perception de cet objet devenant p fois plus grand, la distance de l'objet paraît/? fois plus petite.

Son relief relatif serait donc dans l'observation directe

A^/p

P

11 en résulte donc que le relief relatif des objets rus avec un telésléréoscope est multiplié par la racine carrée du rapport de la base visuelle de l'instrument à celle de l'observateur.

6a ACADÉMIE DES SCIENCES.

lùilin, avec la junielle tcléstéréoscopique, le relief iclalif de cet objet

serait -~r- ou -4- ' " étant le rapporl des distances focales de rolijeclif et de

/( ,i p ' ^ •'

l'oculaire, et p le rapport des bases visuelles de l'instrument et de l'observa- teur.

La distance de l'objet paraissant «/> fois plus petite, son relief relatif serait

dans l'observation directe ,

Le relief relatif des objets observ<és par une jumelle téléstéréoscopique est

donc multiplié par \lp comme dans les lélésléréoscopes et divisé par \//( comme dans les jumelles.

ANAToMii;. NolP- sur la structure de l'amygdale pharyngienne des Crocodi- lirns (Crocoddus crocodilus Linn . et Crocodilus jjalusiris Less.), pur L. Papi.v, présentée par M. fildmond Perrier.

Slannius ('), Ratlike (^j ont décrit cbcz Crocodilus crocodilus Linn., au niveau du pharynx, des formations qu'ils rattachèrent, le premier à l'amyg- dale palatine, le second à l'amygdale tubaire des Vertébrés supérieurs. Killian (^ ) étudia la même espèce et conclut qu'il s'agissait en réalité d'un organe homologue de l'amygdale pharyngienne des Mammifères. Sa des- cri[)lion se rajiporte à des exemplaires de 38''"' à f\ i'"' de long.

J'ai eu l'occasion d'examiner un exemplaire adulte de Crocodilus crocodilus Linn. et plusieurs exemplaires jeunes de Crocodilus palustris]^ess.^ mesurant 40"'" de long.

Chez Crocodilus crocodilus, on trouve à la voûte du pharynx, à i'"'" en arrière des choanes, un sillon semi-hinaire, à concavité regardant en arrière et dont les deux ex- trémités viennent presque au contact sur la ligne médiane. ICn dedans de ce sillon, il existe, de chaque côté, deux autres sillons, l'un externe, l'autre interne, à direction anlèio-poslèrieure, légèrement concaves en dedans, mesurant i'™ de long. Ils délimi- tent trois replis niuqueiix. Sur la ligne médiane, séparé des deux replis internes droit et gauche, on voit une sorte de tubercule, plus élevé que les replis muqueu\ environ-

(') Stanml'S, Lchrhnch der vergleicitenden Analoinic der ]] il bulliticic, 1846, p. 206 et 297.

(-) Bathkk, Ceber dcn Kôrperbna der Krokodile. Wien, 1862.

(') Km-1.ian, Ueber dit liarsçi tt/id Tonsil/a pharj iigen { Morpli. .lalub., Hand .\1\ , iSSB, p. 618).

SÉANCE DU 3 JUILLET 1909. (13

liants; c'est la région de l'iiiriiiulibiiliim tiibaire. En dehors de ce premier groupe, on trouve un second ensemble de plis, netlemenl séparé du précédent par un sillon long de l'^'iâ, large de 2™™, profond de 3""", plus profond en arrière qu'eu avaut. Ce Second sroupe oll're plutôt une disposition rayonnante, en éventail, les sillons conver- geant en arrière. U comprend, de chaque côté, quatre replis de la muqueuse dont la longueur va en diminuant d'avant en arrière: le])lus antérieur menirant i'^"'.5, le plus postérieur o'"',5; par contre, la profondeur des sillons limitants augmente d'avant en arriére. Enfin, les sillons sont plus profonds en arrière qu'en avant; le sillon postérieur présente les caractères d'une véritable crypte amygdalienne. Ajoutons qu'il existe de cha(|ue coté deux petits sillons accessoires très peu marqués.

On trouve donc, à la voûte du pliarvnx chez les Crocodiliens, deux forniations bien distinctes : l'une impaire, médiarie. nettement sé])arée par un sillon annulaire, formée de chaque o'ilè par trois replis muquou\; elle a la valeur d'nne amygdale lubulaire ; l'autie, plus volumineuse, paire, formée par ([uatre replis de chaque côté; elle est riioinologue de l'amygdale pharyngienne des Mammifères. Killiaii n'a sans doute exa- miné que de jeunes spécimens.

(liiez cette espèce, sur des individus de 40"" de long, l'amvgdale s'étend ù 2""" en arrière des choanes ; elle mesure .j™"' de long sur S""" de large. L'infundibulum tiibaire est un j)elit tubercule de 3""" de long sur 2""' de large. Autour de lui sont groupés les replis tonsillaires. au nombre de quatre de chaque cnlè, mesurant 1"'" de hauteur et <>'""'. j d'épaisseur; leur longueur diminue de dedans en dehors et d'avant en arrière; le bourrelet antérieur a 4""", le bourrelet postérieur 2""", 5. Il n'existe pas, comme chez Cfocodilits crocoi/i/iis adulte, de sillon séparant le tubercule infundibii- laire de la région des choanes ; d'aulre part, les bourrelets tonsillaires ont une diiec- tion presque antéro-postérieure, sauf les deux derniers qui sont obliques en dedans ; enfin, la disposition paire de l'organe est plus marquée que chez l'adulte. Comme on le voit, cette description concorde avec celle de Ixillian. Mais il existe un autre bour- relet amygdalien non signalé par lui ; il est situé enlre le tubercule infundibulaire et le premier repli, au fond d'une déj)ression profonde; pa^- sa situation, il doit être rat- taché à l'amvgdale tubulaire.

L'amygdale pharyngienne est revêtue, sur toute son étendue, par un épithèlinm analogue à celui du pharynx comprenant des cellules cylindriques ciliées et des cellules à mucus en nombre à peu près égal. Au niveau des sillons, on obser\e presque tou- jours une infiltration Ivmphoïde intense; l'èpithélium s'aplatit progressivement, perd ses cils et dis|)araît. Le chorion sous-jacent chez Crocodilus palustii.s est surtout formé de cellules conjonctives fusiformes et anastomosées correspondant à un stade jeune du tissu connectif ; remplacées chez Crocodilus crocodilus par des faisceaux de libres et des tîbies élastiques.

L'infiltration Ivmphoïde se présente sous deux formes : 1" sous forme de simples amas leucocytaires; 2" sous forme de tissu lymphoïde vrai.

Les amas leucocytaires se renconlrent dans toute l'étendue de la lonsille. La majeure partie des éléments sont de petits mononucléaires; on trouve à peine et un leu- cocyte à granulations basophiles. Les rares polvinorphes à granulations acidophiles qu'on rencontre dans les coupes sont toujours contenus dans les vaisseaux.

Le tissu lymphoïde est piesque toujours localisé au niveau des cryptes les plus pro-

I&4 ACADÉMIE DES SCIENCES.

foiides, mais loulcb ne sont pas eiivaliies. I>e5 nodules lu'onl puru èlre plus iioniljiciix chez Crocodiliis /laliistris.

Ls réliculum est très facilement visible, sans préparation spéciale, cliez C rocodilus crocodiliis : il se colore électivement en jaune par le mélange de Van Gie-ion. ].,es mailles de ce réseau sont polyédriques dans les parties profondes; mais vers la surface elles s'aplatissent, leur grand ave s'oriente parallèlement à la surface de la muqueuse; elles forment ainsi une sorte de feutrage dans les points l'épitliéliuni fait défaut. Les éléments contenus dans les mailles du réseau sont de même nature que ceux des amas leucocytaires.

Prenant (' ) a décrit chez Angiiis fra^i/is une dis[)osition analogue au ni- veau de la muqueuse pharyngo-œsopliagienne. ^ ioilet (-^ a signalé, dans les végétations adénoïdes du naso-pharynx, la disparition de répithéliuin rem- placé par du tissu lymphoïde.

11 n'a pas été possible de saisir le passag(^ de ri''li''nient épitliélial à Téié- menl lym[ili(>ïde comme le voudrait Uetlerer.

CVT()Lût;iE. Sur la présence de sp/ir'res allractives et de cenlrosomes dans les cellules issues de la segmenlalion parlJtënogënésique de l œuf de la Poule et sur les caractères de ces formations. Note de M. A. Li';caili.»»x, présentée par M. Henneguy.

En étudiant les cellules qui prennent naissance lors de la segmentation de l'œuf non fécondé de la Poule, j'ai recomm que ces éléments lust(ilogi(pies contiennent des sphères attractives et des ccntrosomes. Ce fait présente, à différents points de vue, une importance dont il est facile de se rendre compte.

En premier lieu il est une preuve nouvelle, (]ui s'ajoute à celles que j'ai précédemment données, que les segments apparaissant dans le germe de l'œuf non fécondé des Oiseaux sont bien de véritables cellules et non pas des fragments se formant sous l'intluence de causes d'ordre physico- chimique.

En second lieu il montre que chez les Oiseaux, soit dans la segmentation parlhénogénésique, soit dans la segmentation de l'ieuf fécondé, les blasto-

(') PiiEN.VM. Sur In présence d'amas leucocytaires dans l'épithcUam pluuyngicn cl œsopha^^ica (^'Anguis fragilis {liibL anal., l. 1\ , 1896, p. 21).

(-) VioLi.iiT, lieclicrches sur (a slrucliirc hislologitjue des vègélations adénoïdes du naso-pkarynx (Journal de l'.4natoniie et de la l'Iiysiologic, igoS, p. 97).

SÉANCE DU ,J JlILLr.T K)' Ç). (')"■,

m(''res produits onl une strucLure très analogue. Bien (jn"enc()i-o mal coniuis au poinl de vue cylologique, les blastoinères qui prennent naissance dans la segmentation normale des œufs fécondés paraissent en ell'et contenir aussi, d'après les recherches d'Harper (1904) chez le Pigeon, des sphères attrac- tives et des centrosomes.

D'un auti'e côté, les embryog;énistes admettent, pour la plu[)art, que chez les animaux le centrosome des œufs fécondés a été apporté par le spermato- zoïde fécondateur, tandis que le centrosome primitif de l'œuf ne joue plus de rôle. L'exemple de la Poule montre que, tout au moins dans les cas de parthénogenèse, le centrosome primitif de l'œuf peut continuera jouer un rôle pendant la segmentation et, quand le développement parthénogéné- sique ne s'arrête pas à un stade aussi précoce que chez les Oiseaux, èlre l'origine des centrosomes des cellules de l'embryon et de l'adulte. Du reste, les auteurs (fui croient que le centrosome n'est pas une formation perma- nente de la cellule, mais au contraire un élément qui apparaît seulement lors de la division cellulaire, [)0urraient aussi admettre que la présence de cet élément dans les cellules dérivant d'un développement parthénogénésique est une preuve nouvelle île l'exactitude de leur hypothèse.

J'ai pu observer la présence des sphères attractives et des centrosomes dans les cellules de segmentation au repos, dans les cellules en voie de division indirecte et dans les cellules le noyau se divise par simple étran- glement. Ces éléments se rencontrent même encore dans la plupart des cellules contenaiil un double noyau et vouées à une dégénérescence très prochaine.

Oaiis les cellules au lepos. la spliéie alliaclive esl placée coiilie le noyau. ICIle est loujouis très voluiniiieuse. I^es novauv cellulaires étant ici de dimension fort variable, elle paraît tantôt plus volumineuse, tantôt de même dimension, taïUol plus petite que le uoyau [irès du(juel elle est placée. Elle a une forme généiale spliéroïdale ou ovoïde. Du côté du noNau, sa limite périphérique épouse la forme générale de la membrane nucléaire contre la(|uclie elle esl aj>|)liquée. Sur le reste de son contour, elle présente l'amorce de nombieuv prolongements disposés radiairement et (|ui peuvent se suivre plus ou moins loin. Alors que le reste de la cellule contient de nombreux i;rains de vitellus nutritif, la splière n'en contient pas. Knlirr, certains colorants cvtoplasmiq.ii^s la colorerrt électivement. tarrdis qu'ils ne laissent pas de teinte sur le reste du proto- plasma cellulaire.

Dans lu sphéie attractive se trorrve le corps spécial qui représente le centrosome. Il a la forme d'une granulation qire, par l'emploi de certains colorants, on perrl difle- rencier de la substance constituante de la sphère (par exemple, au mo\en de l'héma- toxjline ferrique). Dans les cellules au repos, la spliéie est appliquée corUre la rrrernbraire nucléaire, le centrosome parait plirs rapproché du iro\air ipre du bord de la G. IV, igoy, ■' Semestre. (T. CXLIX, N" 1.) 9

()f) ArAPi'MiE DKS scii:n'(:es.

spliore oppnsù ;i ce dernifr, et souvent la nieiiil)iane niicK:alre pii'senle un point il'in- llevlnn au niveau (|ui conespoiul à la place du eentiosoine.

Dans les celliilos en voie de mitose, la sphère el le cenlt'osoine se divisenl siii\aiil le |H'ocessiis liahiltiel. La siilislaiice de la splièie allractive donne naissance an l'iisean de di\isioii, le(jiiel se colore iietleinenl connue cette substance clle-niêinc.

hans certaines cellules oi'i le nnvau se divise pai' simple étianglenient et qui vont subir- pi'ocljainenicnl la dégénérescence, la splièi'e et le cenlrosonie se divisenl néan- moins préalablement à rétranglenient nucléaire. Les deux s|>lières et les deuv cenlro- somes vont se placer aussi en deux points opposés du noyau, comme dans les divisions nucléaires indirectes. Mais le plan d'étranglement du noyau se dispose alors non pas perpendiculairement, mais parallèlement à la ligue qui passe par les deux centjosoines et les deux sphères. Dans ce cas il ne se forme pas de fuseau et, en conséquence, les deux sphères conservent la forme (|u'elles ont dans les cellules au repos; la volumineuse substance qui les constitue reste tout entière disposée autour des centrosomes.

\\n résumé, lanl an [)oinl de vtie emlti-yogéniqne qu'an point de vue purement cylologique, les sphères attractives et les centrosomes des cellules qui se forment dans la segmentation de l'œuf non fécondé des Oiseaux' sont des éléments dont Fétude ne saurait être négligée, car elle peut contribuer, dans une mesure importante, à la solution de diflerents problèmes non encore aujourd'hui complèlenient résolus.

ZOOLOGnî ET GICOLOGIE. Les grottes de Lacavc {Loi). Note de M. Ai{>iA\o Viré, présentée par M. E. Ferrier.

Dès iSc)'i, dans son ()tivrage des Ahimes, M. Martel émettait en sub- stance cette idée que la partie des cavités souterraines directement accessible à Ihomme n'était qu'une très faible partie de celles cjui existaient réelle- metit. (^)u'on les abordât par leur extrémité libre an Ijord des vallées, ou par les asrns i\\\\ les taisaient communiquer avec les plateaux siipérietirs, toujours on était arrêté soit par des siphons, soit par des bouchons argileux. LJn travail de désobstruction devait, selon lui, nous révéler tout une cir- culation d'eaux souterraines, anciennes ou actuelles, complètemetit insoup- çonnées.

Convaincu (|ue cette assertion était l'expression rigoureuse de la vérité, nous n'hésitâmes pas à passer de la théorie à la pratique, et, quelle qu'ail pu

SÉANCli UU J JUILLET 1909. (17

èlie l'énormité des sommes engagées dans une pareille entreprise, nous ne regrettons pas d'avoir tenté rcxpérience.

Les résultats obtenus aux grottes de Lacave sont assez concluants pour que nous nous permettions de les exposer ici en détail.

Kii 1902, un abîme \erllcal (Igue Saint-Sol), situé sur le Gausse de Graniat, enlie liocaniadour et Sdulllac (Lot), à ■20'"" du célèbre Puits de Padirac, nous conduisait, après 80™ de descente verticale, dans une série de galeries, longues de 1200"" environ, et si merveilleuses, si délicatement ornées, que nous jugions tout de suite oppoi luii de les aménager en vue de les rendre accessibles auv touristes.

L'une des evlréniités se terminait par un bouchon d'argile, dans la direction de la vallée de la Dordogne. Nous déblayâmes celte nrgilesur une longueur de 4"'" environ, nous tenant toujours sous une voûte naturelle.

Comme il devenait impossible de loger les déblais dans les galeries sans allèi-er leur physionomie pittoresque, nous songeâmes à procéder inversement.

Ces galeries, jadis creusées par une rivière actuellement desséciiée. devaient aboutir par des conduits plus ou moins obstrués à la vallée même de la Dordogne. Nous ten- tâmes donc de remonter de la vallée aux cavités souterraines trouvées.

Une grotte existait qui, en 1902, servait d'église au village de Lacave. C'était une cavité de 20'" de haut et de 100'" de long. Elle nous parut avoir été jadis le débouché de la rivière cherchée, laquelle rivière, s'étant sans doute frayé un autre lit dans un plan plus bas, ne se manifeste plus aujourd'hui que par une séiie de sources tempo- raires â quelques mètres au sud-ouest de l'ancienne issue, à V" e" contrebas. Des dé- blais appropriés nous firent connaître que cette galerie, dont le sol était un mélange d'argile et il'éboulis, puis de l'argile puie, avait donné asile jadis à une pojjulalion de l'âge du Henné (époque solutréenne) dont nous retrouvâmes les outils en silex et en bois de tienne et des œuvres d'ait d'un réel intérêt ('). Les foyers de celte population s'étendaient sur les débris rocheux et sur l'argile pure obstruant un siphon.

Un premier point était donc acrpiis : la rivière ayant creusé les galeries de rigue Saint-Sol avait, dès lépoque solutréenne, non seulement achevé le creusement des galeries, maisencore effectué, par ses alluvions,le recom- hiemenl d'une |)orlion (!(• la grotte primilivemeiil trouvée.

Nous dél)lavàmes un siphon qui descendait à 6"' et nous conduisit ensuite dans une première cavité libre de 54'" de long.

A l'extrémité, nous nous enfonçâmes de nouveau, mais nous rencontrâmes l'eau sous des voùles mouillantes, ce qui nous foiça â l'abandonner.

Nous finies creuser à la dynamite une galerie artilicielle de 5'"" de seclion, visant 1 exlrémilé connue des galeries de Saiiit-Sol.

(') VioivND \ iiti;, droite ji/ c/iislai ii/tie de Laca\c (l.ol) (L'.liil/irojiolo^'ie, I. XNl, 1905).

6S ACADÉMIE DES SCIENCES.

An boni (lu ',Uj"\ miiivenii \iili; de 27'" de long, puis ]ioiivc;iii siplioji conduisaiil ;i l'iMu dans les mêmes Cdndilions. Nons réprimes la galeiic arllficielle et pendant !."> mois, jonr et nuil, nous roiiliniiàmes d'avancer à travers le roc.

Enfin le 27 mai iqoj, à 1'' du malin, après 4oo"' de parcours en plein rocher, le roc ccssail cl nous entrions dans une série de galeries lolalemenl insoupçonnées.

Leur liauteur moyenne était de 20'" avec mi maximum de Go'" ((Irand Dôme ) et leur longueur de Gio™. Leur ornementation est tellement extraor- dinaire que nons les livrâmes de suite au public, api^ès y avoir installé la lumièr(> électriijue.

Une des salles, le ( irand Dôme, était orientée dans la direction des galeries de rigiie Saint-Sol, et quelques sondages nous firent trouver Forifice, en- coudiré d'argile, d'une galerie basse allant dans la dircclion cberchée. >(0us la déblayâmes et cheminâmes encore l'espace <lc i,)o"', lorsipi'une grève de nos ouvriers nous arrêta, à moins de loo™ du but; nous n'avons pas encore repris les travaux dans celle direction.

(Cependant, outre le percement vers Sainl-Sol, une autre question hantait notre esprit, lâcher de retrouver le pass.age acluel des eaux.

Un point bas se trouvait au boni d'une salle dite du Lac, et nous avions songe dès le début à y faire des sondages, pensant Ironvei' une série de galeries nouvelles devant nous conduire à la rivière rêvée.

s'accumulaient les suintements de l'hiver, formant une nappe d'eau, qui pendant [)lusieurs années arrêta nos projets.

Ce n'est qu'en novembre 1908 que ce point se trouva suflisamment des- séché poiu' (pie nous pussions y enli'cprendre des sondages.

TjCS ouvriers s'enfoncèrent de 10'" dans lui bouchon compact, formé de couches allernatives de stalagmite très dure et d'argile.

Enfin le i 1 juin i <)()<) nous trouvions une cavité libre de 5V"de long, puis une séiie de pdils dômes réguliers, d'un diamètre nu)ven de 10'", d'une hauteur moyenni* de (>'", séparés les uns des antres par des étranglements de cpjelques cenlinu'tres de diamètre. Le 18 juin, de déblais en déblais, nous arrivions au bord d'une rivière souterraine se poursuivant sur 120'" de long, et se teiininaul sous mi si|)hon (pie nous espérons forcer à l)ref (h'Iai. Tj'ornenienlallon de la vaste salle fpii coulient celte rivière est de toute beauté.

Tel est le i'(''sinu('' des elFoils faits de i()02 à ii)0() pour \énlier nos |>ré- somptions, et nous [jouxoiis dire que le résultai en est salisl'aisanl.

Mais la découverte de la ii\i('':e souterraine a pour unus encore un aiilre

SÉANCK DU ■) JUIIJ.ET I909. (19

intérêt. Nous avons pai'lé jadis ici mèine (') d'nn projet de laboratoire zoologique souterrain. Nous avons maintenant le local tout trou\é.

Nos premières expériences au laboratoire des Catacombes (-), cITecluéos dans des conditions u\] peu trop arlilicielles, nous ont cependant donné des résultats par trop encourageants pour que nous ne soyons pas en dioit d'espérer quelque chose de vraiment complet et de vraiment décisif d'obser- vations continues elTectuécs dans une vraie rivière souterraine et dans un milieu vraiment naturel.

GF.OLO(iIli. Stir les zones morphologiques de la Suisse occidcntule. Note de M. E. Uo.>iek, Iransmise par M. Michel Lévy.

Les observations si exactes de ,1. Brnnlies et les spéculations de \\ . Kilian ont démontré que la plupart des traits caractéristi(jues de la scul|)ture des vallées glaciaires sont le résultai, non pas du creusement par le glacier lui- même, mais de l'érosion sous-glaciaire cl intergiaciaire. Les grands gradins (pii se trouvent le long du [)iofil longitudinal des vallées glaciaires, et qui constituent l'un des traits im[K)rtanls du paysage glaciaire, ne sont cepen- dant pas explicables par l'érosion des eaux courantes seules. (Je phénomène et les grands lacs marginaux qui en sont laconsécjucnce, sont-ils dus au sur- creusement ?

Me hasaiil sur les Cai'les de l'Atlas Siegfried, j'ai dessiné un grand ii(iiiihi-e de |ir(illls iongiUidinaiix des vallées du bassin du lihôno, de l'.Var, de la Sarine, auisi que des régions voisines du bassin du Tessin. I^es piollls coloriés au ruo\en des Caries géolo- gi(|ues oiU fait ressoilir l'inllueuce Icetonique passive sur ce pliénoinéne. I^es gradins distingués suivant leur bailleur en cini( classes (lôo"', 3oo"', 5oo"', 7.50'" et au-dessus de 7.')o"') et les lignes de plus forte érosion actuelle, reportés sur la Carte générale de la Suisse (i : aSoooo), m'ont donné un aperçu de qiieliiues traits morjiliologiques intéressants pour la Suisse, que je vais signaler.

I. Les grands gradins situés sur le profil longitudinal des vallées se trou- vent dans une série déroches dont la dureté est très variable; les roches, dures dominent aux points les plus accentués du profil, l'uisque le granit

(') AiniAM) \iiii>, La faune souterraine du Puits de Parlirac {Comptes rendus, 2S mars içiû'i), La f>iospélci>l(ii;ie {Coini'les renr/us, 5 décL'mbre 190.'! ).

(-) AinivNn \ IRÉ, Sur quelques e.rpérimees effeetuées au lahoraloire drs Cata- eonibes du Muséum d' llisloire naturelle (Comptes rendus, i!\ mars 1904).

7<) ACADÉMIE DES SCIENCES.

iiilriKsil de \ ciiuiiiiio, le i^iieiss d'Anligorio ou les i|iiarlzile.s du Trias se inoiilrenl sur li; tond plal dos vallées et (|ue les coiiclies du llyscli ou les uiarues iiéocomienncs se li'<)u\enl sur i(MU|)laccui('ul des t^i'auds seuils, an peu/ en conclure que ces fatts ne sont pus diwantage en accord avec les règles du sitrcreitsrment qu'avec celles de l' érosion fluyidlilc normale.

Les giatuls giadiiis iiiaiii|(ioiil oicllriiuicineiit au \cii^iiia;;o de la ciiiilluence des anciens glaciers.

On peut encore remarquer que la zone des grands seuils s'étend Jusqu'à une ligne tectonique : la zone des Cols de Uenevier.

Le Icrritoirc des Hautes-Alpes se disliii^tie cependaul par uu Irait dyua- initpu^ qui est en désaccord frappant avec la pente t'oruiidable des liialuegs cl des versants uioutagneux ; je veu\ nieulionuer rextrcuie faiblesse de rc-rosion aciuelle e.\|)li(puinl le fait bien C(juuu de la conservaliou si fVaiclie du modelé des vallées i^laciaires. La desirucliou des seuils \\\ est pas en rapport avec la pente et la masse d'eau; en outre, l'érosion est normale dans les versants exposés au Sud et au Sud-Kst.

La faiblesse de l'érosion dans les vallées secondaires est en coiinevioii avec un Irans- port peu considérable dans les vallées principales : d'où résultent leur masse énorme en terrains de comblement et leur richesse en cônes de déjection et d'alluvion.

Art zone des Hautes-Alpes est donc caractérisée par le dépérissement général du modelé actuel par les eau.r courantes.

II. l'.n dehors des Ihiules-Alpes, dans les l'réalpes, les grands seuils disparaissent. On n'en remar(|iie aucun au\ continences des glaciers du bassin de la Sariiie. de la Singine et de la Simme; les interruptions exceptionnelles de la courbe dérosion sont liées ici aux bancs durs (la .logno). Ce phénomène doit être bien distingué de celui des grands gradins hauts-alj)ins.

Au lieu de seuils, il existe ici des régions à forts courants séparant des bassins d'accumulation; ceux-ci croissent vers l'aval et fliiissonl paido ;;randes cuvettes sèches ou souvent inondées.

La zone des hassms d'accumulation et des lacs, spécialement da/is la Suisse occidentale est limitée, elle aussi, par une ligne tectonique : l'are anticlinal de la molasse.

III. Dès (pic Pou iVancliit le dernier g'rand accident de la molasse, on entre dans la troisième zone morphologique de la Suisse : cesl le IMateau, b'^èremenl oiultdé, cotislrtiil lioriziiulaliMuent. Dans celte région, l érosion par l eau courante atteint son ma i mutin.

SEANCE DU ) juii.M-yr 1909. ni

Tous les fleuves, quillanl les bassins d'acciimulalioii, Iraversenl le l'Iateau dans des f;or);es profondes et étroites. Le piofil longitudinal irrégulier des vallées est en accord avec leur profil transversal aigu ; les petits ruisseaux arrivent par d'importantes rup- tures de niveau dans les vallées principales. Ce pliénomène est frappant, surtout si on le compare au\ diliérenccs irjsiguiliantes des deux ni\eau\ de dénudation. La plate- forme elle-même e>t pauvre en eau\ courantes. Les filets d'eau divaguent en toutes directions; f|ueli|ues-uns, quoique assez importants, se dirigent parfois au Sud, vers les Alpes.

fjfs r(''j;ioiis iu()i-j)liol()yii|iii's doivent avoir iiik^ taisoii riior|i|i()i^(''n(ii(|iu', cl je ne p(Mi\ la Iroiivcf (|ii'<'ii icloiiitianl aiiv aiiciiMiiies idées, développées (rime façon si exacle par Albert Fleim et ses célèbces prédécesseurs tels que Studer et Desor. I^es mouvements dus au tassement des Alpes ne sont cependant pas sufiisanis pour explicpier l'ensemble des zones mor[)bolo- . giques suisses. La niorithologie des dcur zones alpines exige lliyputhèse dr plusieurs nioincnicnls èpéirogénitiucs, auxquels l'ense/nhle des Alpes a pris IHirl .

Le motn'einenl de soulèvement a élé dans la suite remplacé par un mouve- ment d' affaissement .

Gomme cons(''(pieiice alisolue de ce dernier, nous ne [)ouvons constater (jue l'existence des lacs el des j^fands bassins d'accunuilation dans les l'réalpes, ainsi (pie le t'ait étonnant de la faiblesse de l'érosion dans les llaules-Alpes. Ces différents pbénomènes ne sont explicables cpie \yav un abaissement continu de ce teiriloire juscpi'à nos jours.

La p"résence des grands lacs marginaux est due à deux causes : d'une part, à rabaissement des Alpes en hlor et, d'autre part, au mouvement de bascule (pu a fait du même coup monter le Plateau suisse.

La morphologie de celui-ci est celle d'un pavs en voie de rajeunissement; c'est la région classique qui a donné l'impulsion aux premières gi-andes idées morpliologi<|ues.

SISMOLOGIE. Sur les tremblements de terre des i 1 et i^juin. Note de VI. Ai.FiiED Anoot.

A la suite du tremblement de terre dn i 1 juin, un ((uestionnaire a élé adressé à MM. les Maires de toutes les communes ('iJoS) des 17 départe- ments du Sud-l']st. Les réponses parvenues à l'heure actuelle, au nombre de 26o3, permettent déjà, non de tracer avec précision les lii^nes isoséistes, mais de fixer assez exactement l'extension du phénomène. Le l'ableau sui- vant donne pour cluupte département le nomjjre total des réponses, celui

72 ACADÉMIE DES SCIENCES.

dos l'Aponses affirmatives, constatant qnc le phénomène a été réellement oJJservé clans la commune, et enlin le rapport de ces denx nombres en cen- tièmes. (Je rapport indique ainsi la fraction relative de la surface du dépar- tement où le trend)lemcnl de terre a pu être constaté directement.

Hc|ionses.

. -^^.^ - iiii - Pr<ipi)ilion

Iii_'|Kii Iciiiuiits. Nombre Inial. Allirmiil ivi'S. en cenliémcs.

Boiiclies-;lii-Hliôiie 88 88 loo

Va I- , I 1 G I i l 98

\auchise i3o 127 98

Alpes-Maiitinies 67 61 91

Gai-cl 298 270 91

Basses-Alpes 177 l 'i.") 82

lléiaiilt 197 i55 79

Di ôiDc 89 33 37

j'yiéiicJes-OiioiUalcs . . . . 98 28 29

Aidi'clie 2>9 64 a8

I tantes- A l|)es ii3 22 ig

A ikIc 249 47 ' 9

Lozère 87 i4 ifi

lIaiile-l>oire 164 aS i5

Tain 190 27 i4

Avevroii 106 i4 '3

Allège 2o5 7 3

La surface relative éprouvée est tiès grande dans les sejtl premiers dé- parlements et décroît rapidement dans les départements suivants.

Les documents parvenus montrent cju'en dehors de la zone .généralement éliranlée et parfois à des distances assez grandes, il existe des îlots isolés le tremblement de terre a été également ressenti. Il sera intéressant de rap- procher ce phénomène des particularités géologi([ues. Parmi ces îlots très éloignés de la région centrale, on peut signaler l'arrondissement de Sarlat (Dordogne), plusieurs personnes, assises ou couchées, ont ressenti les secousses. Une observation analogue m'a été transmise par le gardien du ])hare de Contis ( Landes), (pii se trouvait alors dans la lanterne du phare, l'^nfm, à l'Observatoire de Boi'deauv-Floirac, les astionomes de service n'ont rien ressenti tbrectemeiU; mais la pendule sidérale b(''noii 27, munie d'un échappement à ressort, s'est arrêtée à 2i''iy"'30'" (temps moyen de Paris).

Depuis le tremblement de terre du 1 1 juin, une aulie secousse a été res- sentie le mercredi 23 juin, vers i9''45'" (temps moyen de l'aris) dans le

SÉANCE DU J JUILLET 1909. 73

département de la Vendée. Elle a été notée dans les sept communes sui- vantes : les Herbiers, les Quatre-Chemins-de-l'Oie, Saint-Fulgent, Cha- vagne-en-Paillers, Chauché, La Rabatalière et Bazoges-en-Paillers. Les secousses avaient la direction SW-NE et ont duré environ 2 secondes; leur intensité ne parait pas avoir dépassé au maximum le degré IV de l'échelle Mercalli.

Depuis le 11 juin, les deux sismographes du Parc-Saint-Maur n'ont, du reste, enregistré aucun mouvement microsismique appréciable.

MÉTÉOROLOGIE. Sur un essai de défense contre la grêle. Note de M. de Beauchamp. (Extrait, i

Saint-Julien-l'Ars (Vienne) j'habite était souvent atteint par la foudre. Quelquefois de violentes chutes de grêle ravageaient les l'écoltes et particu- lièrement les vignes. En i885, les dégâts furent très élevés.

Le parc du château était foudroyé tous les ans, les plus beaux arbres étaient détruits. Les habitants du pays prétendaient cju'il y avait un véritable courant orageux dont le cours semblait à peu près fixe. De fait, les obser- vations semblaient confirmer cette hypothèse.

En 189g, je profitai de la construction d'un clocher élevé pour y faire adapter, par un spécialiste de Paris, un conducteur à lame de cuivre abou- tissant à la nappe aquifère.

De fait, à Saint-Julien-l'Ars, il n'y eut plus de coups de foudi-e dans le parc ni dans les environs. Est-ce l'effet du hasard? La grêle disparut; on a signalé en 10 ans une petite chute à 800" du poste en amont dans la direction du vent.

M'étaut trouvé à Saint-Julien-l'Ars pendant une période très orageuse, il me sembla être dans un oasis, tandis qu'à droite et à gauche le tonnerre faisait rage.

Sans rien préjuger de l'avenir, il me parut qu'il y avait lieu de continuer les essais. J'étudiai un barrage électrique Est-Ouest, de Poitiers au Blanc; cette direction barre celle Sud-Ouest des orages annuels, est bien desservie et comprend des locahtés importantes, ce qui permettrait des observations plus faciles.

L'expérience seule pourra déterminer l'importance de la protection obtenue et guider pour l'écartement des postes et bien^d'autres détails.

C. R., 1909, Semestre. (T. CXLIX, 1. ^^

74

ACADÉMIE UES SCIENCES.

PHYSIQUE DU GLOBE. Nouvelles observations sur les courants telluriques entre stations à grande différence d'altitude. Note de MM. B. Brcmbes et P. Davib, présentée par M. Bouty.

Dans une précédente Communication (Cowjoie*/-em/«^, 21 décembre 1908) nous avons signalé nos études, poursuivies depuis igo/j, sur les courants telluriques dans une ligne télégraphique allant de la Faculté des Sciences de Clermonl au sommet du Puy de Dôme et nous avons appelé l'attention snr un double caractère de ces courants : grande dillérence de potentiel nor- male entre stations extrêmes; 2" valeur exceptionnellement élevée des per- turbations par temps de trouble magnétique. Ces deux propriétés semblaient, a priori, corrélatives. Nom avons reconnu, au contraire, qu elles tiennent à des portions différentes de la ligne.

Nous avons établi deux prises de terre intermédiaires, l'une à la station de la Font-de-l'Arbre, l'autre au pied même du Puy de Dôme, dans la plaine de Lascbamps, et mesuré la différence de potentiel moyenne sur chacun des trois tronçons ainsi constitués. Le Tableau suivant définit la posi- tion des prises de terre et donne les différences de potentiel :

Uireclion Direction

de la de la

ligne ligne

droite Distance droite DilTérence

allant horizontale allant de (jolenliel

Distance du entre de chaque moyenne

horizontale P. de D. deux station - - ■—

Station est \lti- du à la stations à la avec le sur le

une prise de terre. nide. P. de D. station, successives, suivante. P. de D. tronçon.

ïoll

vull

P--l«Dôme ,465 o ,^^^"> 53,;,, o _^;-

Laschamps 98.5 1200 S36E ^.^^ g^^^. +i,b _^^ ^

Font-de-rAibre... . 812 3i8o E 7°S -, ., -+-2,0 '

' 0700 h. s \ 0,0

Clei-nioiU (Faculté). 400 gbao L -I-'-.

Le potentiel à chaque station a une très faible variation diurne par calme magnétique. Mais il y a une variation annuelle qu'il y aura lieu de préciser et qui arrive, parfois, à rendre incertain le sens du courant pris entre Las- champs et la Faculté. En tous les cas, le potentiel passe par un maximum à la Font-de-l'Arbre. Et la grosse différence de potentiel normale existe entre le sommet et le pied de la montagne.

Four localiser les différences de potentiel occasionnelles provenant des orages magnétiques, nous avons enregistré à la fois, pendant un certain nombre de nuits, en mai et juin 1909, le courant telluriquc sur le tronçon

SÉANCE DU 5 JUILLET 1909. . ■jS

PuvdeDôme à Laschamps(à l'aide du milliampèremètre enregistreur de la station du sommet) et le courant tellurique sur le tronçon Font-de-l'Arbre à la Faculté laide d'un galvanomètre shunté et de l'enregistrement photogra- phique). (Jn a d'ailleurs pris la précaution d'enregistrer souveni le courant sur la ligne entière avec les deux, enregistreurs de type diH'éreiit, en série aux. deux bouts, et de vérifier l'identité des courbes obtenues. De part et d'autre, on graduait les courbes en insérant dans la ligne, durant 5 ou 10 minutes, un accumulateur chargé, ce cjui donnait directement, et indé- pendamment de la résistance des prises de terre, la valeur de l'ordonnée en volts.

Tous les troubles magnétiques enregistrés ont donné une perturbation j>lus forte sur le tronçon Font-de-i Arbre à la Faculté que sur le tronçon Las- champs au Puy de Dôme, et non seulement plus forte en valeur absolue, mais plus forte rapportée au kilomètre.

Prenons pour exemple la nu il du iS au ic) mai 1909. Le 18, entre 2 i''20"' et. 21 ''28™, la

difTérence de potentiel sur la ligne Fonl-de-l'Arbre à la Faculté a varié de 1.875 volt.

^ niiliivolls , . , 11-11 T.

soil 200 y-r. : .\u même moment, le courant sur la lii'ne Lascliamps au 1 uv

kilomètre

de Dôme a subi une variation correspondant à moins de 0,12 volt, soit moins

millivolts de 100 r-r-, ;

Kilomètre

Les courbes ont été comparées à celle de Tortosa. Le courant Est-Ouest à Torlosa a

donné une courije semblable à la notre, mais avec une amplitude de perturbations

1 , ,. 1 1 T 1 . 1. r, 11 . . millivolts

beaucoup plus faible. La perturbation de 21" 28'" correspond seulement a 14,-r; -.

' ' ' ^ kilomètre

Par contre, le courant Nord-Sud à Tortosa a présenté, la nuit du 18 au 19, des perlur-

, . - millivolts

bâtions atteignant 000 r-r

kilomètre

La comparaison d'autres périodes troublées a donné des résultats du même ordre.

Le rapprochement des courbes de Tortosa et des nôtres permettrait de conclure à une absence de proporlionnalité entre les composantes perpen- diculaires des perturbations aux deux observatoires, c'est-à-dire à une diffé- rence dans la direction des courants telluriques, si notre tronçon Nord-Sud. (ou au moins dont la composante principale est Xord-Sud ) n'était pas en même temps très incliné par rapport à l'horizon : il faudrait avoir une ligne Nord-Sud en plaine, ou à peu près, ce qui nous manque.

Mais une double conclusion s'impose dès maintenant : La sensibilité de notre ligne Est-Ouest aux perturbations magnétiques, sensibilité de l'ordre de vingt fois celle de la ligne Est-Ouest de Tortosa, ne tient pas à l'énorme diffé-

yb ACADEMIE UES SCIENCES.

rence d'altitude entre le Puy de Dôme et Clermont. Il est donc raisonnable de penser qu'en d'autres stations on pourra établir des lignes télégraphiques courtes de sensibilité analogue.

Les lignes Est-Ouest sont caractérisées par la faiblesse de la variation diurne des courants telluriques qui les traversent en temps de calme. Tandis que dans les observatoires magnétiques d'Europe, en général, on caractérise comme journées calmes (o de la conférence d'Innsbruck) les journées les variations accidentelles de la déclinaison, par exemple, n'ont pas atteint le tiers (ou, en certains cas, la moitié) de l'amplitude de la variation diurne du même élément et comme journées très troublées (i d'Innsbruck) celles les variations accidentelles oui dépassé l'amplitude de la variation diurne, nous avons été conduits à noter du cliifFre o les journées les perturbations sur notre ligne Est-Ouest n'ont pas atteint 5o millivolts par kilo- mètre, et à réserver le degré 2 aux journées les perturbations ont dépassé 170 millivolts par kilomètre. Et la publication trimestrielle du Caractère magnétique prouve que notre classement des jours du mois concorde aussi bien avec ceux que donnent les autres observatoires magnétiques, que ceux-ci entre eux.

La recherche des régions il serait possible d'avoir des lignes dirigées de l'Est à l'Ouest, ;i faible variation diurne, et à grande sensibilité aux per- turbations, recherche qu'autorisent nos résultats, aurait, à côté d'un intérêt théorique considérable, un intérêt pratique de premier ordre, en fournissant le moyen le plus simple d'inscrire les troubles magnétiques.

M. L. SciiLussEL adresse un Mémoire Sur ii détermination des valeurs absolues des actions vives dans tes voies ferrées .

(Renvoi à l'examen de MM. Léauté et Seberl.)

M. A. Etévé adresse une Note et un Mémoire Sur le vol des oiseaux et les ornithoplanes.

(Renvoi à la Commission d'Aéronautique.)

A 4 heures un quart, l'Académie se forme en Comité secret.

La séance est levée à 4 heures trois quarts.

G. D.

ACADÉMIE DES SCIENCES

SÉANCE DU LUNDI 12 JUILLET 1909.

PRÉSIDENCE DE M. Émilr PICARD.

MÉMOIRES ET COMMUIVICATIOIVS

DES MEMBRES ET DES CORRESPONDANTS DE L'ACADÉMIE.

M. le Secrétaire perpktuei, annonce à rAcadéniie la mort de M. Henri de Pareille, qui, depuis plus de '3o ans, assistait aux séances et eu faisait le compte rendu dans le Journal officÀel cA dans le Journal des JJéhals, avec une netteté d'esprit, un tact et une courtoisie à laquelle tous se plaisaient à rendre hommage.

L'Académie, qui l'a vu à l'u-uvre pendant si longtemps, conservera le souvenir des services qu'il a rendus à la fois par ses articles de vulgarisation et par ses travaux originaux.

PHYSICO-CHIMIE. Sur la nature du changement qu'éprouvent les cristaux de sulfate de sodium heptahydraté au contact des cristaux du décahydrate. Note de M. D. Gerxez.

Une solution formée de i parties de sulfate de sodium ordinaire et de I partie d'eau, cliaufFée à rébullition, puis refroidie à l'abri des poussières du laboratoire, abandonne toujours, s'il y a, au fond du vase, un dépôt de sulfate de sodium déshydraté et si la température est inférieure à + 8°, des cristaux, volumineux lors(|ue le refroidissement a été lent, transparents, incolores, signalés jadis par Schweigger et que Lœwel a reconnus avoir une composition représentée par la formule Na-SO', 7H-O. Le liquide restant constitue une solution sursaturée par rapport au décahydrate Na=SO',ioHH).

^ ient-on à provoquer la cristallisation de ce dernier sel, en un point du li(iuide, par l'immersion d'un crislal ? f n faisceau divergent de cristaux

C. F.., 1909, 1' Senieatic. { T. CXLIX, N- 2.) ' I

78 ACADÉMIE DES SCIENCES.

s'allonge à partir du jioinl touché el, dès que cliacuu d'eux rencontre un cristal d'heptahydrate, il y produit une tache blanc'ie qui se propage dans toute sa niasse, en s'accentuant avec le temps, de manière à lui communi- quer l'opacité et l'apparence de la porcelaine.

Ce changeaient a été considéré d'ahord comme une modification allotro- pique qu'on a assimilée à la dévitrification du soufre clinorhombique, qui se change, avec le temps ou. comme je l'ai démontré jadis, à volonté, par le contact d'un cristal orthorhomhique, en éléments de même forme.

Plus tai'd ('), on admit que, lorsqu'un corps susceptible de donner deux hydralesa déposé spontanément de sa dissolution des cristaux de l'un d'eux, si l'on amène à leur contact des cristaux de l'autre hydrate, il se produit une transforma lion sons l'inllnence de ceux dont le d(''pôt a été spontané, et l'on appliqua cette proposition aux hydrates de sulfate de sodium.

Ijne troisième explication a été donnée en 1898, dubitativement il est vrai, par l'illustre savant M. Vaut Hol]"(-) en ces termes : « 1/heptahydrate se transforme, peu à peu, en une niasse porcelanée, changement (pii résulte sans doute d'une décomposition en décahydrate et en sel anhydre .-

Kxaminons successivement ces trois explications : La première sup- ]iose que l'heptahydrate change seulement de forme cristalline, au contact du décahydrate, sans changer de composition. Or, il est facile de constater qu'il n'en est rien. En quelque point qu'on prélève une parcelle, si minime qu'elle soit, de la masse [)orcelanée, on trouve (ju'elle contient du décahydrate, car elle provoque la formation de cristaux de cette nature au contact d'une solution sursaturée de sulfate de sodium.

La seconde explication proposée ne peut s'appliquer au cas actuel; en edél, l'heptahydrate est le sel qui se dépose spontanément et, d'après la proposition donnée comme générale, c'est lui qui déterminerait la trans- formation du décahydrate arrivanten contact avec lui. Or, même longtemps après 1 opacification complète des cristaux d'heptahydrate, on n'observe aucun changement dans les cristaux transparents de décahydrate formés dans la solution sursaturée ambiante.

3" La troisième explication suppose la transformation de l'heptahydrate en décahydrate et sulfate anlndre; on peut l'exprimer par la formule

io\a-SO'.7HM) yNa^SO', loIPO -+- 3Na-S0''

(') Wiiiiz. nictinniiaire de Cltimic, l. Il, 1870, p. 09. \'-) l.cçnna de Ckiinie phyxu^iie , i''' l'yrtie, p. 62.

SÉANCE uu m JUiLLirr 1909. 79

et invoquer en sa faveui' le fail ([ue j'ai signali' de la présence tUi déca- hydrate dans toute parcelle des cristaux blancs. Or, (pielle est la composi- tion de ces cristaux ? Les anahses de Ziz et de l''arada\ lui assignent pour formule Na-SO', SHM). Ils contiennent réellement plus d'eau que l'Iiepta- hydrate. Lœwel, (jui les supposait imprégnés d'eau mère, eut soin d'opérer sur les cristaux transparents qu'il a purifiés par des lavages à l'alcool, et l'analvse lui montra qu'à l'état pur, non tianslbrinés, ils ne contenaient que^H^O. L'équation ci-dessus ne représente donc pas le phénomène réel.

D'autre part, on aurait pu imaginer ipic le dégagement de chaleur observé dans l'expérience détermine la désh\ dratation partielle des cristaux; mais, dans ce cas, il resterait à expliquer comment il arriverait que la déshydra- tation des j\- de l'heplahvdrate serait acrom[)agn(''e du phénomène inverse : l'hydratation des ^^ restants.

Quant au dégagemenl de chaleur, je l'ai ('-ludié directement, .l'ai placé un thermomètre dans l'axe d'un large tube au fond duquel j'avais laissé ur. peu de sel anhydre et (pii contenait une solution très concentrée de sulfate de sodium amenée à l'élnillition. Exposée à uu refroidissement leul, la solu- tion abandonna des cristau.x d'heptahydrate. I^orsque ces cristaux eurent entouré le réservoir et une partie de la tige du thermomètre, je provoquai la cristallisation de la solution sursaturée et je trouvai ([ue la température s'éleva jusc{u"à 22".Je répétai la mèmeex[)érience, mais eu ne laissant se pro- duire que des quantités de cristaux d'heptahydrate plus petites que dans l'expérience précédente et je constatai que l'élévation de température était d'autant plus grande que ces quantiti''s d'heptahydrate étaient plus petites et s'élevait alors vers 'icf. (Jette élévation <le temp(''rature était due à la chaleur de solidification des cristaux de décahydrate. Il n'y a donc j)as lieu de faire intervenir la chaleur dans l'explication de la transformation des cristaux d'heptahydrate.

Bien avant qu'on proposât ces explications et dès mes premières recherches sur les solutions sursatiu'ées, j avais ( ' ) fail remarquer que raccroissement d'un cristal dans un dissolvant se fait par couches super- posées qui, le plus souvent, emprisonnent une petite quantité d'eau mère, nettement visible lorsqu'on brise un cristal dune certaine dimension^ Or, dans l'expérience qu'il s'agit d'expliquer, les cristaux d'heptahydrate se sont développés au milieu d'une solution qui reste sursaturée par rapport au décahydrate. La présence de ce liquide interposé dans le réseau cris-

(') Comptes rendus, t. L\I, ij mai iS6.l p. 1027.

8o ACADÉMIE DES SCIE^CES.

liillin n'en Iroiihle pas sensiblement la transparence. Mais, lorsqu'on fait crislaiiiser la solution ambiante à l'aide d'un cristal de décahydrale, dès que les cristaux de ce sel en s'allonj^eant le rencontrent, ils pénètrent entre les assises cristallines de riieptahvdrate, s'y interposent à l'état solide, changent la direction des rayons lumineux qui le traversent et produisent un elîet analogue à celui que produit la pulvérisation d'un corps transpa- rent et incolore comme la glace ou le verre. Cette explication suppose donc ime pénétration du décaliydrate dans chacun des cristaux de l'heptahydrate, sans qu'il y ait de changement de composition dans l'un ou l'autre des deux corps. Pour la rendre irréfutable, il suffirait de démontrer qu'on peut faire disparaître par exemple les cristaux de décahydrate et constater que ceux d'heptahydrate se retrouvent inaltérés. L'action de la chaleur ayant pour effet de déshydrater les deux sels dès qu'on dépasse la température de 33°, la démonstration directe est impossible avec le sulfate de sodium.

J'ai reconnu jadis {') que les solutions aqueuses d'un certain nombre de sels, amenées à un degré suffisant de concentration, peuvent, comme celles de sulfate de sodium, donner par refroidissement des sels moins hydratés que ceux (pi'on avait observés auparavant. Le chromate de sodium Na-CrO', ioH-0 fondu et amené à l'ébullition laisse déposer, par refroi- dissement, un tétrahydrate l\a-Cr0'',4H"O, cristallisé, au sein d'une solu- tion qui, aux basses températures, reste sursaturée par rapport au déca- hydrate. Vient-on alors à toucher cette solution avec un cristal de ce dernier sel, aussitôt se produit un faisceau divergent de cristaux de décahydrate qui, dès leur rencontre avec ceux de tétrahydrate, font pâlir leur couleur jaune et peu à peu les rendent complètement opaques. C'est le même phé- nomène que pour les hydrates de sulfate de sodium avec les mêmes particu- larités. Il y a, dans le réseau cristallin du tétrahydrate, pénétration gra- duelle des cristaux de décahydrate. Mais, ce que nous ne pouvions pas faire avec le sulfate de sodium est réalisable avec le chromate de sodium ; nous pouvons démontrer que les cristaux de tétrahydrate n'ont éprouvé aucun changement. En effet, la température de fusion des cristaux de décahydrate est environ 22°, celle du tétrahydrate, 60". On chauffe le ballon qui con- tient les cristaux opacifiés de tétrahydrate laissés au contact du décahydrate à une température supérieure à 22°, mais inférieure à Go", puis on laisse refroidir l'ensemble. On constate que les cristaux de décahydrate ont dis- paru à l'état de solution sursaturée et que ceux de tétrahydrate sont rede-

( ' ) Annales scientifiques de l'École normale supcrieure. n" série, l. \\\, 1878, p. 9.

SÉANCE DU 12 JUILLET r909. 8l

venus transparents et se retrouvent en quantité constante. Ce qui prouve (juils n'ont pas subi de transformation.

L'acétate de sodium se prête facilement à la même démonstration. Le sel i\aC-HM3-, 3H-() additionné d'un peu d'eau et chaufTé dans un tube à l'ébullition. puis ramené à la température ordinaire, se remplit de feuillets cristallins de l'hydrate NaC*H'0-.i,5H^O, baignés d'une solution sursa- turée par rapport au trihydrate. Vient-on à toucher le liquide avec le trihydrate, une tache blanche envahit toute la masse cristalline, avec grand dégagement de chaleur et l'opacitie complètement. Ici encore il y a péné- tration et non transformation des cristaux à i,5H-0; car si l'on chauffe le tube au delà de 58°, 7, température de fusion du trihydrate, puis qu'on le laisse refroidir, on retrouve les cristaux de l'hydrate i,5H-() transparent, baignés par la solution sursaturée par rapport au trihydrate.

L'azotate de calcium Ca(AzO')^,4H-0 donne, dans des conditions ana- logues, un trihydrate baigné par une solution sursaturée de tétrahydrate et qui devient blanc quand on fait cesser la sursaturation. Le dépôt cristallin mixte, chauffé au delà de '12", point de fusion du tétrahydrate, laisse, après refroidissement, le trihydrate transparent, entouré de la solution sursaturée primitive.

Il en est de même de l'hyposullite desodium Na-S=0%5H-0, avec lequel on peut obtenir un dihydrate fusible à 5o",3.

Pour chacun des sels que je viens d'indiquer, c'est le plus hydraté des deux qui entre en fusion avant celui qui se dépose spontanément et il est bien démontré qu'il en détermine l'opacité en pénétrant à l'état cristallin dans son réseau. On peut donc, par analogie, conclure qu'il en est de même pour les hydrates de sulfate de sodium, dont la déshydratation trop facile rend l'expérience impossible. J'ai jugé utile cependant de corroborer par des expériences directes la conclusion qu'on peut déduire de la manière dont se comportent les sels précités.

I. J'établis d'abord qu'au contact d'un cristal de décahydrate

Na-SOSioII-o,

chaque cristal d'heptahydrate Xa-S0'',7H*0 devient opaque à partir du- point touché et que le phénomène se propage, dans l'intérieur de ce cristal, comme il le ferait dans un corps poreux qui serait imprégné de la solution sursaturée ambiante.

A cel effet, j'emploie des tubes en tj, de 20"™ ou lo"" de diamètre, dont la partie coudée a été étirée en un tube étroit de 5"™, 3""™ ou i"'" de diamètre. J'y verse une

«2 ACADÉMIE DES SCIENCES.

solulion très concentrée el chaude de sulfate de sodium et j'y laisse tomber de petite fragments chauds de sel anhydre <]ui s'engagent dans la partie étroite. Ils y provoquent, pendant le refroidissement, lorsque la température descend au-dessous de 4-8°, la for- mation d'heptahydrate. Avant le complet développement de ces cristaux, j'introduis une lige métallique, préalablenienl cliauffée, dans l'une des branches du tube et j'écrase les cristaux déjà formés, de manière à les engager et à les comprimer dans la partie étroite. .le remets de nouveau le tube dans le bain réfrigérant pour compléter le dé\eloppement des cristaux d'heptahydrate. Pour m'assurer que l'obstruction du tube est complète, je mets l'un de ses orifices en communication avec une tromjie aspirante et je constate qu'il n'y a pas de changement dans le niveau du liijuide. .l'amène alors à sa surface une pointe de longue aiguille qui a touché un cristal de décahydrate : aussitôt, du point touché part un faisceau divergent de cristaux de ce même sel qui s'allongent dans la solulion. gagnent la partie occupée par l'heptahydrate qu'ils blanchissent, la tra\ersent el viennent faire cristalliser la solution sursaturée de l'autre branche du tube en U. Celle propagation est très nettement visible et il est impossible de constater une dilléreiice dans sa vitesse à travers les couches liquides et la région obstruée ])ar les cristaux d'heplahydrale.

II. Les expériences suivantes ont pour objet d'établir que le changement éprouvé par rheptabvdrate au contact du décahydrate peut être subi par ce dernier sel lui-inéuie sous Tinlluence de la cristallisation d'un liquide interposé dans son réseau cristallin, Feau par exemple.

J'ai prè|)aré une solution aqueuse de sulfate de sodium décahydrate, saturée à une température inférieure à + 20; je l'ai décantée, légèrement chaufTée et filtrée. .T'évitais ainsi qu'il restât une parcelle de sulfate anhydre qui aurait pu provoquer pendant le refroidissement la formation de cristaux d'heptahydrate. J.'ai introduit celle solulion dans des tubes de verre de i"" à 2'"' de diamètre intérieui' que j'ai plongés dans un mélange réfrigérant à 10°, 12" environ. Il se produit, à cette basse température, une cristallisation spontanée de décahydrate qui forme, contre la paroi intérieure du tube, une, gaine cristalline transparente, contenant la presque totalité du sel dissous: à l'intérieur de celte gaine se trouve de l'eau très peu salée.

Une réfrigération plus accentuée, produite au bas du tube, détermine une formation de glace qui part du point le plus refroidi et se propage jusqu'à la surface. Gomme elle est accompagnée d'une augmentation de volume, on voit ^ortir, au centre de celle surface, un mamelon de plusieurs millimètres de hauteur. Or, à mesure que la glace se produit suivant l'axe du tube, la couche de décahydrate, incolore el transparente, devient graduellement de plus en plus opaque : elle a été opacifiée par la Iransfornia- lion en cristaux de l'eau qui pénétrait son réseau cristallin. Le décahydrate a subi, de la part de la glace, l'edel qu'il produit sur l'heptahydrate.

Si la réfrigération plus prononcée qui a déterminé la cristallisalion de l'eau, au lieu d'être pratiquée à la partie inférieure du tube, est produite vers la région du tube voisine de la surface libie de la solution, un eil'el pareil au précédent se produit, el les cristaux de glace qui résultent du refroidissement se propagent en descendant. Mais, comme ils obstruent le tube à la surface, l'augmentation de volume de l'eau qui

SÉANCE DU 12 JUILLET 1909. 83

se coni;èle déteriiiine sur la pai'oi du tube une pression produisant des fêlures parlant du point du tube i[ui présente le moins de résistance. Cependant, les cristHu\ trans- |)ai'ents de décaindrate. déposés antérieurement, sont de\t'nus opaques.

On peut facilement provoquer le refroidissement local du tube en tel point qu'on veut. Il suffit de le retirer du bain réfrigérant 011 il était et de l'exposer, pendant quelques secondes, dans la région voulue à l'action d'un jet mince de chlorure de met h vie.

Il n'est pas indispensable de procéder par réfriiiération pour arriver au même résultat. Lorsqu'on a refroidi vers 10" la solution initiale de sulfate de sodium et qu'il s'est déposé sur la paroi intérieure du tube une i;aine transparente de décahydrate, la solution restée liquide est presque de l'eau en surfusion. Il suffit d'y laisser tomber une parcelle de glace pour provoquer aussitôt la formation d'aiguilles de glace qui envahissent bientôt tout le liquide, pénétrent les cristaux de décalivdr.ile. et les blanchissent dans toute leur épaisseur.

Quel que soit le procédé employé pour réaliser lexpérience, on obtient des cristaux de décalivdrate blanchis par des cristaux de glace. Mais ces cristaux n'ont sulii aucune transforuiation. car, si l'on élève la température du tube qui les contient un peu au-dessus de 0°, on les voit redevenir transparents et incolores, la glace cpii les rendait opaques ayant repris l'état liquide.

III. J'ai réalisé des expériences pour ainsi dire inverses des précédentes, puisqu'elles consistent à rendre blancs et opaques les cristaux de ylace en faisant cristalliser dans lents réseaux cristallins le sulfate de sodium déca- li\draté.

.remploie, à cet ellel, des solutions moins concentrées que les précédentes, je les introduis liltrées dans des tubes et je les chaulfe pour enlever les poussières de déca- liNdrate qui pourraient, pendant le refroidissement, déterminer la formation de cris- taux. ,Ie les soumets à une réfrigération lente dans un l>ain très homogène et, lorsque la solution n'est pas trop concentrée, j'évite la production spontanée de cristaux de décali\drate. Il arrive souvent, pendant cette opération, qu'au lieu d'un dépôt salin, il y a congélation spontanée de l'eau et qu'elle forme une masse de glace, incolore et transparente, baignée par une solution saline. (Jette solution retient la plus grande partie du sel dissous et il est facile de constater qu elle est sursaturée, lui ellét, lors([u'on la touche en un jioinl de la surface a\ec une aiguille dont la pointe porte une parcelle de décahvdrate, on voit aus-itôl une toulle divergente de cristaux de ce sel s'allonger, en se propageant, non seulement dans la partie restée liquide, mais dans la glace elle-même qui devient bientôt opaque et blanche. Dans cette expérience, c'est le décahvdrate qui opacifie la glace, comme il le fait pour les cristaux d'hepta- Indrate.

Dans le cas oii la production spontanée de la glace est lente à se produire, on peut la provoquer immédiatement par la chute d'une parcelle de glace dans la solution refroidie.

Si la solution de sulfate de sodium employée a été saturée à une température su^pé- rieure à celle de la glace fondante, on trouve, après l'expérience, que, pour peu que le

84 ACADÉMIE DES SCIENCES.

luhe soit ensuite amené au delà de cette température, la glace disparaît laissant un dépôt incolore formé du décahydrate que la glace a abandonné.

Je crois pouvoir conclure de ces résultais que les solutions sursaturées concentrées de sulfate de sodium se comportent comme celles de cliro- mate, d'acétate et d"hvposulfite de sodium, d'azotate de calcium, etc. Que l'opacification des cristaux transparents moins hydratés au contact des hydrates supérieurs est due à la pénétration, dans les réseaux cristallins des premiers, de solutions sursaturées ambiantes des autres hydrates. Lorsqu'on provoipie la cristallisation du liquide extérieur, les cristaux plus hydratés se propagent à l'intérieur des cristaux moins hydratés sans leur faire subir de transformation, ni en éprouver eux-mêmes, et cet ensemble discontinu de deux corps transparents et incolores, dont les propriétés optiques ne sont pas les mêmes, produit sur la lumière blanche un effet qui les rend opaques et blancs.

CHIMIE GÉOLOGIQUE. Ohsenations sur la nature et l'origine des gaz qui formenl les fumerolles volcaniques ou qui sortent des cratères des anciens volcans. iNote de M. Armand Gautier.

Sans aucun doute, les gaz qui forment les fumerolles volcaniques, même les plus chaudes, sont émis principalement par les laves qui restent long- temps brillantes sous leur carapace relativement refroidie à Tair, bien plutôt qu'ils ne sortent directement des fissures et bouches par se sont écoulées les déjections volcaniques. Mais remarquons que ces laves arrivent au jour sursaturées à liante pression des gaz et vapeurs formés dans les profondeurs, et les fumerolles qu'elles émettent longtemps après leur sortie des failles souterraines sont bien les produits volatils des réactions qui ont présidé à leur formation et (|ui se continuent quehjue temps encore après leur émis- sion. (Jn sait qu'il s'échappe, des laves les plus récentes et les plus chaudes, des chlorures de sodium, de potassium, d'ammonium, de fer, de cuivre, de plomb, d'arsenic, etc., accompagnés d'un excès d'acide chlorhydrique, de vapeurs d'eau et de divers gaz. A mesure que ces déjections se refroi- dissent, les moins volatils de ces corps se concrètent dans les failles ou hors des failles, et les fumerolles ne se [^composent bientôt plus que des gaz et vapeurs les plus volatils.

Les analyses de ces parties volatiles formant après 3 et i8 mois les fume- rolles de la plus récente éruption du Vésuve (190G), analyses que j'ai dei-

SÉANCE DU 12 JUILLET 1909. 85

nièrement publiées aux Comptes rendus ( ' ), donnent lieu aux remarques sui- vantes :

1. Les gaz qui composent ces fumerolles sont bien dans leur ensemble ceux qu'on obtient quand on soumet à la distillation au rouge, dans le vide, les roclies primitives : granits, andésites, porphyres, ophiles, basaltes, etc. Quelques-uns de ces gaz tels que le méthane, l'oxyde de carbone, l'acide chlorhydrique, l'oxysulfure de carbone, l'ammoniaque peuvent acciden- tellement, ou localement, diminuer ou disparaître de ces fumerolles, de même qu'ils peuvent manquer plus ou moins dans la distillation des roches; mais, dans l'un et l'autre cas (sauf l'oxygène des fumerolles dont on discutera plus loin l'origine), l'ensemble reste le même. Dans les fumerolles, comme dans les gaz des roches, on retrouve la vapeur d'eau, l'hydrogène libre, l'acide carbonique, l'azote, l'argon ; de faibles proportions de méthane, d'oxyde de carbone, un peu d'hydrogène sulfuré, ces t;ois derniers corps d'ailleurs très variables. Il semble donc qu'on est autorisé à penser que, cet ensemble de gaz étant le même dans les deux cas et se produisant dans les mêmes conditions d'écbauffement des matériaux rocheux, le mécanisme qui leur donne naissance est aussi le même, à savoir, comme je l'ai établi autrefois (-), l'action de la vapeur d'eau à haute température sur les maté- riaux de ces roches avant ou après leur concrétion.

2. La vapeur d'eau qui se dégage des laves incandescentes et des volcans (Ch. SaiuLe-ClaireDeville, Fouqué, O. Silverlis, Lacroix, etc.)(' ) continue même après 18 mois à former la partie la plus abondante des fumerolles volcaniques. Sa quantité a varié, dans mes analyses, de 62, 5 à 77 pour 100™'. J'ai trouvé en moyenne :

Apres 3 mois, 65, ol\ de vapeur d'eau pour 100''°' de gaz des fumerolles. Apres 18 mois, 73, i[\ pour 100^"'.

Il est donc inexact de dire, ainsi qu'on l'a soutenu dans ces derniers temps, que les volcans n'émettent pas de vapeur d'eau et que celle qui peut accompagner le gaz des fumerolles provient des eaux de pluie qui auraient pénétré à travers les fissures des terrains volcaniques. Mais les laves incan- descentes sortant depuis plusieurs jours du cratère ne sauraient retenir des

(') Comptes rendus, t. CXLVIII, juin 1909, p. 1708.

(-) Voir- Comptes rendus, t. CXWII, p. 61, 189 et 982.

(') L'eau a élé recueillie par plusieurs de ces observateurs eu condeHsant les gaz sortant des laves encore incandescentes et liquides soit sur des ballons refroidis, soit dans des tubes et flacons entourés de glace la vapeur d'eau se liquéfiait.

C. R., 1909, 2' Semestre. (T. CXLIX, 2.) 12

86 ACADÉMIE DES SCIENCES.

eaux météoriques, bien au contraire, et l'eau que j'ai trouvée, et d'autres avec moi, dans les blocs et bombes rejetés par les explosions volcaniques n'y avait pas été introduite par les pluies. Les fumerolles observées par M. Lacroix les jours qui suivirent immédiatement la dernière éruption de l'Etna (juin 1908) dégageaient, écrit-il, un mélange suiï'ocant de vapeur (Veau et d'acide chlor hydrique. Elles étaient à une température de 412" envi- ron ('). l'allés sortaient de la lave encore rouge et pâteuse par de nombreuses fissures aux alentours des bouches explosives qu'elles jalonnaient. M. Lacroix ajoute même (p. 161) que l'absence de pluies avait permis la conservation sur place de toutes les sublimations formées depuis le commencement de l'éruption. Dans ces conditions il est inadmissible que ces laves eussent em- prunté leur eau à l'atmosphère ou au sol sur lequel elles coulaient depuis plusieurs jours.

L'eau existe donc bien dans les fuuieroiles même les plus chaudes, même dans les laves incandescentes qui continuent à sortir abondamment du cra- tère (-). Elle vient bien de la région se forment ces laves comme les gaz et vapeurs métalliques qui les accompagnent (/* ).

3. L'acide chlorhydrique que la plupart des observateurs, en particulier Fouqué, ont trouvé en abondance dans les fumerolles les plus récentes et les plus chaudes avait disparu entièrement ou presque entièrement au bout de 3 mois des fumerolles du Vésuve de 190(5. Ce gaz acide est certainement utilisé dans son parcours souterrain à retransformer en chlorures les oxydes et oxychlorures dus à l'action inverse de la vapeur d'eau.

(') Comptes rendus, t. C\L\ 11, p. 162.

(■-) Bien que les gaz des fumerolles du Vésuve que j"ai recueillies eu 1906 et 1907 fussent il une température de près de 3oo° et sortissent de laves concrétées, mais encore à 4o<>° ou 5oo" un peu au-dessous de la surface du sol, on peut admettre, sans doute, que dans ce cas une partie des 65 à 70 pour 100 d'eau ([ue j'y ai trouvés puisse provenir des eau\ météori(|ues ayant pénétré jusqu'à ces laves. Mais il ne saurait en être de même de l'eau qui sort des laves coulantes et incandescentes.

(') Le principal argument invoqué pour contester la présence de l'eau dans les fume- rolles volcaniques, c'est qu'elles peuvent déposer des chlorures anhydres, magnésien- ferreux, cuivreux, etc., que Teau devrait décomposer, dit-on, si elle était présente, et transformer en oxydes ou oxychlorures correspondants. Or, c'est bien ce qui se pro- duit en effet; les oxydes et oxychlorures métalliques accompagnent généralement les chlorures anhydres correspondants émis par les fumerolles, mars l'acide chlorhydrique, toujours abondant dans celles <[ui sont assez chaudes pour entraîner les vapeurs de chlorures métalliques, tend à inverser l'action de la vapeur d'eau et à reproduire les chlorures.

SÉANCE DU 12 JUILLET I909. 87

4. L'oxysulfure de carbone, l'oxyde de carbone, les gaz sulfurés ou bores, Tacide sulfureux, l'acide sulfhydrique qu'on pouiTait s'attendre à trouver dans les gaz d'origine volcanique et qui ont été signalés, en effet, dans des fumerolles plus chaudes, n'existaient plus en proportion sensible dans des fumerolles sorties de laves même assez récentes (3 mois) et bien que la température de ces fumerolles atteignît encore près de 3oo°.

De ces divers corps, en effet, les uns sont décomposés parla vapeur d'eau toujours présente, les autres se déposent à l'état de concrétion ou réagissent mutuellement les uns sur les autres. Tels sont les acides sulfureux et suif- hydrique, la vapeur d'eau et l'hydrogène sulfuré, qui disparaissent ainsi des fumerolles.

5. L'oxygène est constant dans les gaz des fumerolles. Presque tous les auteurs l'ont signalé. Dans mes expériences j'ai trouvé (gaz calculés secs) :

Oxygène après 3 mois de 1 1 , 54 à l 'i , 97 pour 1 00 ; Oxygène après 18 mois, de 16,79 '' i6,54/Jowr 100.

Moissan, dans les fumerolles sortant à 400° des laves de la Montagne Pelée et recueillies par M. Lacroix, avait trouvé : oxygène, i3,G7 pour 100 (gaz calculés secs). Auparavant, Fouqué avait signalé jusqu'à 24 pour 100 d'oxygène dans les gaz recueillis sous l'eau, provenant de failles sous-marines lors de l'éruption de Santorin (' ). Toujours est-il (et l'explication de ce fait presque paradoxal semble encore obscure) qu'on trouve généralement de l'oxygène à cùlé de l'hydrogène libre et de l'azote dans les gaz issus des laves qui arrivent fondues à la surface du sol. Je vais revenir sur ce point.

6. On renuircjuera que, dans nos analyses, l'azote est toujours, par rapport à l'oxygène, approximativement dans la proportion d'un peu plus de 4^"' pour 1^°' d'oxygène.

Azole

/

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Ox^l». n

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14,0

i5,5

1,5

6,00

22,6

24r9

2,3

i>59

.7,3

21 ,2

3,9

3,G8

i3,8

'7,8

4,1

Cette remarque s'explique si l'on admet avec Ch. Sainte-Claire Deville et (') Comptes rendu!;, t. LXXI, p. 903.

«8 ACADÉMIE DES SCIENCES.

S. Suess que l'air s'introduit dans les évents volcaniques grâce a une sorte d'appel de bas en haut, et qu'entraîné à travers les fissures du cône volca- nique formant cheminée, cet air cède une partie de son oxygène aux prin- cipes oxydables ambiants, de façon que l'azote devient prépondérant. C'est une explication, mais elle comporte des réserves. Il est possible que la décomposition de la vapeur d'eau dans les profondeurs à la température des laves incandescentes libère une certaine proportion d'hydrogène et d'oxygène, sans que ceux-ci mélangés à d'autres gaz et vapeurs inertes très abondants (tels que l'excès de vapeur d'eau elle-même, celle des chlorures métalliques volatilisés, l'acide carbonique, l'azote, les cendres tourbillon- nantes de roches pulvérisées) puissent arriver à se recombiner totalement pour reformer de l'eau. Hellier et moi avons établi en effet dans nos expé- riences sur la combinaison de l'oxygène à l'hydrogène en présence de grandes masses de corps inertes que ces gaz, même dans les proportions du mélange tonnant, échappent, au rouge vif, à la combinaison totale dans les proportions de i6 à 4 pour loo de leur volume (').

7. La présence de l'argon et de ses congénères dans les gaz volcaniques paraît constante. J'avais déjà établi, en 1901, que l'argon et peut-être l'hé- lium sortent des roches primitives chauffées dans le vide. iNasini et ses colla- borateurs ont constaté l'argon et l'hélium dans les suffioni de la Toscane ("). Plus tard (igoS), Moissan trouva l'argon dans les gaz de la Montagne Pelée.

Grâce à M . Moureu, dont on connaît la haute compétence et qui a bien voulu m'aider dans cette partie de mon travail, ce dont je le remercie vivement, je puis affirmer la présence de l'argon et du néon dans les fumerolles du Vésuve. La petite quantité de gaz dont je disposais n'a pas permis de s'assurer delà présence, d'ailleurs probable, des autres satellites de l'argon. L'azote brut que j'avais extrait des fumerolles de 1907 laissa, après passage sur le calcium au rouge, i ,36 pour 100 de gaz rares, riches en argon. En les trai- tant par le charbon de coco à 192", il resta un petit volume de gaz qui donna au spectroscope la raie jaune du néon, très intense, et plusieurs autres raies orangées appartenant au même élément.

La quantité d'argon par rapport à l'azote brut fut trouvée, disons-nous, de 1,36 pour 100, proportion plus élevée que dans l'air (1,169 pom' 100).

(') Comptes rendus, t. CXXII; p. ."iji, et Thèse de doctorat es sciences, de H. Hellier, 1896, p. 27.

(2) Gaz. chini. Uni., t. XXVIII, 1898, p. 81.

SÉANCE DU 12 JUILLET 1909. 89

La quantité de néon surtout est ici notablement plus abondante qu'elle n'est dans les gaz de l'atmosphère.

8. Je n'ai trouvé que des traces d'oxyde de carbone ou de méthane dans les gaz du Vésuve (éruption 1906); mais on sait que ces composés ont été souvent caractérisés dans d'autres gaz volcaniques. Leur présence est donc variable suivant l'époque et sans doute aussi suivant le lieu.

9. On remarquera la diminution rapide de l'acide carbonique à mesure qu'on s'éloigne de l'époque de l'éruption :

C0= en 100"' de gaz secs.

3 mois après l'éruplion 34, 19 17,80

18 mois » 2,98 2,95

L'acide carbonique s'épuise donc peu à peu. Et comme il ne saurait pro- venir ni de l'air, ni des réactions secondaires qui se passent dans les laves qui ne contiennent ni carbures, ni carbonates en quantités sensibles, il s'en- suit que ce gaz ne sort pas seulement des laves elles-mêmes il avait été en- clavé sous pression (car, dans ce cas, sa proportion par rapport aux gaz qui l'accompagnent resterait à peu près la même), mais qu'il vient aussi des profondeurs, d'abord très abondamment au moment de l'éruption, puis plus discrètement.

Cette remarque doit s'appliquer, nécessairement et en quelque mesure, à l'hydrogène, à l'azote et aux autres gaz. Mais bientôt ceux-ci n'étant plus émis par les laves refroidies et n'arrivant plus des profondeurs, ainsi qu'on va le voir, qu'en quantité relative très faible, l'acide carbonique redevient prépondérant.

10. A ce point de vue particulier et à d'autres, il était intéressant de connaître la composition des gaz qui se dégagent, souvent avec abondance, même après des siècles et des milliers d'années, des terrains volcaniques. Il m'a paru que la solfatare de Naples formée par un cratère préhistorique aussi bien que le cirque volcanique de cette même région coulent les abondantes sources thermales d'Agnano seraient favorables à l'examen de cette question.

A la solfatare de Naples, je n'ai pu que très malaisément recueillir les gaz brûlants qui, en des centaines de points, se dégagent avec abondance d'un sol formé d'une cendre sableuse. J'ai constaté seulement dans ces gaz la présence d'une proportion très notable de vapeur d'eau qu'accompagne sur- tout de l'acide carbonique. J'ai trouvé que ce dernier formait (20 octobre

90 ACADEMIE DES SCIENCES.

1907) 9() à 97 pour 100 de la lolalitê des gaz proprement dits, vapeur d'eau déduite.

Daus l'aucieu cratère d'Ai^aauo (environs de .Naples), j'ai pu recueillir les gaz qui s'échappent en bouillonnant du sein des nombreuses sources thermales qui y surgissent abondamment de tous côtés. J'ai constaté que ces gaz sont Itès riches en acide carboniijue.

L'un de ceux que j'ai captés au sein d'une des sources qui surgissent du sol en bouillonnant, à la température de 45°, m'a donné à Tanalyse la com- position suivante :

Pour 100 (le gaz secs.

Acide carbonique 96,52

Mélliane 0,12

Hydrogène 0,010

Oxygène 0,46

.■Vzole 2,87

Argon et congénères 0,028

100,01

Les moyens dont je disposais pour recueillir ces gaz ne me permettent pas d'affirmer entièrement que Toxygène que j'y ai trouvé en petite quan- tité ne provienne pas d'un peu d'air introduit par les manipulations ( 2 pour 100 d'air environ ). Dans cette hypothèse possible ( ' ) la composition réelle de ces gaz devient :

Acide carbonique gSjSf)

Méthane 0,12

Azole 1 , 28

Argon et congénères 0,012

1 00 , 00

Les gaz accompagnant l'azote non absorbables par le calcium au rouge ont été examinés soigneusement par M. Moureu qui y a trouvé, avant toute autre manipulation^ les raies spectrales très nettes de l'argon et la raie jaune de l'hélium. Après condensation, sur le charbon refroidi dans l'air liquide (— 192°), du résidu gazeux non absorbable par le calcium, l'examen spectroscopique montre avec l'étincelle directe, dans le gaz non fixé, les raies

( ') INasini et ses colialiorateurs ont généralement Irouvé de o,4 à i pour 100 d'oxy- gène dans les gaz des suffioni de Toscane même recueillis sous l'eau.

SÉANCE DU 12 JUILLET 1909. C)I

de l'hélium et la raie jaune faible du néon ainsi que plusieurs raies orangées du même corps.

Kn résumé le gaz qui se dégage abondamment, et depuis un temps immémorial, de l'ancien cratère d'Agnano est actuellement presque entiè- rement constitué par du gaz carbonique qu'accompagne une grande quan- tité d'eau avec des traces de méthane et un peu plus de i pour 100 d'azote auquel viennent se joindre l'argon, l'hélium et le néon en faible proportion, et probablement les autres satellites de l'argon, mais qu'on n'a pu carac- tériser faute de matière.

PHYSIOLOGIE VÉGÉTALE. Influence de l' anesthesie et du gel sur le dédoublement de certains glucosides chez les plantes. Note de

M. L. GuiGXARD.

Dans une Note communiquée aujourd'hui à l'Académie, M. Mirande fait connaître une nouvelle méthode, à la fois simple, rapide et sûre, pour la recherche de l'acide cyanhydrique dans les plantes fraîches. Elle est fondée sur ce fait que, « sou.s l'influence des vapeurs dégagées par les substances qui d'ordinaire suspendent la fonction chlorophyllienne, les plantes qui con- tiennent des composés cyani({ues exhalent de l'acide cyanhydricpie », dont la présence est facile à constater en se servant simplement du papier picrn- sodé dont j'ai indiqué, il y a quelque temps, la préparation et le mkxIi' d'emploi.

Toutefois, M. Mirande se garde, avec raison, comme on le verra dans un instant, d'établir aucun rapport entre la suspension du phénomène chloro- phyllien et l'émission de l'acide cyanhydrique; celle-ci a lieu, en eU'et, aussi bien à l'obscurité qu'à la lumière sous l'influence des anesthésiques.

Ortaiues recherches exécutées dans ces dernières années, mais dont je n'ai pas encore publié les résultats, m'ont amené à constater des faits entiè- rement comparables à celui dont il vient d'être question et permettant d'en indiquer la cause.

On sait que la plupart des Crucifères, ainsi que les espèces de plusieurs autres familles, fournissent des essences sulfurées, dont la plus répandue est l'essence de moutarde. Ces essences ne sont pas préformées dans la plante, mais prennent naissance par l'action d'un ferment, la myrosine, sur un glu- coside, représenté le plus souvent par le myronate de potassium.

92 ACADÉMIE DES SCIENCES.

Parmi les espèces qui donnent la plus forte proportion d'essence se trouvent la Moutarde noire et le Kaifort.

Si Ton soumet, en vase clos, des plantules entières de Moutarde noire, âgées d'une huitaine de jours et parfaitement intactes, à l'action des vapeurs de chloroforme, on remarque que l'aneslhésie détermine la production de l'essence, dont l'odeur devient très sensible après la volatilisation du chloroforme. Le phénomène se manifeste aussi bien à l'obscurité qu'à la lumière, et de la même façon avec des plantules étiolées qu'avec des plantules vertes.

Il en e^l de même quand on opère avec des feuilles entières de Raifort, dont on a coupé le pétiole et obturé la surface de section pour éviter la sortie du suc de la feuille.

Sous l'inlluence de l'aneslliésique, les organes deviennent flasques et changent de teinte; leur surface apparaît humide ou même laisse perler des gouttelettes liquide» dont l'odeur et la saveur ne laissent aucun doute sur la présence de l'essence. On peut même recueillir le produit de l'exsudation de plusieurs manières et transformer la minime quantité d'essence en sulfure, facile à déceler pai- le nilro-prussiate de soude.

L'essence de moutarde se produit donc dans les mêmes conditions expé- rimentales que l'acide cyanhydriqiie. Ce résultat est à l'action générale que le chloroforme exerce sur le protoplasme de la cellule vivante; elle est indépendante de la chlorophylle et n'a rien de commun avec la trans- piration normale. C'est un fait sur lequel Raphaël Dubois a depuis long- temps attiré l'attention dans ses recherches sur les anesthésiques.

Que l'on suspende, par exemple, dans un vase bien bouché, en présence de chloroforme ou d'éther, une feuille charnue pauvre en méats aérifères, comme celle d'une Caclée, on ne tardera pas à voir sourdre à sa surface de nombreuses gouttelettes de liquide. Si l'on s'adresse à une plante riche en méats aérifères, le phénomène peut passer inaperçu, parce que, dans ce cas, l'eau chassée du protoplasme des cellules n'apparaît pas à l'extérieur; mais les organes verts prennent une teinte particulière qui rappelle celle des plantes gelées et indique seule le changement qui s'est opéré dans leur profondeur.

Dans des conditions analogues, les poils charnus qui constituent la partie comestible de l'Orange laissent exsuder un liquide renfermant des principes solublcs et notamment de l'acide citrique. On peut donc dire que le contenu cellulaire subit une véritable déshydratation, puisqu'une partie du liquide passe à l'extérieur de la cellule.

De même, dans le cas des plantes à glucosides, tels que le myronate de potassium ou l'amygdaline, ces principes sont entraînés avec l'eau qui les lient en solution et arrivent au contact des ferments, localisés dans des cel- lules spéciales : d'où le dédoublement produisant soit de l'essence de mou- tarde, soit de l'acide cyanhydrique.

SÉANCE DU 12 JUILLET 1909. g3

En examinant au microscope les tissus anesthésiés, on constate que les cellules ont subi la plasmolyse ; leur sac protoplasmiqne est détaché de la membrane cellulaire et plus ou moins contracté ( ' ).

D'autre part, c'est un fait bien connu que le gel détermine aussi un appel d'eau en dehors des cellules végétales. L'eau passe par diflusion à travers la couche périphérique du protoplasme et la membrane cellulaire. Le gel est toujours corrélatif d'un appauvrissement en eau du cytoplasme, avec exos- mose de cette eau hors de la cellule ; de sorte que la mort par le gel est une mort par déshydratation.

S'il en est ainsi, le gel doit produire le même eiïet que l'anesthésie. C'est efîectivement ce que j'ai constaté.

Une feuille de Raifort que l'on soumet dans un tube au refroidissement produit par le chlorure de niéthyle, ou sur laquelle on pulvérise directe- ment ce dernier, prend le même aspect que sous l'induence du chloroforme et dégage bientôt, quand la température a remonté, une odeur extrême- ment intense d'essence de moutarde.

Soumises également au refroidissement, les feuilles des plantes à gluco- side cyanhydrique devaient se comporter de la même façon que celles du Raifort. En effet, les feuilles de Laurier-cerise, de Photiiiia, de t Sorgho, de Passiflore, placées après l'action du chlorure de méthyle dans un tube avec un morceau de papier picro-sodé, ne tardent pas à donner lieu à la coloration caractéristique que produit l'acide cyanhydrique. Cette colora- tion est aussi rapide qu'après l'action du chloroforme.

Dans ces expériences, il n'y avait pas formation de cristaux de glace et par suite aucune déchirure des tissus.

Le même résultat s'obtient avec d'autres végétaux, tels que le Gaultheria procumbens, qui contient égalemeiU un glucoside donnant naissance, sous l'influence du ferment qui l'accompagne dans les tissus, à du salicylate de méthyle. Le gel et l'anesthésie des feuilles de cette plante font apparaître rapidement l'odeur toute spéciale de l'essence de winter-green.

Il y a là, en somme, une méthode générale de recherche de certains composés dont la formation résulte de l'action réciproque d un ferment et d'un glucoside arrivant au contact l'un de l'autre par l'intermédiaire da l'eau. Les observations de M. Mirande sont un exemple très intéressant de son application à la recherche des plantes à acide cyanhydri({ue.

(') M. Mirande m'informe qu'il a observé aussi ce pliénomène.

C. K., 1909, 2" Semestre. (T. CXLIX, N" 2.) ' -J

g4 ACADÉMIE DES SCIENCES.

PARASITOLOGIE. Sur une hémogrégarine de. Pituophis melanoleucus. Note de MM. A. Laveras el A. Pettit.

Nous avons trouvé récemment des hémogrégarines chez trois Ophidiens du Mexique, morts peu après leur arrivée à Paris. Ces Opliidiens apparte- naient aux espèces suivantes : Pituophis melanoleucus Holbr. := Coluber melanoleucus Daiid. ; Zamenis constriclor L. ; Coluber triqspis Cope (').

C'est l'étude de l'hémogrégarine de P. melanoleucus qui nous a donné les résultats les plus intéressants, en raison du grand nombre des parasites et de leurs formes de mulliplication, en raison aussi de ce fait que le cadavre du P. melanoleucus était dans un meilleur état de conservation que les cadavres des deuv autres Ophidiens.

Hémogrégarine de Pituophis melanoleucus. Ln couleuvre mesure 2™ de lon^ environ. Le sang contient de nombreuses hémogrégarines; en examinant une prépara- tion de sann en couche très mince avec l'oculaire i et l'objectif à immersion -L (Je Verick, on trouve parfois de 6 à 8 parasites dans le champ. Les hémogrégarines se présentent sous les aspects suivants dans les préparations colorées au Giemsa.

Petites formes endoglobuiaiies. L'hémogrégarine, qui mesure loH- à iil'- de long, a une forme cylindrique légèrement incurvée, avec des extrémités arrondies. Le karyosome volumineux occupe le tiers au moins du parasite {/(':?■. 1). La même hématie contient parfois deux hémogrégarines {fig. 2).

Grandes formes endoglobulaires. L'hémogrégarine atteint 12!^ de long sur !\V- à 5!^ de large, en conservant d'abord la forme cylindrique légèrement incurvée, des éléments jeunes {fig- 3), mais bientôt une des extrémités s'effile et se replie sur le corps du parasite {fig- 4)i à l'état adulte, le repliement en deux est complet {fig- 5). Vers la partie moyenne de l'hémogrégarine se trouve le noyau qui est constitué par de grosses granulations ou par des tractus de chromatine.

Le protoplasme ne contient qu'un petit nombre de fines granulations chromophiles. Les hémogrégarines sont encapsulées; on distingue assez souvent, aux extrémités de la capsule, des lignes transversales légèrement incurvées (fig. 5).

Les altérations des hématies parasitées sont très peu marquées. Les hématies qui contiennent de grandes hémogrégarines s'allongent un peu et leurs noyaux sont refoulés, mais il. ne s'agit que d'altérations inévitables, dues à l'action mécanique des parasites.

Grandes formes libres. Ces formes ne sont pas rares dans les préparations du sang ou dans les frottis de viscères. Les hémogrégarines dépliées mesurent 'rt\'.'- de

(') Ces déterminations ont été faites au Muséum d'Histoire naturelle par j\l. Pelle- grin, auquel nous adressons nos très sincères remercîments pour son précieux concours.

SEANCE DU 12 JUILLET 1909. gj

long, sur Sî'- de large environ; elles ont l'aspect de vermicules arrondis à une exlré- niité, effilés à l'autre {fig. 6); elles sont souvent incurvées. Vers la partie movenne on distingue le kar^osome.

Formes de niulliplicatioii. Ces formes qui ont été reciiercliées vainement dans le sang, existent, en grand nombre, dans les capillaiies sanguins des poumons, du foie et de la rate; en petit nombre dans les reins.

1. 1. petites hémogrcgarines eiidoglubulaires do Pituophis melanoleucus; 3, \, 5, stades plus avancés de développement; (i, liémogréf;arine lilire; 7, 8,9, 10, kystes contenant 4, 8, ifi, .'|o méro- zoïtes; au centre du kyste à '( mérozoïtes. on voit nn reliquat non visible dans les autres kystes. Grossissement : i3oo D environ.

Les kystes, qui ont une forme ovalaire plus ou moins allongée, sont de volume variable. Ils mesurent 25t^ii 4o" de long sur \-\f- à 82!^ de large. Le nombre des mérozoïtes varie beaucoup. Sur .36 kystes en bon état, examinés dans des frottis du foie ou de la rate convenablement colorés, nous avons noté : 3 mérozoïtes, i fois; 4 mérozoïtes, 10 fois; 5 mérozoïtes, 3 fois; 6 mérozoïtes, 6 fois; 8 mérozoïtes, 2 fois; 16 mérozoïtes,

2 fois ; 20 mérozoïtes, i fois; 28 mérozoïtes, i fois; 3o mérozoïtes, i fois; 82 mérozoïtes,

3 fois; 38 mérozoïtes, i fois; 4o mérozoïtes, 2 fois; 44 mérozoïtes, 1 fois; 60 mérozoïtes, I fois; 68 mérozoïtes, i fois. La numération est difficile quand le nombre des mérozoïtes s'élève à plus de 16; il est donc possible que des erreurs aient été commises, mais ces erreurs ne dépassent pas quelques unités et elles n'ont porté i|ue sur les kvstes renfer- mant de 20 à 68 mérozoïtes.

Les mérozoïtes sont d'autant plus grands qu'ils sont moins nombreux; ils mesurent de I2!'- à i4''' de long dans les kystes qui n'en renferment que de 4 î" 8? et 8"- seule- ment dans ceux qui en renferment de 3o à 60 {Jig. 7, 8, 9 et 10).

Les mérozoïtes sont souvent disposés à la périphérie des kystes, la partie centrale étant occupée par un reliquat qui contient des granulations brunâtres [fig. 7). Le reliquat, bien visible dans les kystes examinés :'» l'état frais ou sur les coupes, après

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fixation au sublimé acétique, n'est pas visible sur les frottis fixés à i'alcool-éther (./'>• '"*, 9 et 10).

Ainsi que nous l'avons fait remarquer déjà, à propos de Hœrnogregarina lacerlœ ( '), la formation des mérozoïtes dans les kystes de multiplication endogène des Reptiles ne paraît pas être soumise à des régies invariables et à côté des kystes à macro et à micromérozoïtes, il y a des formes intermé- diaires.

Les kystes en voie de développement, montrant une division multiple du noyau, n'ont été observés que très rarement dans les viscères de Pituophis mcla/iolcttciis el \e nombre des karyosomes était toujours restreint. Faut-il admettre que les mérozoïtes déjà formés peuvent continuer à se diviser? Les observations que nous avons faites à ce sujet ne sont pas concluantes.

Le sang du P. metanoleucus contenait, outre les liémogrégarines, des microfdaires en assez grand nombre.

Il n'y avait pas de l'entastomes dans les poumons.

L'iiémogrégarine que nous venons de décrire nous paraît constituer une espèce nouvelle que nous proposons de désigner sous le nom de H. pituophis.

Des notes que nous avons recueillies sur les liémogrégarines de Zamenis constriclor et de Coltiber triaspis, nous reproduirons seulement ce qui est relatif aux kystes représentant le stade de nuilliplication endogène des liémogrégarines.

Chez Zamenis conslrictor nous avons trouvé des kystes peu nombreux dans les frottis du foie et de la rate; ces kystes, de forme ovalaire, mesuraient i-'' à 24^^ de